Trois étapes pour des évidences en faveur du théisme : Revue de Dallas Willard

Revue de Dallas Willard: Language, Being, God, and the three stages of
theistic evidence
[1]

Dieu existe-t-il? Pourquoi écrire une revue d’un chapitre de livre sur l’existence de Dieu? Est-ce parce que je suis un intellectuel renfermé dans un bureau et coupé du reste du monde? À qui s’adresse cette revue? En fait, la réponse à ces questions est assez simple. C’est parce que c’est pertinent pour vous! Peut-être que vous ne la trouvez pas intéressante ou pertinente, mais il faut néanmoins admettre que votre réponse à cette question déterminera comment vous allez interpréter le monde et comment vous allez agir dans le monde. Il vaut la peine de confronté ou de réfléchir sur nos convictions, et c’est mon désir dans ce compte rendu.

L’article de Willard est une réponse au professeur athée Nielsen qui accusait Dallas Willard d’avoir une croyance « irrationnel » en Dieu. Bien que la discussion à ce propos soit intéressante, elle n’est qu’une partie de l’article, et ce n’est pas l’intérêt principal de cette revue. Quand même, il faut mentionner que ce contexte servira à offrir une argumentation en trois étapes pour valider le théisme [2]. Et c’est ici l’objectif de cette revue, à savoir, exposer les trois étapes de son argument en faveur du théisme.

  • Remarques sur l’argumentation :

Pour construire son raisonnement il fait deux remarques importantes :

1)      Ce ne sont pas trois arguments ou moyens, dont chacun nous mène à un même point logique. Chaque phase de l’argumentation n’est pas une fin en soi, mais ils ont une force collective. Ce qui est soutenu dans chaque phase ne détermine pas la suite des autres étapes de l’argumentation. Par exemple, lors de la première étape il est montré qu’il pourrait y avoir quelque chose que l’on nomme Dieu, dans un sens conventionnel.

2)      Il est difficile de discuter de ces questions sans tomber dans des enchevêtrements de questions qui n’ont rien à voir avec le sujet. C’est pourquoi il veut se limiter à l’examen de preuves et de démonstrations.

À cet effet, il souligne ce qu’il entend par démonstration :

« Par démonstration, je veux dire une structure logique de propositions où les prémisses sont vraies et impliquent logiquement (ou entraînent) la conclusion lorsqu’ils sont pris ensemble. » [3]

A)     Étapes Un : Argument concernant la nature et l’existence de la réalité physique [4]

« Il est vrai qu’il existe un monde physique et nous savons que cela est vrai ». En plus, « il y a certaines choses sur son caractère général que nous connaissons pour vrai. » L’un de ces caractères est le suivant : toute réalité physique doit son être à autre chose que lui-même. « Peu importe comment on divise en parties la réalité physique, le résultat sera un état qui doit son existence à quelque chose autre qu’elle-même. » [5] Que ce soit par l’expérience personnelle ou encore en science, malgré la complexité de la question, nous savons que cela est vrai.

« […] que chaque état ​​physique, quel que soit inclusive, a une condition nécessaire à un certain type spécifique d’état qui le précède immédiatement dans le temps et est entièrement existant avant l’apparition de l’état qui le conditionne. » [6]

Qu’est-ce que cela signifie? Prenons une pomme dans mon panier sur ma table. Nous savons qu’elle n’est pas apparue d’elle-même. Nous savons que ce que ça prend pour qu’elle puisse être dans ce panier, c’est un arbre en santé qui produit des pommes. Ajouter à cela, toutes les conditions nécessaires qui doivent préexister avant même l’apparition de la pomme. Elles doivent toutes être complétées dans le temps avant son apparition afin qu’elle puisse croitre dans l’arbre. La pomme n’explique pas sa propre existence, elle est dépendante de certaines conditions qui doivent être complété dans le temps pour produire l’entité que nous sommes en train de discuter présentement [7]. Nous pouvons remonter à l’arbre et à une série de processus qui amène la pomme à exister.

Cette compréhension générale de la dépendance de l’état physique est quelque chose de bien connu. Aristote le nommait « cause ». Toutes les conditions nécessaires à un certain « état » doivent être entièrement existantes avant l’apparition de l’événement ou de l’état d’une quantité physique, ou d’une réalité physique. La série de cause est terminée par un événement ou un état donné. Cet ensemble achevé de causes est très structuré dans le temps et doit être fini.

« Ainsi, aucun état physique est temporellement ou ontologiquement avant lui-même […] Le plus important pour les intérêts présents, puisque la série de causes pour un état donné est terminée, non seulement il présente une structure rigoureuse, comme indiqué, mais que la structure dispose également d’un premier mandat. Autrement dit, il est au moins une «cause», un état d’être, qui ne tire pas son existence de quelque chose d’autre. Il est auto-existant.».

Ainsi, la réalité physique concrète implique un être radicalement différent de lui-même : un être qui, contrairement à un état physique quelconque, est auto-existant. Autrement dit, on ne peut pas remonter à un infini de cause ou de série d’événement.

Pour illustrer, imaginons une ligne de dominos. S’il y a un nombre infini de dominos qui doit tomber avant de frapper un domino x, il ne sera jamais frappé. C’est pourquoi, la réalité physique concrète implique un être (cause) radicalement différent(e) de lui-même, qui lui est auto-existant et non physique. À moins d’être prêt (comme Spinoza) à traiter l’univers lui-même comme ayant un type d’être essentiellement différent, on doit concéder ce point.

Il est fréquent d’entendre, en réponse à cet argument, l’affirmation selon laquelle il ne peut tout simplement pas être un être existant en soi. Mais il faut souligner aussi qu’il est très rare d’entendre une très bonne raison de cette affirmation. C’est une conséquence logiquement nécessaire qu’il y est quelque chose dont l’existence ne découle pas d’une autre chose. À la question de l’enfant  « D’où vient Dieu? La réponse c’est qu’il ne vient pas de rien, car il n’est pas venu du tout. » Dallas Willard a raison de souligner que « l’on aura de la difficulté avec cette réponse que si nous avons déjà assimilé « existence » à l’existence physique. » [8]

Aucune réalité physique n’existe par elle-même et aussi aucune quantité de  temps ne peut consumer une série infinie de cause pour vous mener à l’état présent. Ce qui signifie qu’en quelque part, tout cela s’explique par une cause auto-existante qui n’est pas matériel (physique). Parce que toute quantité physique ou réalité physique ne s’explique pas par elle-même. C.S. Lewis explique cela dans son livre God in the Dock:

« Un œuf qui n’est pas venu d’un  oiseau n’est pas plus « naturel » qu’un oiseau qui a existé éternellement. »[9] [10]

Aujourd’hui, c’est une tendance à traiter la théorie du « Big Bang » comme un état apparu sans cause. En un mot, il tire son origine « à partir de rien ». Ce qui lui confère une originalité, car c’est un « bang » très différent de tous les autres. Comment le traite-t-on ce « Big Bang »? Souvent de façon mystique, soit celui de jouer le rôle de Dieu, ce qui à première vue est attrayant. Mais il semble manquer quelque chose, car une chose ne peut pas sortir de rien par elle-même. Comme le fait remarquer Dallas Willard en ajout à C.S. Lewis :

« Et nous devons au moins préciser qu’un être auto-subsistant éternellement n’est pas plus improbable qu’un événement auto-subsistant émergent sans cause. » [11]

B)      Étapes deux : Argument téléologique (dessein)

Bien que je ne partage pas toutes les vues de Willard, il est nécessaire de souligner quand même quelques points importants de cette deuxième étape.

Premièrement, de façon générale, l’argument téléologique veut montrer que l’ordre dans l’univers est le produit d’un dessein, ce qui implique un principe intelligent et ordonnateur. Autrement dit, d’un créateur. Dallas Willard a raison de souligner que les débats entourant l’argument du dessein crée souvent de la confusion de part et d’autre, ainsi que des discussions qui souvent sont en dehors du propos.

Deuxièmement, il a aussi raison de soulever la réflexion concernant la théorie de l’évolution qui ne peut être une théorie ultime de l’existence et de l’ordre. [12] L’évolution n’est pas une explication ultime de l’origine. Elle n’explique pas le « Big Bang ». Est-ce que le Big Bang a évolué. Qu’est-ce qui a causé le Big Bang? Il est important de noter ceci : C’est l’argument vers le dessein et non à partir du dessein. La distinction est importante.

Après avoir discuté sur ces propos, Willard résume la deuxième étape de son argument :

« Nous avons établi que tout ordre est évolué [13] et par rapport à nos données, il y a la probabilité de zéro que cette ordre soit sorti du chaos ou de rien pour venir dans le monde physique. En outre, nous avons l’expérience de l’ordre émergeant de l’esprit (notre esprit) dans le monde physique. » [14]

Quel est l’effet de tout cela? Ce n’est pas une démonstration de l’existence de Dieu dans le sens complet du théisme, mais tout comme la première étape, l’existence de Dieu est devenue beaucoup plus importante. Il développe l’idée selon laquelle nous voyons par l’expérience que l’intelligence peut produire de la complexité, ou de l’ordre et que la cause ou les causes de l’ordre dans l’univers supporte probablement une lointaine analogie à l’intelligence humaine [15].

Dallas Willard ne développe pas de façon exhaustive l’argument téléologique qu’il laisse à un J.P. Moreland dans un autre chapitre du livre paru à l’origine. À mon sens, il y a d’autres formulations de l’argument téléologique de l’existence de Dieu qui ont plus de force, mais l’idée centrale à retenir, c’est justement que la complexité n’est pas le fruit d’une évolution strictement physique et que la complexité, ainsi que l’ordre dans l’univers peut s’expliquer par l’existence d’une entité intelligente, ainsi qu’elle n’apparait pas à partir de rien. Dans la mesure où ne comprenons que rien ne produit rien, il y a la possibilité qu’un être intelligent en dehors de la matière l’ait fait, tout comme les humains qui produisent par leur volonté des choses complexes.

C)      Étapes trois : Argument tiré du cours des événements humains : historiques, sociales et individuelles

Suite aux deux étapes de l’argumentation qui précède, nous devons donc placer et interpréter la vie humaine dans un cadre « extranaturel » (étape 1) et d’un « intellectualisme » plausible (étape 2).

Quand nous regardons l’histoire du monde, nous pouvons poser la question suivante : Comment expliquer plusieurs faits dans l’histoire? Il y a des choses qui se sont produites dans l’histoire qui sont inexplicable en terme strictement naturaliste, à moins bien sûr d’avoir adopté une incrédulité systématique en matière de religion, voir même d’histoire.

Ce que nous savons c’est « que les esprits humains créent, de façon standard, pour un but et qu’ils conservent un intérêt actif dans la chose créé; ils se sentent intimement investi dans ce qu’ils créent et cela d’autant plus l’originalité ou la « créativité » est impliquée. » [16] Autrement dit, comme dirait un de mes amis : « je n’achète pas un chien pour le mettre au fond du terrain pour ne jamais avoir de relation avec lui. » Et si on élargie l’analogie à Dieu, il faut considérer la possibilité qu’il entretienne une certaine relation avec sa création. Cela est rendu probable à cause des deux premiers arguments, mais aussi une fois que l’on place l’humain dans un contexte qui n’est pas exclusivement matérialiste.

Plus important que des spéculations dans le troisième argument, c’est l’examen du cours réel de l’histoire et le contenu de l’expérience humaine, observé le plus honnêtement et complètement possible. Avant d’être accusé de religieux superstitieux, considérer les paroles de Willard :

« Mais nous devons aussi être approfondies, et nous avons le droit d’exiger la même chose de nos co-chercheurs athées et d’ignorer leurs griefs s’ils refusent. La foi ne se limite pas aux personnes religieuses, ni le préjudice aveugle et le dogmatisme. L’athée qui ne prend pas la peine de se pencher sérieusement sur les faits allégués pour des histoires religieuses et de l’expérience religieuse est le frère jumeau de l’ecclésiastique qui a refusé de regarder à travers la lunette de Galilée, car il savait déjà ce qui était et ne devait pas être vu. »

Enfin, pour ce troisième argument nous sommes invités à regarder Jésus, sa vie, sa mort et sa résurrection, mais à la lumière du contexte des deux premiers arguments. D’ailleurs, Jésus nous appelais à faire de même : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jean 14.2), il en va de sa véritable nature et de son identité. Nous sommes donc invités à considérer les évidences concernant la personne de Jésus et de s’approprier les critères rationnels pour prendre une décision.

De quelle façon pouvons-nous faire une enquête sur Jésus de façon crédible? La réponse de Willard : « Par une inférence en termes de « meilleure explication », mais « meilleure » dans la pleine lumière des résultats des étapes un et deux. » [17]

Bien que ce travail soit une tentative d’aider le chercheur à être ouvert à ce qu’il peut découvrir, sans adhérer aveuglément à un rejet de tout ce que nous pourrions nommer de « religieux », Willard n’explique pas tout dans ces paragraphes touchant le sujet de Jésus, mais suggère néanmoins le rôle que Dieu peut avoir exercé dans l’histoire, surtout à partir de la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

  • Remarques finales :

Bien que Dallas Willard ne traite pas exhaustivement de chacun de ces trois sujets, il invite à considérer les limites de son travail. [18] Nous devrions en faire autant et rester ouvert aux opportunités qu’elle nous offre, par exemple, de considérer la possibilité réelle que nous ayons été créé et que l’humain se trouve dans le contexte de cette création.

Deuxième possibilité qu’elle nous offre, c’est de considérer que tout comme l’humain, il se peut que Dieu s’intéresse à sa création et cela nous pouvons le voir dans l’histoire.

Enfin, retenons la structure des trois arguments à l’intérieur desquels nous pouvons travailler à présenter la cohérence du théisme d’une manière logique. À cet effet, terminons par sa remarque de conclusion :

« J’ai tenté dans ces pages de clarifier certains points au sujet de la structure dans laquelle des preuves du théisme doivent être organisés, si nous voulons les apprécié correctement. » [19]

 


[1] Willard, Dallas, Language, Being, God, and the three stages of theistic evidence, in Does God exist, edd. Moreland and nielson, 1993. Le document original: Willard Dallas, in Moreland J.P., and Nielsen, Does God exist? Les citations ainsi que les pages cités sont tirés de la version disponible sur son site internet à l’adresse suivante, version imprimable : http://www.dwillard.org/articles/artview.asp?artID=42 Visité  pour la dernière fois le 20 mai 2014.

[2] Enseignement qui admet l’existence d’un Dieu unique et personnel comme cause du monde.

[3] Ibid. p.3

[4] Ou encore de « quantité physique ».

[5] Willard, p.3

[6]

[7] Image tiré de Ravi Zacharias : https://www.youtube.com/watch?v=VTVOufIzyPY, visualisé le 12 juin 2014.

[8] Willard, p.4

[9] Willard, p.4

[10] Voici la citation complète : « Un œuf qui n’est pas venu d’un  oiseau n’est pas plus « naturel » qu’un oiseau qui a existé éternellement. Puisque la séquence œuf-oiseau-œuf ne conduit à aucun commencement plausible, n’est-il pas raisonnable de chercher sa véritable origine à l’extérieur de la séquence? Vous devez regarder ailleurs que parmi les machines pour trouver l’origine de la fusée; vous devez plutôt regardez chez les hommes. N’est-il pas raisonnable de regarder à l’extérieur de la nature pour trouver la véritable origine de l’ordre naturel? » Lewis C.S. God in the Dock : Essays on theology and ethics (Grand Rapids) Eerdmans Publishing, 2001, p.211). La citation française est tirée de Cahill Mark, Destination Finale : Votre pèlerinage vers l’éternité (Québec) Aujourd’hui l’espoir, 2011, p.22.

[11] Willard, p.4

[12] « Toute sorte d’évolution  de l’ordre, de quelque nature qu’elle soit, présuppose toujours un ordre préexistant et aussi des entités préexistantes gouverner par celle-ci. »Willard, p.6

[13] Nous pouvons aussi comprendre « complexe ». Tout ce qui est ordonné est complexe.

[14] Willard, p.7

[15] Citation de David Hume apporté avec nuance par Willard. Je ne l’ai pas traduit littéralement, je rapporte l’idée centrale.

[16] Willard, p.7

[17] Willard, p.8

[18] Willard, p.9

[19] Willard, p.9

LES BRANCHES DE L’APOLOGÉTIQUE CHRÉTIENNE : UN SURVOL

Comme les autres écrivains de cette série ont fait remarquer, l’apologétique chrétien n’est autrement que la présentation des raisons pour croire les déclarations de la Christianisme. L’apologétique est la tentative, systématique, de donner un répons à celui qui demande la raison pour l’espérance qui est en nous.[1] À chaque fois qu’on cherche à donner ce répons, que ce soit par un témoignage personnel de comment Dieu aurait changé nos vies, ou que ce soit en présentant des preuves pour l’existence de Dieu ou pour la crédibilité de la Bible, on est en train de faire l’apologétique. Déjà, dans ces trois exemples d’un apologétique, nous voyons qu’il y a des différents types de réponse qui peuvent être donnés. De plus, on peut aussi voir que ces différentes réponses se relient à des types de connaissance différents. Dans ce bref article de blogue j’aimerais présenter un survol des différents domaines de l’apologétique, et comment chaque personne peut faire l’apologétique chrétien d’une manière ou d’un autre.

La Christianisme affirme la vérité d’un grand nombre de propositions. Pour être Chrétien on doit non seulement avoir la foi en Jésus-Christ, pour la justification devant Dieu, et le salut de la colère de Dieu, mais, en plus, pour être capable de faire ceci, on doit, au moins, croire, et si possible, savoir, que ces affirmations sont vraies. Certaines des déclarations de la Christianisme ne peuvent pas être connues et doivent être acceptées par la foi, par exemple, que Jésus est né d’une vierge, que Jésus est Dieu, que Dieu est trois personnes en une nature, etc. D’autres déclarations de la Christianisme peuvent être soit démontrer fausse ou démontrer vrai, par exemple, que Jésus est un véritable personnage historique, que Dieu existe, que Dieu est éternelle, immuable, parfait, etc. L’apologétique Chrétien est capable de défendre la vérité de ces dernières, et présenter des arguments qui démontrent que c’est raisonnable de croire les propositions qui sont sujettes de foi seule (même si on ne peut pas démontrer qu’ils sont vrais sans aucun doute). L’apologétique chrétien a aussi un rôle à jouer pour démontrer l’erreur des autres religions, des fausses philosophies, et des pensées qui vient en contre des déclarations de la Christianisme. Regardons les différents domaines de l’apologétique Chrétien, et comment ils avancent une défense de la foi chrétienne.

L’apologétique Chrétien peut être divisé dans les catégories suivantes : existentielle ou culturelle, scientifique, philosophique, historique, archéologique, théologique, et biblique.

Un apologétique existentiel ou culturel est une défense de la foi chrétienne à partir de l’expérience de l’existence humaine. Techniquement ce type d’apologétique pourrait tomber sous le domaine de l’apologétique philosophique, mais c’est assez important qu’il mérite être mentionné à part. Dans ce domaine d’apologétique on fait appelle à comment l’homme est dans sa vie, et comment sa façon d’être démontre la vérité de la Christianisme. On peut présenter des témoignages personnels pour démontrer comme la Christianisme à changer nos vies. On démontre que ce que la Bible enseigne au sujet de l’expérience humaine est vrai, c’est-à-dire, l’homme est pécheur et dépravé ; l’homme ne semble pas être capable de se sortir de son propre trou toute seul ; l’homme sans Dieu perdre le sens de la vie et tends vers le nihilisme ; l’homme, par sa façon d’être et sa façon de parler, démontre qu’il recherche un être transcendant, etc. Deux apologistes qui sont connues pour un apologétique existentielles ou culturelles sont Francis Schaeffer et Ravi Zacharias.[2]

Un apologétique scientifique présente une défense de la foi à partir des différents domaines des sciences naturelles. Un apologétique scientifique peut défendre le christianisme de plusieurs manières. On peut utiliser la science pour démontrer que les déclarations des autres religions et philosophies sont en erreur, par exemple, plusieurs domaines de la science peuvent se rallier pour essayer de démontrer que l’universel aurait, nécessairement, un début ; que le matérialisme philosophique n’est pas capable d’expliquer plusieurs phénomènes importants des êtres vivants ; que certaines déclarations des autres religions sont impossibles, scientifiquement ; etc. On peut aussi utiliser la science pour démontrer la vérité des déclarations bibliques qui touchent à la science. Par exemple, la zoologie peut certaine des déclarations en Job 38-41 ; la géographie peut examiner les déclarations géographiques de la Bible pour démontrer qu’ils sont exacts ; la médecine peut examiner certains récits bibliques, comme la mort de Jésus sur la croix, pour démontrer que ce que la Bible dit est exact ; la physique peut considérer les miracles et leur possibilité, ainsi que des questions au sujet de Dieu et sa relation avec le temps, ainsi qu’avec les âmes, etc. ; la psychologie peut défendre la perspective biblique de la nature humaine comme étant un être spirituelle ;[3] et la biologie végétale peut considérer les affirmations bibliques qui mentionnent les plantes pour démontrer qu’il n’y a pas d’erreur. Il y a plusieurs scientifiques qui ont examiné les récits de la Bible pour les défendre, ou qui démontrent l’erreur des croyances autres que la Christianisme, comme Stanley L. Jaki,[4] Francis S. Collins,[5] John Polkinghorne,[6] Del Ratzsch,[7] Robert Jastrow,[8] et Michael J. Behe.[9]

Un apologétique philosophique présente une défense de la Christianisme à partir des domaines de la philosophie. Un des premières personnes de présentées un apologétique philosophique était l’apôtre Paul, dans sa prédication aux philosophes à l’aréopage,[10] dans son enseignement à Lystre,[11] et dans son épître aux Romains.[12] La philosophie, par définition, n’est autrement que la recherche active de la vérité entamée par une personne qui est prête à suivre la vérité là où elle l’amène. Le mot philosophie peut, aussi, faire référence aux principes qu’une personne accepte concernant la vie, la réalité, son identité, et son but, mais ceci n’est qu’un deuxième sens du mot. Un apologétique philosophique peut défendre la Christianisme en démontrant que les objets de foi (l’incarnation de Jésus, la trinité, etc.) ne sont pas incohérents, même si on ne peut pas démonter qu’ils sont vrais, ou les comprendre comme il faut. La philosophie peut aussi présenter des arguments pour démontre, par exemple, que Dieu existe ;  que Dieu est éternel, immuable, parfait, bon, tout connaissant, tout-puissant, transcendant et immanente à sa création ; que l’être humain est un être composé de matière et d’esprit ; qu’il y a des normes morales qui doivent être respectées ; que le fait qu’il y a le mal dans le monde ne démontre pas que Dieu n’existe pas ; etc. La philosophie aide à mieux comprendre la parole de Dieu en donnant à l’interprète l’outil de la logique qui le permettre de mieux analyser les paroles écrites de la Bible. L’apologétique philosophique fait aussi un apologétique en démontrant que les autres religions, visions du monde, fausses philosophies, etc. sont en erreur, incohérente, ou contradictoire en soi. Aussi, la philosophie peut aider la théologienne à mieux formuler les doctrines chrétiennes. Ceci n’est qu’une liste incomplète de comment la philosophie apologétique défend, rends fort, et protège les doctrines chrétiennes. Il y a de plus en plus de philosophes chrétiens qui utilisent la philosophie pour défendre la foi chrétienne. Ce qui est souvent oublié est que même des grands théologiens comme Augustine, Jean Calvin, Thomas d’Aquin, Anselm, les théologiens Cappadocians, etc., utilisé la philosophie pour bâtir et défendre les doctrines principales de la foi chrétienne. Voilà quelques philosophes chrétiens qui ont offert un apologétique philosophique dans le 20e et présent siècle : William Lane Craig,[13] Paul Copan,[14] Norman Geisler,[15] C. S. Lewis,[16] John Warwick Montgomery,[17] et Alvin Plantinga.[18]

Un apologétique historique cherche à démontrer la crédibilité des affirmations historiques de la Christianisme. Un des premières personnes de présentées un apologétique historique, dans l’histoire de la Christianisme était l’apôtre Pierre, lors de la première prédication chrétienne sur le jour de Pentecôte.[19] On pourrait aussi mentionner Luc, l’apôtre Jean, et l’apôtre Paul qui ont aussi fait l’apologétique historique.[20] Par exemple, la Christianisme affirme qu’il y avait un homme – Jésus – qui a vécu au début de notre ère, qu’il est mort autour de l’an 30, et qu’il est ressuscité de la mort 3 jours après. Le christianisme affirme que tous les événements, que l’Ancien Testament affirme sont réellement arrivés dans l’histoire, ont vraiment eu lieu, comme, par exemple, le déluge, les voyages d’Abraham, la captivité d’Israël en Égypte et leur exode d’Égypte, le royaume de David et de Salomon. Le christianisme affirme, aussi, que les voyages de Paul ont eu lieu, que les expériences qu’on mentionne dans les actes des apôtres ont vraiment eu lieu, etc. Ce sont toutes des affirmations historiques qui peuvent être étudiées et démontrer par les historiens. Lorsqu’on affirme que ces événements historiques ont vraiment eux lieu, et qu’on cherche à le prouver par les recherches historiques, on fait l’apologétique historique. Il y a plusieurs érudits qui font l’apologétique historique, comme, N. T. Wright,[21] A. N. Sherwin-White,[22] Edwin M. Yamauchi,[23] K. A. Kitchen,[24] Ronald Nash,[25] Ben Witherington III,[26] Michael Grant,[27] Gary Habermas,[28] J. Gresham Machen,[29] et Richard Bauckham.[30]

Un apologétique archéologique est une branche de l’apologétique historique qui cherche à démontrer, par l’archéologie, que la Bible est crédible. Les archéologues défendent la Bible en démontrant, premièrement, qu’aucune découverte archéologique n’a jamais démontré une erreur dans les affirmations biblique, et, deuxièmement, que les découvertes archéologiques viennent démontrer la crédibilité de la Bible. Les archéologues regardent les affirmations bibliques concernant les lieux historiques (par exemple, les villes, les temples, les autels, les lieux des nations qui sont mentionnés dans la Bible), les coutumes culturelles (par exemple, les habitations, les manières de cuisiner, les occupations des peuples mentionnés, les titres des dirigeants des pays), les grands événements mentionnés (comme les guerres, les voyages, etc.), etc. L’archéologie réussie à non seulement défendre les affirmations de la Bible, mais a aussi aidé à la bonne interprétation de la parole de Dieu (par exemple, de comprendre comment un berger dans le temps de Jésus travailler peut nous aider à comprendre les exemples ou paraboles dans lequel un berger est le sujet). Il y a une multitude d’archéologues qui ont défendu la Christianisme, comme, K. A. Kitchen,[31] Edwin Yamauchi,[32] C. H. Irwin,[33] Kathleen Kenyon,[34] E. M. Blaiklock,[35] William M. Ramsay,[36] et Colin Hemer.[37]

Un apologétique théologique est la défense de véritables doctrines chrétiennes contre les faux docteurs. Le premier apologète de présenter un apologétique théologique était l’apôtre Paul, qui, dans quasiment toutes ses lettres aux églises, défend la vérité chrétienne contre ceux qui voudrait le tordre. Noté par exemple son affirmation en Galates 1, « Nous l’avons dit précédemment, et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! »[38] Il doit y avoir un apologétique chrétien pour chaque branche de la théologie, et, en réalité, nous voyons les théologiens qui travaillent fort pour défendre les doctrines comme la divinité de Jésus, la justification par la foi seule en Jésus-Christ seul, la doctrine de la trinité,[39] l’inspiration de la parole de Dieu, etc. C’est ceci le type d’apologétique le plus fait par les grands penseurs chrétiens. Quasiment tous les théologiens de l’église, dès début jusqu’aujourd’hui ont fait l’apologétique théologique, y compris, Athanase,[40] Augustin,[41] Jean Chrysostome,[42] Thomas d’Aquin,[43] Jean Calvin, Martin Luther, Charles Hodge, B. B. Warfield,[44] etc. Nous pourrions aussi donner des exemples d’apologètes théologiques contemporains, en nommant, Norman Geisler,[45] R. C. Sproul,[46] William Lane Craig,[47] Robert M. Bowman,[48] John Piper,[49] N. T. Wright.[50]

Finalement, il y a l’apologétique biblique qui cherche à défendre la Bible elle-même. Sous cette catégorie on retrouve ceux qui analyse les manuscrits en rapport avec les éléments matériels des manuscrits (le nombre de manuscrits, la corruption ou préservation des manuscrits, les langages utilisés pour les écrire et copiés, etc.), et avec les éléments textuels des manuscrits (c’est-à-dire, la composition de chaque livre, le temps de rédaction, la cohérence intérieure de chaque texte, etc.) pour démontrer qu’il n’y a pas d’erreur ni contradiction dans la Bible ; pour démontrer que les manuscrits sont réellement écrits par ceux à qui on attribue les manuscrits ; pour démontrer que chaque livre du canon devrait être dans le canon ; et, en général, pour démontrer que la Bible aux complètes est digne de confiance et démontre une cohérence incontestable. On retrouve aussi l’exégèse des textes qui cherche à expliquer et défendre la bonne interprétation des textes bibliques. Toutes ceux qui, en faisant l’interprétation de la Bible, propose une interprétation d’un groupe de versets, et qui défendre cette interprétation (si leur interprétation donne le vrai sens du texte) est en train de faire l’apologétique biblique. Quasiment tous les chrétiens qui ont essayé de lire et expliquer la Bible ont engagé dans ce domaine d’apologétique (si tu lis un verset, et donne une raison pour croire qu’il devrait être interprété d’une certaine façon, alors tu as fait l’apologétique biblique), mais on pourrait nommer quelques apologètes bibliques renommés comme Bruce Metzger,[51] F. F. Bruce,[52] David Alan Black,[53] et D. A. Carson.[54]

Dans cet article nous n’avons même pas grafigné la surface des domaines de l’apologétique chrétienne. Le but de cet article est de démontrer qu’il y a plusieurs moyens de donner une réponse de l’espérance que nous avons, et qu’à chaque fois qu’on donne des raisons pour croire une des multiples vérités de la Christianisme on est en train d’offrir une « apologie » – une défense – de la foi chrétienne. Les sciences de nature, les domaines de la philosophie, l’expérience humaine, et les domaines de l’histoire, l’analyse des textes et manuscrits, et l’archéologie peuvent offrir des éléments importants qui, ensemble, présentent une multitude de bonnes raisons pour croire la parole de Dieu. Le défi qui est devant chaque chrétien est de chercher, à la mesure qu’on est capable, d’offrir des raisons à chaque personne qui demande au sujet de l’espérance qui est en nous.[55] Ceci devrait, aussi, encourager les chrétiennes qui sont en train de poursuivre des études post-Cégep (ou secondaire) de rechercher l’excellence dans leurs domaines de recherche, et d’utilisé leurs domaines de recherche pour défendre la Christianisme.

 


[1]1 Pie. 3 :15.

[2]On ne veut pas dire, par ceci, qu’ils ne font pas l’apologétique d’autres manières. Cf. Francis Schaeffer, Démission de la raison, trad. Pierre Berthoud, 5e éd. (Genève : Maison de la Bible, 1993). Francis Schaeffer, Dieu : Illusion ou réalité? (Aix en Provence : Éditions Kerygma, 1989). Ravi Zacharia, L’homme peut-il vivre sans Dieu?, trad. Antoine Doriath (Marne-La-Vallée Cedex 2, France : Éditions Farel, 1997).

[3]Cf. Malcom Jeeves, Minds, Brains, Souls and Gods: A Conversation on Faith, psychology and neuroscience (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2013). Mario Beauregard & Denyse O’Leary, The Spiritual Brain: A Neuroscientist’s Case for the Existence of the Soul (New York: Harperone, 2008). Ce livre est écrit par un Québécois qui enseigne, présentement, en Arizona.

 [4]Stanley L. Jaki, Miracles and Physics, 2e éd. (Front Royal, VA: Christendom Press, 1999). Cf. Frank J. Tipler, The Physics of Immortality: Modern Cosmology, God and the Resurrection of the Dead (New York: Doubleday, 1994).

 [5]Francis S. Collins, The Language of God: A Scientist presents Evidence for Belief (New York: Free Press, 2006). Ce livre défend la Christianisme à partir de l’ADN.

 [6]John Polkinghorne, The Way the World is: The Christian perspective of a scientist (Louisville: Westminster John Knox Press, 2007).

 [7]Del Ratzsch, Science & Its Limits: The Natural Sciences in Christian perspective (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2000).

 [8]Robert Jastrow, God and the Astronomers (New York : W. W. Norton & Company, 1978).

 [9]Michael J. Behe, Darwin’s Black Box: The Biochemical Challenge to Evolution (New York: Free Press, 2003).

 [10]Actes 17 :16-34.

 [11]Actes 14 :15-18.

 [12]Rom. 1 :19-20, 2 :14-15.

[13]William Lane Craig, Foi Raisonnable : Vérité chrétienne et apologétique, trad. Christiane Pagot et Gérald Pech (Villefranche d’Albigeouis, France : Les éditions La Lumière, 2012).

[14]Paul Copan & William Lane Craig, eds., Come Let Us Reason: New Essays in Christian Apologetics (Nashville, TN: B&H Academic, 2012).

 [15]Norman L. Geisler, Christian Apologetics (1976; repr., Grand Rapids, MI : Baker Book House, 2007). Norman Geisler & Peter Bocchino, Unshakable Foundations: Contemporary Answers to Crucial Questions About the Christian Faith (Minneapolis: Bethany House, 2000).

 [16]C. S. Lewis, Les Fondements du Christianisme, trad. Aimé Viala (1979; repr., Valence Cedex, France : Éditions de la Ligure pour la Lecture de la Bible, 2007).

 [17]John Warwick Montgomery, ed., Christianity for the Tough Minded: Essays Written by a Group of young scholars who are totally convinced that a spiritual commitment is intellectually defensible (Minneapolis: Bethany Fellowship, 1973).

 [18]Alvin Plantinga, Warranted Christian Belief (Oxford: Oxford University Press, 2000). Alvin Plantinga, God, Freedom, and Evil (Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans Publishing, 1977).

 [19]Actes 2:14-36.

 [20]Luc 1:1-4, Jn. 20: 30-31, 1 Jn. 1:1-4, 1 Cor. 15:1-8.

 [21]N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God (Minneapolis: Fortress Press, 2003).

 [22]A. N. Sherwin-White, Roman Society and Roman Law in the New Testament (1963; repr., Oxford : Oxford University Press, 2000).

 [23]Edwin M. Yamauchi, Persia and the Bible (Grand Rapids, MI: Baker Book House, 1990).

 [24]K. A. Kitchen, Ancient Orient and Old Testament (1966; repr., Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 1975).

 [25]Ronald H. Nash, The Gospel and the Greeks: Did the New Testament Borrow from Pagan Thought?, 2nd ed. (Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 2003).

 [26]Ben Witherington III, The Jesus Quest: The Third Search for the Jew of Nazareth, 2nd ed. (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1997).

 [27]Michael Grant, Jesus: An Historian’s Review of the Gospels (New York: Charles Scribner’s Sons, 1977).

 [28]Gary R. Habermas, The Historical Jesus: Ancient Evidence for the Life of Christ (1996; repr., Joplin, Missouri : College Press Publishing Co., 2008). Gary R. Habermas & Kenneth E. Stevenson, Verdict on the Shroud: Evidence for the Death and Resurrection of Jesus Christ (Ann Arbor, MI: Servant Books, 1981).

 [29]J. Gresham Machen, The Origin of Paul’s Religion: A Classic Defense of Supernatural Christianity (1923; repr., Birmingham, Alabama: Solid Ground Christian Books, 2006). J. Gresham Machen était professeur à Princeton avant d’aider dans la fondation de Westminster Theologial Seminary.

 [30]Richard Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses: The Gospels as Eyewitness Testimony (Grand Rapids, MI : Wm. B. Eerdmans Publishing, 2006).

 [31]K. A. Kitchen, The Bible in its World: The Bible & Archaeology Today (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1977).

 [32]Edwin Yamauchi, The Stones and The Scriptures (Philadelphia, PA: J. B. Lippincott Co, 1972).

 [33]C. H. Irwin, The Bible, The Scholar and the Spade: A Summary of the Results of Modern Excavation and Discovery (London: The Religious Tract Society, 1932).

 [34]Kathleen Kenyon, Archaeology in the Holy Land, 3rd ed. (London: Ernest Benn Limited, 1970).

 [35]E. M. Blaiklock, The Archaeology of the New Testament (1970; repr., Grand Rapids, IL : Zondervan Publishing House, 1977).

 [36]William M. Ramsay, St. Paul The Traveler and Roman Citizen, 15th ed., ed. Mark Wilson (Grand Rapids, MI: Kregel Publications, 2001).

 [37]Colin J. Hemer, The Book of Acts in the Setting of Hellenistic History, ed. Conrad H. Gempf (Winona Lake, IN: Eisenbrauns, 1990).

 [38]Gal. 1 :9.

 [39]James R. White, The Forgotten Trinity: Recovering the Heart of Christian Belief (Minneapolis: Bethany House, 1998).

 [40]Athanase, Contre ceux qui juge de la vérité par la seule autorité de la multitude, trad. M. le roi abbé de Hautefontaine (MDCXXX).

 

[41]Augustine, De Trinitate.

[42]Jean Chrysostome, Le Christ est Dieu, en Les œuvres complètes de S. Jean Chrysostome, trad. L’abbé J. Bareille (Paris : Librairie de Louis Vivès, 1865), 1 :478-499.

 [43]Thomas d’Aquin, Summa Contra Gentiles.

 [44]B. B. Warfield, The Inspiration and Authority of the Bible, ed. Samuel G. Craig (Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 1979).

[45]Norman L. Geisler, éd., Inerrancy (1980; repr., Grand Rapids, MI : Zondervan, 1982).

[46]R. C. Sproul, Scripture Alone: The Evangelical Doctrine (Phillipsburg, NJ : P&R Publishing, 2005).

 [47]William Lane Craig, The Only Wise God: The Compatibility of Divine Foreknowledge and Human Freedom (1987; repr., Eugene, OR : Wipf & Stock, 2000). William Lane Craig, Time and Eternity: Exploring God’s Relationship to Time (Wheaton, IL: Crossway, 2001).

 [48]Robert M. Bowman, Jr. & J. Ed Komoszewski, Putting Jesus in His Place: The Case for the Deity of Christ (Grand Rapids, MI: Kregel, 2007).

 [49]John Piper, The Future of Justification: A Response to N. T. Wright (Wheaton, IL: Crossway, 2007).

 [50]N. T. Wright, Justification: God’s Plan & Paul’s Vision (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2009).

 [51]Bruce Manning Metzger, The Text of the New Testament: Its Transmission, Corruption and Restoration (Oxford: Oxford University Press, 1964). Bruce M. Metzger, The New Testament: Its Background, Growth, & Content, 3rd ed. (Nashville, TN: Abingdon Press, 2003). Bruce M. Metzger, The Canon of the New Testament: Its Origin, Development, and Significance (Oxford: Clarendon Press, 1997).

 [52]F. F. Bruce, Les documents du Nouveau Testament : Peut-on s’y fier?, trad. Marie-Anne Chevreau (Trois-Rivières, QC : Publications Chrétiennes, 2008). F. F. Bruce, The Canon of Scripture (Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 1988).

 [53]David Alan Black, New Testament Textual Criticism: A Concise Guide (1994; repr., Grand Rapids, MI : Baker Book House, 1996).

 [54]D. A. Carson, Exegetical Fallacies, 2nd ed. (1996; repr., Grand Rapids, MI: Baker Book House, 2007).

[55]1 Pie. 3 :15.

À la découverte des « visions du monde » (partie 2)

Dans la partie précédente de cette série, j’ai présenté une définition générale de ce qu’est une « vision du monde » :

Une vision du monde est un ensemble de croyances à propos du monde, de Dieu, des humains, du Bien et du Mal, à l’aide desquelles je fais du sens de la réalité dans laquelle je vis, et qui me fournissent une base pour ma façon d’être, d’agir et de comprendre mes actions.

Dans cette deuxième partie, mon objectif est double : (1) je veux vous présenter les questions fondamentales auxquelles toute vision du monde vise à répondre, et (2) je veux vous amener à vous poser deux questions très importantes :

« Est-ce que je connais mes croyances et d’où elles viennent ? »
« Est-ce que je connais la vision du monde de ceux qui m’entourent ? »


Est-ce que je connais mes croyances et d’où elles viennent ?

Avez-vous déjà pris le temps de vous demander ce que vous croyez, et comment vous en êtes venus à le croire ? Même un chrétien de longue date, qui lit sa Bible à tous les jours et qui a le désir de se nourrir de la Parole de Dieu, baigne tous les jours dans un milieu de travail et un torrent d’informations (par la culture, les nouvelles, l’Internet, les médias sociaux, etc.) qui l’inondent de croyances qu’il va finir par adopter en partie, mais qui ne sont pas nécessairement compatibles avec la foi chrétienne.

Par exemple, en ce qui concerne les questions de moralité, notre société véhicule le slogan populaire « Si c’est sa décision et que ça ne fait pas de mal à personne, on ne devrait pas s’y opposer ! », qui ressort souvent dans les discussions sur l’euthanasie ou sur l’homosexualité. D’autres croyances populaires du genre sont « C’est mon argent, je peux faire ce que je veux avec ! », « L’amour est un sentiment. » et « M’occuper de mon bien-être est important. » Même si ces croyances populaires ne sont pas toutes complètement en opposition avec la Parole de Dieu, ne pas réfléchir sur nos croyances peut nous amener à les accepter en bloc, sans se poser la très importante question : « Qu’est-ce que je dois prendre, et qu’est-ce que je dois laisser ? » Par exemple, si le chrétien et le non chrétien peuvent s’accorder sur le fait que notre bien-être personnel est important, il y a une grande différence dans la manière dont chacun va définir le mot « bien-être », et dans la manière dont l’humain peut l’atteindre!

Je vais revenir sur cette réflexion dans une prochaine partie, dans laquelle nous allons parler des tests qu’une vision du monde doit passer. Ce qu’il faut retenir pour l’instant, c’est que ce n’est pas parce que vous vous pensez chrétien que vos croyances viennent toutes de Dieu et de la Bible : vous baignez dans un milieu non chrétien qui vous influence fortement, et il y aura besoin un jour de « nettoyer » vos croyances pour les réaligner avec la Parole de Dieu, si vous êtes convaincu qu’elle doit être à la base de tout ce que vous croyez.


Est-ce que je connais la vision du monde de ceux qui m’entourent ?

Église chrétienne du village de Polyan, dans la région de Solukhumbu au Népal, une région où s’entremêlent hindouisme, bouddhisme tibétain, religions folkloriques et christianisme.

Église chrétienne du village de Polyan, dans la région de Solukhumbu au Népal, une région où s’entremêlent hindouisme, bouddhisme tibétain, religions folkloriques et christianisme.

Cette question-ci est très importante, dans l’optique où communiquer un message efficacement (comme l’Évangile) demande de bien connaître le public auquel on s’adresse. J’ai demandé, récemment à des étudiants d’une école biblique, de m’expliquer ce que croient les Québécois auxquels ils sont appelés à partager l’Évangile. Leurs réponses ont mis en lumière que plusieurs, même s’ils ont passé toute leur vie au Québec, étaient peu en mesure de m’expliquer clairement la vision du monde de la société qui les entoure. Ce n’est pas qu’une curiosité : quand on étudie la structure des différents discours des apôtres que l’on trouve dans le livre des Actes, on voit que les discours varient en fonction de la culture à laquelle ils sont adressés : on ne présente pas l’Évangile de la même manière à des Juifs de Jérusalem et à des Athéniens ! De la même manière, la présentation de l’Évangile par les missionnaires de notre époque, partout autour du monde, est modulée en fonction de la culture à laquelle il est adressé, et notre culture environnante ne fait pas exception. Alors, vous qui voulez partager l’Évangile, connaissez-vous la vision du monde de ceux qui vous entourent ?

Pour vous guider, je vous donne ici une liste des questions auxquelles toute vision du monde doit être en mesure de fournir une réponse. Je les ai divisées en cinq grandes catégories : les questions à propos de la CONNAISSANCE, de l’ORIGINE, du SENS, de la MORALITÉ et de la DESTINÉE. Évidemment, chacune des questions se décline en plusieurs autres, comme ceci :


CONNAISSANCE

– Comment est-ce que je sais ce que je sais ?
– Quelles sont les sources de connaissance qui sont fiables ?
– Comment puis-je affirmer qu’une chose est vraie ?

ORIGINE

– Pourquoi est-ce que quelque chose existe plutôt que rien du tout ?
– D’où vient l’univers ? la vie ? l’humanité ?
– Est-ce que nous sommes la création d’un Dieu ? Si oui, qui est ce Dieu ?
– Quelle est notre nature ? Avons-nous une âme ? Sommes-nous uniquement de la matière ?
– Sommes-nous libres ?
– Quel est notre rapport avec le monde ? avec les animaux ? avec Dieu ?

SENS

– Quel est le sens de la vie ?
– Quel est le sens de MA vie ? Comment est-ce que je le trouve ?
– Quel est le sens de l’histoire ?
– Si ma vie a un but, est-il possible à atteindre ?

MORALITÉ

– Y a-t-il une distinction entre le Bien et le Mal ? Quelle est-elle ?
– Le Bien et le Mal sont-ils absolus ou relatifs à l’individu ou aux cultures ?
– Est-ce que j’ai une raison de chercher à faire le Bien plutôt que le Mal ?
– Est-ce que je suis redevable à quelqu’un pour mes actions ?
– L’humain a-t-il une valeur ? D’où vient-elle ?
– Comment est-ce que j’établis la hiérarchie de mes valeurs morales ?

DESTINÉE

– Qu’est-ce qui arrive après la mort ? Est-ce un point terminal pour l’existence ?
– Qu’arrive-t-il à mon âme (si j’en ai une) au moment de ma mort ?
– Est-ce que mes actions pendant ma vie vont avoir un impact sur mon existence après ma mort ? Si oui, lequel ?

D’un auteur à l’autre, la liste des questions varie, mais en gros, on comprend qu’une vision du monde doit pouvoir répondre aux questions existentielles que l’être humaine se pose. La réponse que l’on donne à ces questions va, consciemment ou inconsciemment, influencer chacune de nos actions. On ne gère pas son argent de la même manière si l’on croit qu’il nous appartient et que nous en pouvons en disposer selon nos désirs, ou si l’on croit qu’il nous est prêté par Dieu et que nous devons en disposer selon sa volonté. On ne choisit pas son parcours de vie de la même manière si l’on croit que la vie a un sens profond, ou si l’on croit qu’elle est fondamentalement absurde. On n’agit pas envers les humains de la même manière selon qu’on les croit tous créés à l’image de Dieu sans exception, ou bien qu’on les croit être les fruits d’un processus naturel se réduisant au hasard. De même, comme j’ai discuté dans la partie précédente, on n’agit pas de la même manière si l’on croit que l’humain est libre, ou si l’on croit qu’il est complètement déterminé. Chacune de nos croyances va influencer profondément notre manière d’agir.

Une autre chose qu’il est important de réaliser, c’est que toutes les réponses que l’on donne aux questions énumérées ci-dessus sont ultimement des objets de croyance. Même s’il peut avoir de très bonnes raisons de croire que Dieu existe, le chrétien ne peut pas prouver son existence hors de tout doute. De la même manière, l’athée ne peut prouver que Dieu n’existe pas, et ce même s’il juge qu’il a de très bonnes raisons de le croire. Il en va de même pour toutes les questions de la liste : on peut avoir de très bonnes raisons d’adopter une croyance plutôt qu’une autre, mais notre vision du monde, qu’elle soit chrétienne, musulmane, athée ou autre, est ultimement un ensemble de croyances.

Ainsi, quand vous rencontrez une personne qui vous dit fièrement qu’elle n’a pas de croyances et qu’elle n’accepte que la connaissance objective, sortez la liste de questions que vous venez de lire, et demandez-lui de prouver sa réponse à n’importe laquelle d’entre elles : vous réaliserez que nous devons admettre notre impuissance à tout démontrer assez rapidement, et que nous adoptons nos croyances de bien d’autres manières que par la « connaissance objective » !

Avant de passer à la prochaine partie, prenez le temps de répondre à mes deux questions au début du texte ! Et pour ceux qui comprennent l’anglais, je recommande l’écoute de cette conférence de James W. Sire (l’auteur du livre The Universe Next Door : A Basic Worldview Catalog, dont j’ai parlé dans la partie précédente), qui explique en quoi chacun de nous adhère à bien plus de croyances que ce que nous pensons :

À la découverte des « visions du monde » (partie 1)

Chaque fois que l’on me demande d’expliquer ce qu’est une vision du monde (et surtout, à quoi ça sert et pourquoi on devrait s’en préoccuper), la première image qui me vient en tête est la scène que vous voyez sur la photo ci-dessus, qui a eu lieu un jour d’octobre à Katmandou où j’ai eu la surprise et le privilège de découvrir les sâdhu, ces hommes saints de l’hindouisme, et leur mode de vie on ne peut plus éloigné du mien, moi le « Québécois techno », baptisé environ un an auparavant dans l’océan Pacifique. Nous avions beau, mon ami et moi, être assis l’un à côté de l’autre le temps d’une prise de photo, je n’exagère pas en disant que lui et moi étions en même temps à des années-lumière de distance, et je dirais même, pour illustrer mon propos d’aujourd’hui, que nous habitions deux univers différents[1]. Lui et moi voyons Dieu, l’humain, la société, la vie et la mort de manières fondamentalement différentes, et il va sans dire que notre manière de voir les choses, notre « vision du monde », influence nos vies de façons bien différentes aussi. Une semaine dans la vie de ce sâdhu n’a rien à voir avec une semaine dans ma vie.

Quand on cherche à discuter de la foi chrétienne ou des croyances (religieuses ou non) à notre époque, la notion de vision du monde est l’un des premiers « outils » qui sont importants à maîtriser, puisque c’est un peu l’équivalent d’un ensemble de tournevis : c’est un outil essentiel, et une fois qu’on l’a, on l’emploie constamment. C’est une notion à laquelle on va faire appel encore et encore pour mieux comprendre nos échanges avec autrui à propos de nos croyances et des leurs. D’ailleurs, une vision du monde, vous en avez une, ainsi que chacune des personnes que vous avez croisées cette semaine !

Mais qu’est-ce qu’une vision du monde au juste ? Chaque auteur qui a écrit à ce sujet-là a proposé sa propre définition[2], et celle que je vais employer dans cette série d’articles est une définition retravaillée par moi-même à partir de plusieurs sources. Voici donc :

Une « vision du monde » est un ensemble de croyances à propos du monde, de Dieu, des humains, du Bien et du Mal, à l’aide duquel je fais du sens de la réalité dans laquelle je vis, et qui me fournit une base pour ma façon d’être, d’agir et de comprendre mes actions.

Dans les prochaines parties de la série, je vais m’attarder (1) aux questions auxquelles doit répondre une vision du monde, (2) aux tests qu’une vision du monde doit pouvoir passer avec succès, (3) à la manière dont on peut comparer des visions du monde et (4) aux façons dont on peut employer cette notion-là dans nos discussions avec autrui à propos de leurs croyances et des nôtres. Mais pour l’instant, je veux revenir sur la définition que je viens de présenter.

Pour vous montrer à quel point des croyances différentes peuvent affecter profondément notre manière de penser et d’agir, considérez une minute les deux croyances suivantes :

1.  Dieu existe.
2.  L’humain est libre.

Maintenant, considérez quatre personnes qui adhèrent à ces deux croyances-là de manières différentes :

Personne A : « Dieu existe et l’humain est libre. »
Personne B : « Dieu existe et l’humain n’est pas libre. »
Personne C : « Dieu n’existe pas et l’humain est libre. »
Personne D : « Dieu n’existe pas et l’humain n’est pas libre. »

Évidemment, une personne n’a pas seulement deux croyances, mais je veux montrer, à l’aide de cet exemple, à quel point des différences au niveau de deux croyances uniquement peuvent avoir un impact profond sur la vie et les actions d’une personne. La personne A, pour qui Dieu existe et l’homme est libre, a des croyances qui vont entraîner un sentiment généralisé d’espérance. Si elle conçoit Dieu comme un être qui aime sa Création et en prend soin, elle peut avoir confiance que le cours des événements est réglé de manière à ce que la volonté de Dieu s’accomplisse. Même si elle observe que les actions libres de l’homme entraînent souvent une grande souffrance, la présence et l’action de Dieu lui donnent espoir que le sort final de l’humanité ne dépend pas uniquement des actions de celle-ci : il y a aurait, par exemple, espoir d’un exercice ultime de justice pour les millions de personnes qui sont mortes dans des situations de grande injustice. La foi chrétienne se rapproche beaucoup de cette première vision du monde, puisqu’elle admet l’existence de Dieu et la bonté divine, tout en accordant à l’homme une certaine liberté et un certaine responsabilité par rapport à ses actions (bien que le degré de liberté varie selon les traditions de différentes dénominations).

En ce qui concerne la personne B, Dieu existe et l’homme n’est pas libre. Le sort de l’homme dépend donc entièrement de la nature de Dieu. S’il est conçu comme étant un être bon se préoccupant de sa Création, juste, puissant et sage, cette vision du monde peut être une source d’optimisme, d’espérance et de résignation, l’humain se trouvant à être un instrument dans les mains de son Créateur, agissant de la manière dont il a été déterminé à le faire. L’optimisme ou le pessimisme de l’homme seraient justifiés par la conception de Dieu de celui-ci. On retrouve dans l’hindouisme et dans l’islam des éléments qui les rapprochent de ce type de vision du monde. Jean Calvin, Thomas Hobbes, Jonathan Edwards et plus près de nous, John Piper, bien qu’ils admettent une certaine notion de liberté, ont des idées qui se rapprochent aussi de ce type de vision du monde.

La personne C, elle, pour qui Dieu n’existe pas et l’homme est libre, possède une vision du monde dans laquelle l’espoir de l’humanité en toutes choses repose complètement sur l’humanité elle-même. S’il y a des valeurs dans le monde, celles-ci doivent être définies par l’homme. S’il y a un espoir de justice, ou un sens à la vie, ceux-ci dépendent de l’homme aussi. On peut imaginer facilement qu’une telle vision du monde encourage l’humanité à contrôler chaque aspect de son environnement, de manière à créer une société et un monde idéaux assurant le bonheur de tous. La vision du monde de la personne B est de grand intérêt, car elle ressemble à celle de plusieurs personnes de nos jours, et résulte en partie des révolutions scientifiques et technologiques que nous avons traversées. L’humanisme séculier contemporain, dont j’aurai l’occasion de discuter plus amplement dans un article ultérieur, correspond à ce type de vision du monde.

Finalement, dans la perspective de la personne D, Dieu n’existe pas et l’humain n’est pas libre, ce qui ne laisse l’humanité qu’avec peu d’espoir. Les actions humaines sont déterminées par certaines lois naturelles inexorables et indifférentes par rapport au sort ou au bien-être de l’humanité. Dans une telle vision du monde, la nature est active et prédominante, et l’humanité est un de ses produits les plus récents. Cette vision du monde, qui constitue une sorte de naturalisme alimenté d’un désespoir en les capacités humaines à entraîner un véritable changement des choses, peut aisément devenir une source de cynisme ou d’hédonisme, ou encore entraîner un rejet existentiel du naturalisme au profit d’une autre vision du monde. Bien qu’il se présente comme un humaniste prônant la capacité de l’humain à amener un changement véritable à l’ordre des choses, certains passages des oeuvres de Richard Dawkins le rapprochent de ce type de vision du monde[3].

Cet exemple fait réaliser à quel point des différences au niveau de deux croyances peuvent entraîner des perspectives et des façons de voir la vie complètement différentes, et qui vont amener les gens qui tiennent ces croyances à agir avec des motivations profondément différentes aussi. Les quatre personnes données en exemple peuvent toutes donner de l’argent aux pauvres, mais elles le feront, ultimement, pour des raisons différentes qui donnent un sens différent à leurs actions.

Mon prochain article présentera les différentes questions auxquelles une vision du monde doit répondre, et j’en profiterai pour mettre en parallèle différentes réponses à ces questions que l’on retrouve à notre époque.

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Pour ceux qui voudraient aller plus loin, je recommande l’une ou l’autre des ressources suivantes :

Livres :

  • CRAIG, W. L. et MORELAND, J. P. Philosophical Foundations for a Christian Worldview, Downers Grove, InterVarsity Press, 2003, 653 p.
  • MORIN, Jean-Sébastien. Nous croyons en dieu la foi évangélique pour tous, Longueuil, Éditions Ministères multilingues, 2009, 189 p.
  • SIRE, James W. The Universe Next Door: A Basic Worldview Catalog, 5th ed., Downers Grove, InterVarsity Press, 293 p.
  • SIRE, James W. Naming the Elephant: Worldview as a Concept, Downers Grove, InterVarsity Press, 2004, 163 p.
  • ZACHARIAS, Ravi. Jesus Among Other Gods: The Absolute Claims Of The Christian Message, 2nd ed., Nashville, Thomas Nelson, 2002, 208 p. (une traduction française de ce livre est disponible en format électronique sur Amazon).

Ressources en ligne :

  • Be Thinking : une banque d’articles très intéressants, classés par thèmes, et qui fournissent des ressources pour mieux comprendre la foi chrétienne et le regard qu’elle porte sur les croyances du monde qui nous entoure. (lien 1 ; lien 2 ; lien 3)
  • Reasonable Faith : un site Web dirigé par le philosophe chrétien William Lane Craig, et qui propose une foule d’articles, de débats et d’émissions (en format .mp3) à propos de la foi chrétienne et de son contact avec le monde d’aujourd’hui. William Lane Craig est un des auteurs dont je recommande fortement la découverte.
  • Ravi Zacharias International Ministries : comme William Lane Craig, Ravi Zacharias est fortement engagé dans la réflexion à propos de la vision du monde chrétienne, et de son contact avec les autres visions du monde d’ici et d’ailleurs. L’émission Let My People Think est disponible gratuitement en format .mp3. (lien 1 ; lien 2 ; lien 3)
  • Harvard Veritas Forum : le Veritas Forum rassemble des penseurs (chrétiens ou non) qui discutent des enjeux concernant la foi chrétienne et le 21e siècle. Pour ceux d’entre vous qui fréquentent l’université, cette ressource alimentera sûrement plusieurs de vos conversations. (lien 1 ; lien 2 ; lien 3)
  • An Evangelical Manifesto : le manifeste évangélique fournit une description assez universelle de ce qu’est la foi chrétienne évangélique de notre époque, en Occident et ailleurs.
  • Humanist Manifesto : le manifeste humaniste de la American Humanist Association est un très bon texte pour comprendre les croyances d’une des visions du monde les plus répandues en Occident à notre époque.

[1] James W. Sire emploie l’analogie des univers différents pour faire sa présentation de la notion de « vision du monde », ainsi que pour discuter des principales visions du monde que l’on retrouve à notre époque en Occident. Je recommande fortement la lecture de son ouvrage (qui n’est malheureusement pas traduit en français pour l’instant). Voir SIRE, James W. The Universe Next Door: A Basic Worldview Catalog, 5th ed., Downers Grove, InterVarsity Press, 293 p.

 

[2] Ronald B. Nash, dans son cours sur l’analyse des visions du monde (biblicaltraining.org), donne cette définition : « Une ‘vision du monde’ est un schème conceptuel qui contient nos croyances fondamentales. C’est aussi le moyen par lequel nous interprétons et jugeons la réalité. » Ce type de définition est courante, mais elle peut donner l’impression qu’une vision du monde n’est qu’un outil d’interprétation de la réalité, sans lien nécessaire avec l’action humaine. Mais une définition adéquate doit inclure davantage qu’une référence à un ensemble de croyances : elle doit indiquer clairement que ces croyances sont engagées, consciemment ou inconsciemment, dans les actions de l’individu qui la tient. C’est pourquoi l’impact pratique de chaque vision du monde sera un des éléments sur lesquels je mettrai l’accent dans cette série.

Une autre définition, celle-ci de James W. Sire, se montre plus satisfaisante à cet égard : « Une  vision  du  monde  est  un  engagement,  une orientation  profonde  du  coeur,  qui  peut  être  exprimée sous  la  forme  d’une  histoire  ou  d’un  ensemble  de présuppositions,  que  l’on  accepte  à  propos  de  la conception de la réalité, et nous fournissent la fondation sur laquelle on vit, on agit et on existe. » J’amène deux nuances à cette définition par contre : (1) pour être exprimable, une vision du monde DOIT être présentée sous la forme d’un ensemble de propositions ou d’une histoire (et non se résumer à un « élan du coeur ») et (2) les propositions qui font partie de cet ensemble vont bien souvent prendre la forme de croyances justifiées, et non pas simplement de présuppositions.

 

[3] Un des passages en question se trouve dans DAWKINS, Richard. A River Out of Eden : A Darwinian View of Life, New York, Basic Books, 2008 (reproduction de l’édition de 1995), pp. 112-113. J’en propose ici une traduction libre : « Dans un univers de forces physiques aveugles et de duplication de gênes, certaines personnes vont se faire blesser, d’autres personnes vont être chanceuses, et vous n’allez pas trouver ni de rime ou de raison pour ça, ni aucune justice. L’univers que nous observons a exactement les propriétés que nous devrions attendre si, au fond de tout, il n’y a aucun plan, aucune raison, aucun mal et aucun bien, rien d’autre que de l’indifférence sans pitié. […] L’ADN ne connaît rien et ne se préoccupe pas de rien. L’ADN est, tout simplement. Et nous dansons au son de sa musique. »

Est-il rationnel de croire en Dieu sans avoir un (bon) argument?

L’intérêt principal d’un Apologète chrétien consiste en général à établir que le christianisme est vrai, c’est à dire, qu’il est vrai que Dieu existe, qu’il a créé l’univers, et qu’il s’est révélé spécialement à sa création à travers la Bible (Ancien et Nouveau Testaments), ultimement pour entrer dans sa création en la personne de Jésus de Nazareth, afin de sauver les hommes de leur péché par sa mort et sa résurrection.

Toutes ces propositions sont essentielles à la vérité du christianisme. Mais, qu’elles soient vraies ou pas, ces propositions importantes présentent une autre question pour le penseur chrétien: est il ‘raisonnable’ de les croire vraies? Est-il raisonnable de croire que Dieu existe, qu’il a créé l’univers, etc…?

Il se pourrait très bien que même si ces protableaupositions s’avéraient être vraies, personne ne pourrait réellement le savoir ou être rationnellement justifié dans ces croyances. En conséquence, le sceptique se voit souvent demander des arguments. Il demande que le Chrétien fasse plus qu’énoncer sa croyance en Dieu, et qu’il offre des arguments logiques pour soutenir rationnellement ses croyances. Ce souci fait l’objet d’un argument déductif contre la rationalité de la foi chrétienne, formulé plus ou moins comme cela:

Prémisse 1 – Il n’est rationnel de croire une proposition p que si l’on possède un argument (ou une preuve) en faveur de p

Prémisse 2 – Il n’y a pas d’argument ou de preuve en faveur du christianisme

Conclusion 3 – Par conséquent, il n’est pas rationnel de croire au christianisme.

Cet argument est valide logiquement, c’est à dire que si les deux prémisses sont vraies, sa conclusion s’ensuit logiquement, et le Christianisme est prouvé irrationnel (à défaut d’être prouvé faux, quoi que ces deux problèmes ne soient pas incompatibles).

Le problème de cet argument, cela dit, c’est que non-seulement il n’est pas établi que ses deux prémisses soient vraies, mais ces deux-ci sont même toutes les deux fausses!

La prémisse 2 prétend qu’il n’y a pas d’argument ou de preuve en faveur du christianisme. C’est une croyance malheureusement très populaire à la limite du slogan, répété ad-nauseam par une culture fondamentalement séculière, mais il témoigne d’une ignorance profonde de la discipline de l’apologétique chrétienne. Il se trouve qu’il y a de nombreux et excellents arguments logiques défendus par des philosophes parfaitement compétents (anciens et contemporains) en faveur des croyances fondamentales du christianisme énoncées ci-dessus: l’argument cosmologique, l’argument téléologique, l’argument moral, l’argument ontologique, l’argument transcendant, etc.. Ces différents arguments feront sans doute l’objet d’autre postes sur ce site, et donc leur défense n’est pas le but du présent article. Ils sont listés ici uniquement afin de challenger en principe la prémisse 2 de l’argument ci-dessus, comme étant tout au moins présomptueuse, si ce n’est prouvée fausse.

Notre intérêt pour l’heure, en revanche, se situe autour de la prémisse 1: est il vrai qu’il n’est rationnel de croire une proposition que si l’on possède un argument (ou une preuve) en sa faveur?

Ma réponse est non. Tout d’abord, cette prémisse ne nouscercle-vicieux est pas démontrée de manière indépendante. Que dirait le sceptique pour établir de manière non-circulaire que la prémisse 1 est vraie? Il n’y a pas grand-chose à dire en sa faveur. C’est déjà un problème, certes. Mais de manière plus fondamentale, cette prémisse n’est pas juste infondée, elle se trouve être démontrablement fausse, et ce pour deux raisons relativement imparables.

Tout d’abord, elle est prouvée fausse par l’existence d’une multitude de contre-exemples relativement unanimes. Il y a un grand nombre de propositions diverses et variées en faveur desquelles nous n’avons pas de bon argument (pour certaines, un tel argument serait même tout bonnement impossible), mais qui pourtant sont parfaitement raisonnables, et tout individu en possession de ses facultés rationnelles peut être justifié en les croyant vraies. Ce genre de croyance a été nommé “proprement basique” par les philosophes qui travaillent dans la discipline de l’épistémologie (la science qui s’intéresse à la connaissance, ou “comment sais-ton ce que l’on sait?”) Ce sont des croyances que l’on accepte naturellement, plus ou moins comme points de départ, ou fondation rationnelle pour d’autres croyances, et qui sont tout à fait raisonnables à adopter même en l’absence d’arguments en leur faveur. Voici au moins 4 exemples de familles de propositions qui ont été suggérées comme bon candidats pour une telle croyance “proprement basique”:

1- Les lois de la logique. Ces lois, incluant la loi de l’identité, la loi de non-contradiction, la loi du milieu exclu, les lois d’inférence logiques (modus ponens, modus tollens, syllogisme disjonctif, syllogisme hypothétique, etc..) sont toutes absolument fondamentales pour toute discussion rationnelle dans quelque discipline que ce soit. Elles sont non-seulement raisonnables elles-mêmes, mais elles sont même la fondation de toute rationalité. Et pourtant, il n’y a pas d’argument qui établisse leur vérité indépendamment. Un tel argument serait tout bonnement impossible, étant donné qu’un argument présuppose la logique: un argument présupposerait donc ce qu’on souhaiterait ici établir. Les lois de la logique sont donc un excellent exemple de proposition non-prouvée (même impossible à prouver) par un argument, et pourtant on ne peut plus raisonnable.

2- Les vérités métaphysiques (ou ontologiques)

Ces vérités, telles qmatrixue “Le monde extérieur existe vraiment”, ou “il y a d’autres âmes que moi”, ou “le passé est réel, l’univers n’est pas apparu il y a une minute avec une apparence d’âge”, sont toutes proprement basiques. Encore une fois, elles ne sont pas prouvables par arguments. Il est impossible de prouver que le monde extérieur existe, démontrant que je ne suis pas un cerveau dans un bocal stimulé par un savant fou, ou bien juste un corps dans la Matrice, stimulé pour penser que le monde virtuel que j’appréhende est vrai. Ma croyance proprement basique dans le fait que le monde extérieur existe vraiment n’est pas prouvable par argument, mais elle est des plus raisonnables.

3- Les vérités d’éthique, ou de morale

Les propositions exprimant la moralité objective (ou l’immoralité objective) de certaines actions sont également probablement proprement basiques. Les propositions “il est objectivement immoral de torturer un enfant pour le plaisir”, ou “il est objectivement immoral d’exterminer les juifs et les gitans”, ou “il est objectivement immoral d’être raciste” sont des propositions plausiblement vraies, et il est impossible de prouver par un argument indépendant que les immoralités qu’elles communiquent ne sont pas en fait subjectives, juste une question de préférences personnelles, telles que “Une glace au chocolat est meilleure qu’une glace à la vanille”. Les vérités objectives de ces propositions morales sont perçues directement, basiquement dans le contexte de l’expérience morale humaine, et il n’y a pas plus de raison de douter de leur vérité objective, qu’il n’y a de raisons de douter de l’existence du monde physique que l’on perçoit proprement, basiquement par nos 5 sens. Ces vérités d’éthique, pour ceux qui les croient, constituent donc un autre contre-exemple pour la prémisse 1 ci-dessus.

4- Les vérités d’esthétique.

Le beau et le moche, tout comme le bien et le mal, sont des considérations plausiblement basiques. Leur vérité objective est évidemment une matière de controverse, particulièrement disputée entre les théistes et les athées, mais s’il existe des jugement esthétiques objectifs (ou au moins si certains d’entre eux sont objectifs), alors notre connaissance de leur vérité est aussi proprement basique.

Si ne serait-ce qu’une seule de ces 4 catégories de vérités proprement basiques s’avère être telle, alors la prémisse 1 ci-dessus sera réfutée: il sera prouvé faux qu’un argument ou preuve est nécessaire pour croire rationnellement une proposition.

Mais plus fondamentalement, la deuxième raison de rejeter la prémisse 1 de l’argument ci-dessus est encore plus affligeante, et pour cause: la prémisse 1 se réfute elle même!

Elle annonce qu’il n’est pas raisonnable de croire une proposition sans avoir un argument ou preuve en sa faveur. Mais existe-t-il un argument ou preuve en sa faveur à elle? Pas du tout. Elle énonce un standard épistémologique purement arbitraire, sans justification, et un qui comme expliqué ci-dessus, s’avère être particulièrement mauvais. De ces considérations, il s’ensuit que la prémisse 1, par son propre standard, n’est pas raisonnable. A la bonne heure!

Par conséquent, quelque soit le statut de la prémisse 2, la prémisse 1 ayant été prouvée fausse, l’argument ci-dessus tentant d’établir que le christianisme n’est pas raisonnable, se trouve réfuté.

Alors évidemment, il ne s’ensuit pas que le christianisme est par là prouvé cross_fieldvrai ou raisonnable. La question reste à poser: est-ce que le Christianisme est effectivement proprement basique, de la même manière que les propositions offertes ci-dessus? C’est une affirmation forte d’un bon nombre de philosophes chrétiens, qui affirment qu’il est possible de croire (et d’être justifié rationnellement! en croyant) en Dieu, non pas sur la base d’un argument purement logique, mais sur la base d’une expérience immédiate du Dieu vivant, dont l’Esprit Saint témoigne directement à notre esprit, de la vérité du christianisme: que Dieu existe, qu’il s’est révélé en la personne de Jésus, et que par la foi en lui, nous recevons le pardon gratuit de nos péchés: “Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ” (Romains 5:1) Cette position est tout à fait compatible avec la conviction qu’il y a bel et bien d’excellents arguments convaincants en faveur du christianisme, mais si ces croyances sont également proprement basiques, alors ces arguments ne sont que la cerise sur le gâteau épistémologique d’une croyance bien raisonnable en un Dieu qui se révèle à ceux qui le cherchent. “Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur” (Jérémie 29:13).

 

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Note: pour aller plus loin dans les sujets abordés par cet article, vous pouvez par example consulter le travail de William Lane Craig pour une défense des arguments traditionnels en faveur du christianisme, ainsi que son exposition des types de propositions proprement basiques énoncées ci-dessus; et pour une défense de la croyance en Dieu de manière proprement basique, consultez Alvin Plantinga, et son travail sur la notion de ‘Warrant’, ainsi que sa réfutation du “fondationnalisme classique”

 

Pourquoi étudier la Philosophie?

Pourquoi est-ce qu’on voudrait étudier la philosophie? Il me semble que c’est tout théorique, mais pas en toute pratique.

Je veux éliminer ta peur tout de suite. Mais pour faire ça, il faut faire un peu de philosophie. La philosophie est l’amour de la sagesse. Qu’est-ce que la sagesse? Il y a plusieurs réponses à cette question, ils reviennent tous à la connaissance des causes. Tu vas dire, ça n’a aucun rapport, la sagesse est en rapport avec comment bien vivre sa vie, et, selon les proverbes la sagesse commence avec la crainte (ce qui veut dire, respecte) de Dieu. Tu dirais vrai, mais tu n’irais pas assez loin. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on dit que quelqu’un sait comment vivre? On est en train de dire qu’il sait comment il devrait agir dans chaque circonstance, et ce qu’il devrait poursuivre comme étant bons. Cette connaissance est une connaissance des causes de l’action. C’est à dire, un personne qui sait ce qui est bon, et donc, digne d’être poursuivit, est une personne qui connaît les causes finales de l’action qui devrait être poursuivit par l’être humaine. S’il sait, en plus, comment les atteindre, alors il connaît les causes formelles et matérielles de l’action. Donc, un homme qui est sage en rapport avec l’action morale est un homme sage.

Mais je veux aller plus loin. Qui est l’homme le plus sage: l’homme qui connaît les choses qui sont contingentes (une chose contingente est une chose qui étant, peux ne pas être), ou l’homme qui connaît les choses qui sont nécessaires? Les choses contingentes peuvent arrêter d’exister, mais les choses nécessaires doivent toujours être, et ne cesseraient jamais d’exister. Donc, la connaissance des choses nécessaires est plus certaine, la connaissance des choses contingentes cesse (à parte dans la mémoire) une fois que les choses contingentes cessent d’exister.

Les actions humaines ne sont que des états d’être contingentes, ils passent avec le moment, et la connaissance sur comment agir dans circonstance 1 s’appliquerait pas nécessairement dans circonstance 2, 3, 4, n (‘n’ égal à l’infinité).

Mais quelles sont les choses nécessaires? Il existe’il des choses nécessaires? Il y a deux types (au moins) de nécessité: Nécessité absolue et nécessité relative.

La nécessité absolue s’applique à tout ce qui ne peut pas être autrement. Peu importe la situation, il n’y a rien qui peut le changer. D’habitude quand on parle de la nécessité absolue on parle surtout de Dieu (techniquement je devrais démontrer ceci, mais, je n’ai pas le temps de faire ça ici, et je l’ai déjà fait ici, et ici), et de tout ce qui trouve sa fondation dans l’être (que Dieu est par nature), comme les lois de l’être (principe d’identité, principe de non-contradiction, principe de causalité, etc.), etc.

La nécessité relative s’applique à tout ce qui, relatif aux circonstances, doit arriver (ou être) comme il est. Il pourrait avoir des situations dans lequel une chose qui est relativement nécessaire est autre, mais, étant donné les circonstances, il doit arriver comme ceci. Je me demande si, peut-être les natures de toutes les choses qui existent sont nécessaires de cette façon. C’est-à-dire, est-ce que Dieu aurait pu décider que la nature humaine soit autre; ou qu’il n’y aurait pas de nature humaine? Si oui, alors la nature humaine est nécessaire relativement à ce que Dieu la créée comme ça.

Donc, de ce qu’on vient de voir, la nature humaine, l’étude de l’être, et l’existence de Dieu, entres-autres, sont des choses qui sont nécessaires. L’homme qui les connaît serait l’homme le plus sage, parce que sa connaissance ne pourrait jamais lui être enlevée, et sa connaissance ne pourrait jamais changer, à moins que Dieu lui-même change (ce qui d’après la bonne philosophie thomistico-aristotélicienne n’est pas possible!).

Donc, la sagesse est de connaître Dieu, de connaître les natures des choses qu’il a créées, etc. La philosophie est l’amour de la sagesse, et donc de ces choses. On découvre ces choses principalement à travers les raisonnements humains (l’utilisation de l’intellect que Dieu nous a donné) au sujet de la création de Dieu, en rapport avec la parole de Dieu. Donc, d’étudier la philosophie est une des choses les plus importantes qu’une humaine pourrait faire. En l’étudiant, tu t’approches de Dieu. Non seulement est-ce que la philosophie t’aide à devenir sage en action, mais la philosophie t’aide aussi à mieux connaître Dieu. D’ailleurs, selon la bonne philosophie, et selon la Bible, la connaissance (la bonne doctrine) précède toujours des bonnes actions. Celui qui ne sait pas ce qui est le bon, ne pourrait pas le poursuivre que par accident, mais on n’appellerait pas une personne comme ceci une personne sage, ni morale, ni comme Christ. Pour être une humaine sage, morale, et comme Christ on doit connaître celui qui nous a créée, qui nous soutiens à chaque moment, qui est mort pour nos péchés, et qui nous a aimé.

Bon, alors, la philosophie est importante à étudier, nécessaire, même; mais, est-ce que c’est plus important que la théologie? Non. Ce n’est pas la bonne question. La question est, est-ce qu’on peut faire (étudier) la théologie sans la philosophie? Là la réponse est aussi non. Pourquoi? Est-ce que la Bible définis (une définition distingue un être de toutes autres choses, en démontrant son genre et sa différence propre) ce que c’est une “nature”, une “essence”, un “esprit”, “la matière”, etc.? Non, la Bible s’attend à ce qu’on sache déjà ce que ces termes veulent dire. Comment est-ce qu’on sait qu’est-ce que ces termes veulent dire? On fait la philosophie! Est-ce que ces termes sont importants pour l’étude de la Bible? Oui. Comment? Qu’est-ce que la “nature” du péché? Ou la “nature” de Dieu? Comment est-ce possible que Jésus soit au même temps Dieu et homme? La Bible dit que Dieu est esprit. Est-ce qu’un esprit à l’aire comme un Fantôme? Est-ce qu’un esprit à un intellect, volonté, des émotions? Est-ce qu’on peut faire mal à un esprit? Est-ce qu’un esprit à des bras, mains, yeux? Mais, la Bible dit que Dieu à des yeux, des mains, des bras, qu’il marché avec Adam et Ève dans le jardin. On me dirait que ceci n’est qu’un langage métaphorique ou symbolique. Pourquoi? Parce que Dieu est esprit? Mais qu’est-ce qu’un esprit, et pourquoi est-ce qu’un esprit ne peut pas avoir des bras, des yeux, etc.? Tu vois ce que je veux dire? La Bible ne répond pas à ces questions, mais, pour bien comprendre la Bible, on doit avoir une réponse à ces questions. Les réponses de ces questions sont des réponses qui sont, en partie, proprement philosophiques.

Je n’ai même pas mentionné le fait que pour comprendre la Bible on doit savoir comment utiliser la logique, on doit savoir les principes d’interprétation, on doit connaître les principes de langage. Ce sont toutes des choses qui sont proprement l’étude de la philosophie. La logique est l’étude de la relation des termes dans une affirmation, et la relation des affirmations dans un argument, démontrant ce qui peut être dit, et ce qui ne peut pas être dit. L’utilisation de la logique est nécessaire pour bien communiquer. Les principes d’interprétation sont des règles de l’interprétation d’un texte. Certaines disent qu’on les trouve dans la Bible, mais comment est-ce qu’on les a trouvés dans la Bible si avant de les trouver on ne savait pas comment interpréter la Bible? Vois-tu le problème? Pour pouvoir bien interpréter la Bible, tu dois déjà connaître les principes d’interprétation. Mais si les principes d’interprétation sont dans la Bible, alors comment est-ce qu’on va réussir à les sortir de la Bible quand on doit être capable d’interpréter la Bible pour les sortir? Ce sont toutes des questions philosophiques.

Donc, veux-tu bien comprendre la Bible? Étudie la philosophie!

Mais, je dois donner un avertissement. Étudie la bonne philosophie. Aristote a fait remarquer que si les fondations ne sont pas bonnes, alors toute l’entreprise va échouer. Il y a beaucoup de fausses philosophies, il faut que tu apprendre la vérité, ou, au moins, comment atteindre la vérité. Comment faire ça? Attache-toi à un philosophe chrétien est apprendre de lui. Déménage s’il faut, mais trouve un philosophe chrétien et soumettre toi à lui. Augustine a fait remarquer qu’avant qu’on puisse connaître, on doit premièrement croire. Croire pour comprendre, c’est une phrase célèbre d’Augustine. Le point? Pour apprendre, tu dois te soumettre à celui qui sait. Tu veux savoir comment conduire une voiture? Tu te fais enseigner par quelqu’un qui sait. Tu veux savoir comment réparer cette voiture? Tu t’en va voir un garagiste, et tu lui demandes de te démontrer. Malgré ce que notre société (et souvent, même, nos églises) aimerait nous faire croire, on doit être enseigné pour savoir comment bien penser. Donc, trouve quelqu’un qui sait, et soumettre toi. Éventuellement, tu vas être capable non seulement de le dépassé, mais, en plus, de l’aider à avancer! Croire pour comprendre.

Aussi publier sur ma blogue: http://philosopherdhaines.blogspot.ca/2013/12/pourquoi-etudier-la-philosophie.html

La logique et (est?) Dieu

Il y a une idée qui circule dans la pensée commune aujourd’hui : qu’il n’y a aucun lien entre Dieu et la logique! Certaines, qui ne croient pas que Dieu existe, semblent attaquer l’existence de Dieu avec l’idée que si Dieu n’est pas capable de contourner ou briser les lois de la logique, alors il n’est pas Dieu. (C’est l’assomption qui est en arrière de la question, “Est-ce que Dieu peut créer une roche qui est tellement grande qu’il ne pourrait pas l’élever?”) Il y a certaines, de l’autre côté, qui croient que Dieu existe et qui pensent que Dieu n’est pas “obligé” de “respecter” les lois de la logique. On nous dit que Dieu n’est pas restreint par les lois de la logique. La question que nous allons aborder dans cette article est la question de la relation entre Dieu et la logique. Pour aborder cette question il faut premièrement comprendre qu’est-ce que la logique, et qu’est-ce que la fondation de la logique. Nous allons être capable, en suite, de répondre à la question, qu’est-ce que la relation entre Dieu et la logique.

La logique pourrait être décrite comme la science de la réflexion. C’est l’étude de ce qui constitue un bon ou un mauvais raison, et les erreurs de la réflexion. Les principes de la logique nous aident à ordonner nos pensées, et d’être cohérente dans nos affirmations et arguments. Les règles de la logique ont un rapport avec les concepts et la relation entre les concepts. Il y a plusieurs types de relations qui puissent obtenir entre les concepts, et ces relations dépendent de l’affirmation en question. Certaines propositions affirment un terme d’un autre, par exemple, “Les chats ont quatre jambes.” Dans une relation de ce type, possession d’un attribut, le “ont” est utilisé pour dire que l’attribut “avoir quatre jambes” obtient chez les chats. (Les conjugaisons du mot avoir, en français, sont souvent utiliser pour attribuer une propriété à un sujet. On pourrait changer la phrase ci-haut pour dire « les chats sont doué de quatre jambes. ») D’autres propositions affirment une relation de causalité, connexion, ou exclusion (par exemple, si x, alors y. x et y. x ou y.) La logique nous explique comment ces types de propositions peuvent être affirmé, et comment nous pourrions les mettre en relation, mais, la logique ne nous informe pas de la vérité des affirmations. Si la logique nous informe que deux termes ne peuvent pas être mis en relation, alors ce n’est pas possible qu’ils nous conduisent à la vérité. C’est à dire, si la relation de deux termes, ou de deux propositions est illogique, alors l’affirmation qu’ils ont une telle relation ne dit pas la vérité. De l’autre côté, il y a plusieurs types de propositions qui ne peuvent pas être analysées par la logique, comme les questions (« Qu’est-ce que tu fais demain? »), comme des déclarations d’émotions (“Je suis contente.” ou “Je suis triste.”), des ordonnances (“Va dans ta chambre!” “Lire ton livre!” ou “Donne ta vie au Seigneur.”), ou des déclarations de préférence (“Je suis partiel à la pizza toute garnie.” ou “J’aime ce chandail.”). Quoi que la logique ne peut pas analyser ces déclarations, comme telles, la logique peut nous dire que, “Si tu es heureux, alors c’est tu n’es pas malheureux dans la même façon.” C’est-à-dire, c’est une contradiction d’affirmer, pour les mêmes raisons, et dans le même sens, “je suis et je ne suis pas contente”, “Va dans ta chambre, et ne va pas dans ta chambre”, et “J’aime, et je n’aime pas, la pizza toute garnie.” Pourquoi? Il y a trois lois principales de la logique, qui sont les fondements de la science de la logique, de toute interaction dialectique et de toute communication, et qui nous donnent la base par lequel on est capable de juger chaque proposition et argument. La loi de la non-contradiction, quand c’est appliquer à une proposition, nous explique qu’on ne peut pas affirmer A et non-A dans le même sens. Par exemple, c’est une contradiction d’affirmer que “Dieu est”, et, avec le même sens de “est”, que “Dieu n’est pas”. La deuxième loi de la logique est ce qu’on appelle la loi d’identité, et, appliquer à des propositions, elle nous démontre que l’affirmation A est l’affirmation A. La troisième loi de la logique est la loi de l’exclusion de l’intermédiaire, c’est-à-dire, soit A ou non-A, il n’y a pas d’autre possibilité. Ces trois lois donnent la fondation pour tout le reste des principes de la logique. Nous pourrions ajouter une quatrième loi, la loi de la causalité, c’est-à-dire, l’effet n’est pas plus, en nature, que sa cause. (On peut dire ce loi de plusieurs façons, Peter Kreeft l’explique comme ceci, « tout ce qui agit ou qui change a un raison ou cause qui explique pourquoi il agit ou change. »[1] W. Norris Clarke l’exprime comme ceci, « Chaque être qui n’a pas, en lui-même, la raison suffisant pour son propre existence doit avoir un cause efficient adéquate. »[2] Toutes les règles de la logique découlent de ces quatre principes. Sauve que, même si on sait que la logique est basée sur ces quatre lois, nous avons un autre problème. Les règles de la logique trouvent leur fondation dans les lois fondamentales de la logique, mais d’où viennent ces lois?

Le problème qu’on doit aborder, est, est-ce que la logique est descriptive de nos pensées, ou est-ce que c’est normatif? C’est-à-dire, la logique n’est-il qu’une description de comment nous pensons, comme les lois de la nature qui ne sont que des descriptions de ce qui se passe, mais qui, même en tant que “loi”, ne sont que basé sur induction à partir de nos observations de ce monde, ou, est-ce que la logique nous démontre comment penser, comme la conception commune des lois morales, qui ne sont pas des descriptions de ce qu’on fait, mais des lois qui nous indique ce qu’on doit faire? La première option, que la logique n’est que la description de comment nous pensons, nous laisse avec une logique qui pourrait changer si notre façon de penser change. De plus, si la logique n’est qu’une description de comment nous pensons, alors Dieu n’a aucun rapport avec la logique, et nous ne pourrions pas appliquer des descriptions de comment l’être humain pense à Dieu, ni pour le limiter, ni pour dire comment il est. Donc, si la première option est le cas, alors ça pourrait arriver que pour une personne Dieu existe, mais que pour une autre personne il n’existe pas. Ou, que la chaise sur laquelle je suis assis existe, pour moi, mais qu’elle n’existe pas pour toi. Mais, même si la deuxième option est vraie, nous avons toujours la question, qu’est-ce que le fondement de la logique?

Les lois fondamentales de la logique ont souvent étaient nommé des lois de la pensée, mais, pour être plus exacte ça serait mieux de les nommer les lois de l’être.[3] Les lois fondamentales de la logique sont des lois qui se basent sur l’être en tant qu’être. La raison pour laquelle ils s’appliquent à nos pensées est que nos pensées sont de l’être. La première chose qui se présente à l’intellect est un être, une chose qui existe. Après avoir reconnu l’existence de quelque chose on se demande, et on cherche à savoir, ce que c’est (sa nature ou essence). Les lois fondamentales de la logique ne sont pas normatives pour l’être, ils sont intrinsèques à l’être, mais ils sont normatifs pour nos pensées, parce que nos pensées sont toujours jugées par ce qui est – par l’être. Par exemple, c’est vrai, absolument, qu’un être est, où qu’il n’est pas, mais pas les deux en même temps et dans le même sens – la loi de la non-contradiction. Ceci n’est pas un concept dans nos pensées, c’est une loi d’être, et il n’y a aucune façon de le contredire sans démontrer que c’est vrai. Ceci est aussi vrai des autres lois que nous avons mentionnées ci-haut. Une chose est ce qu’il est – la loi d’identité. Une chose est, où il n’est pas, il n’y a pas des gradations d’existence. C’est normal de dire qu’une chaise est plus ou moins rouge, ou qu’une personne est plus ou moins grande, mais on reconnait tous l’incohérence dans l’affirmation que la chaise est plus ou moins. Sois que la chaise est, ou il n’est pas, il n’y a pas d’entre-deux – la loi de l’exclusion de l’intermédiaire. Finalement, chaque effet est causé par quelque chose, qu’on observe la cause ou non. Si cette dernière est fausse, alors on verrait des choses qui surgissent en existence sans raison, et la science ne serait pas possible. Poof, un lion vient d’apparaitre à côté de toi. Poof, un bâtiment vient de remplacer, sans cause, la forêt qui était la voilà deux seconds. On reconnait tous que des choses qui existent reçoivent leur existence d’un autre. Donc, ces lois trouvent leurs fondations dans l’être.

Si Dieu existe (pour cette réflexion je vais assumer que Dieu existe),[4] alors Dieu n’est pas seulement un être parmi tant d’autres, seulement meilleurs et plus puissant, au contraire, Dieu est, par nature. C’est-à-dire, l’essence de Dieu est acte – existence pure. Si Dieu est acte pur – existence – alors les lois de la logique trouvent leur fondation en Dieu lui-même. Donc, si on revient aux questions de départ, est-ce que Dieu peut faire ce qui est illogique? Si ce que nous avons vu ci-haut est vrai, alors la réponse est non (un miracle n’est pas illogique, seulement inexplicable, il y a une grande différence).[5] De dire que Dieu pourrait faire quelque chose d’illogique serait de dire que Dieu peut agir contre sa propre nature. Ça serait l’équivalent de l’affirmation, “Dieu peut mentir”, “Dieu peut mourir”, ou “Dieu peut commettre l’adultère”. Tout comme Dieu ne peut pas changer ni mentir, Dieu ne peut pas faire quelque chose d’illogique. « Des miracles pourraient arriver; les lois fondamentales de l’univers pourraient être mises de côté par le créateur de l’univers; mais même le créateur ne peut pas violer les lois de la logique. Si Dieu existe, les lois de la logique sont des lois de la nature divine. Même Dieu n’est pas capable d’exister et de ne pas exister en même temps. »[6]

 


[1]Peter Kreeft, Socratic Logic, ed. Trent Dougherty, 3.1 ed. (South Bend, IN: St. Augustine’s Press, 2010), 221.

[2]W. Norris Clarke, The One and the Many : A Contemporary Thomistic Metaphysics (2001; repr., Notre Dame : University of Notre Dame Press, 2007), 180.

 [3]Cf. Kreeft, SL, 359.

[4]Peter Kreeft note que, « Ce n’est pas claire sur quelle réalité ces lois se dépendent si Dieu n’existe pas; mais, le fait demeure qu’ils sont des vérités éternelles, nécessaires, et inchangeables. Si Dieu existe, ces lois décrivent la nature de Dieu. (Kreeft, SL, 190.) »

[5]Cf. Kreeft, SL, 190.

 [6]Kreeft, SL, 195.