Trois étapes pour des évidences en faveur du théisme : Revue de Dallas Willard

Revue de Dallas Willard: Language, Being, God, and the three stages of
theistic evidence
[1]

Dieu existe-t-il? Pourquoi écrire une revue d’un chapitre de livre sur l’existence de Dieu? Est-ce parce que je suis un intellectuel renfermé dans un bureau et coupé du reste du monde? À qui s’adresse cette revue? En fait, la réponse à ces questions est assez simple. C’est parce que c’est pertinent pour vous! Peut-être que vous ne la trouvez pas intéressante ou pertinente, mais il faut néanmoins admettre que votre réponse à cette question déterminera comment vous allez interpréter le monde et comment vous allez agir dans le monde. Il vaut la peine de confronté ou de réfléchir sur nos convictions, et c’est mon désir dans ce compte rendu.

L’article de Willard est une réponse au professeur athée Nielsen qui accusait Dallas Willard d’avoir une croyance « irrationnel » en Dieu. Bien que la discussion à ce propos soit intéressante, elle n’est qu’une partie de l’article, et ce n’est pas l’intérêt principal de cette revue. Quand même, il faut mentionner que ce contexte servira à offrir une argumentation en trois étapes pour valider le théisme [2]. Et c’est ici l’objectif de cette revue, à savoir, exposer les trois étapes de son argument en faveur du théisme.

  • Remarques sur l’argumentation :

Pour construire son raisonnement il fait deux remarques importantes :

1)      Ce ne sont pas trois arguments ou moyens, dont chacun nous mène à un même point logique. Chaque phase de l’argumentation n’est pas une fin en soi, mais ils ont une force collective. Ce qui est soutenu dans chaque phase ne détermine pas la suite des autres étapes de l’argumentation. Par exemple, lors de la première étape il est montré qu’il pourrait y avoir quelque chose que l’on nomme Dieu, dans un sens conventionnel.

2)      Il est difficile de discuter de ces questions sans tomber dans des enchevêtrements de questions qui n’ont rien à voir avec le sujet. C’est pourquoi il veut se limiter à l’examen de preuves et de démonstrations.

À cet effet, il souligne ce qu’il entend par démonstration :

« Par démonstration, je veux dire une structure logique de propositions où les prémisses sont vraies et impliquent logiquement (ou entraînent) la conclusion lorsqu’ils sont pris ensemble. » [3]

A)     Étapes Un : Argument concernant la nature et l’existence de la réalité physique [4]

« Il est vrai qu’il existe un monde physique et nous savons que cela est vrai ». En plus, « il y a certaines choses sur son caractère général que nous connaissons pour vrai. » L’un de ces caractères est le suivant : toute réalité physique doit son être à autre chose que lui-même. « Peu importe comment on divise en parties la réalité physique, le résultat sera un état qui doit son existence à quelque chose autre qu’elle-même. » [5] Que ce soit par l’expérience personnelle ou encore en science, malgré la complexité de la question, nous savons que cela est vrai.

« […] que chaque état ​​physique, quel que soit inclusive, a une condition nécessaire à un certain type spécifique d’état qui le précède immédiatement dans le temps et est entièrement existant avant l’apparition de l’état qui le conditionne. » [6]

Qu’est-ce que cela signifie? Prenons une pomme dans mon panier sur ma table. Nous savons qu’elle n’est pas apparue d’elle-même. Nous savons que ce que ça prend pour qu’elle puisse être dans ce panier, c’est un arbre en santé qui produit des pommes. Ajouter à cela, toutes les conditions nécessaires qui doivent préexister avant même l’apparition de la pomme. Elles doivent toutes être complétées dans le temps avant son apparition afin qu’elle puisse croitre dans l’arbre. La pomme n’explique pas sa propre existence, elle est dépendante de certaines conditions qui doivent être complété dans le temps pour produire l’entité que nous sommes en train de discuter présentement [7]. Nous pouvons remonter à l’arbre et à une série de processus qui amène la pomme à exister.

Cette compréhension générale de la dépendance de l’état physique est quelque chose de bien connu. Aristote le nommait « cause ». Toutes les conditions nécessaires à un certain « état » doivent être entièrement existantes avant l’apparition de l’événement ou de l’état d’une quantité physique, ou d’une réalité physique. La série de cause est terminée par un événement ou un état donné. Cet ensemble achevé de causes est très structuré dans le temps et doit être fini.

« Ainsi, aucun état physique est temporellement ou ontologiquement avant lui-même […] Le plus important pour les intérêts présents, puisque la série de causes pour un état donné est terminée, non seulement il présente une structure rigoureuse, comme indiqué, mais que la structure dispose également d’un premier mandat. Autrement dit, il est au moins une «cause», un état d’être, qui ne tire pas son existence de quelque chose d’autre. Il est auto-existant.».

Ainsi, la réalité physique concrète implique un être radicalement différent de lui-même : un être qui, contrairement à un état physique quelconque, est auto-existant. Autrement dit, on ne peut pas remonter à un infini de cause ou de série d’événement.

Pour illustrer, imaginons une ligne de dominos. S’il y a un nombre infini de dominos qui doit tomber avant de frapper un domino x, il ne sera jamais frappé. C’est pourquoi, la réalité physique concrète implique un être (cause) radicalement différent(e) de lui-même, qui lui est auto-existant et non physique. À moins d’être prêt (comme Spinoza) à traiter l’univers lui-même comme ayant un type d’être essentiellement différent, on doit concéder ce point.

Il est fréquent d’entendre, en réponse à cet argument, l’affirmation selon laquelle il ne peut tout simplement pas être un être existant en soi. Mais il faut souligner aussi qu’il est très rare d’entendre une très bonne raison de cette affirmation. C’est une conséquence logiquement nécessaire qu’il y est quelque chose dont l’existence ne découle pas d’une autre chose. À la question de l’enfant  « D’où vient Dieu? La réponse c’est qu’il ne vient pas de rien, car il n’est pas venu du tout. » Dallas Willard a raison de souligner que « l’on aura de la difficulté avec cette réponse que si nous avons déjà assimilé « existence » à l’existence physique. » [8]

Aucune réalité physique n’existe par elle-même et aussi aucune quantité de  temps ne peut consumer une série infinie de cause pour vous mener à l’état présent. Ce qui signifie qu’en quelque part, tout cela s’explique par une cause auto-existante qui n’est pas matériel (physique). Parce que toute quantité physique ou réalité physique ne s’explique pas par elle-même. C.S. Lewis explique cela dans son livre God in the Dock:

« Un œuf qui n’est pas venu d’un  oiseau n’est pas plus « naturel » qu’un oiseau qui a existé éternellement. »[9] [10]

Aujourd’hui, c’est une tendance à traiter la théorie du « Big Bang » comme un état apparu sans cause. En un mot, il tire son origine « à partir de rien ». Ce qui lui confère une originalité, car c’est un « bang » très différent de tous les autres. Comment le traite-t-on ce « Big Bang »? Souvent de façon mystique, soit celui de jouer le rôle de Dieu, ce qui à première vue est attrayant. Mais il semble manquer quelque chose, car une chose ne peut pas sortir de rien par elle-même. Comme le fait remarquer Dallas Willard en ajout à C.S. Lewis :

« Et nous devons au moins préciser qu’un être auto-subsistant éternellement n’est pas plus improbable qu’un événement auto-subsistant émergent sans cause. » [11]

B)      Étapes deux : Argument téléologique (dessein)

Bien que je ne partage pas toutes les vues de Willard, il est nécessaire de souligner quand même quelques points importants de cette deuxième étape.

Premièrement, de façon générale, l’argument téléologique veut montrer que l’ordre dans l’univers est le produit d’un dessein, ce qui implique un principe intelligent et ordonnateur. Autrement dit, d’un créateur. Dallas Willard a raison de souligner que les débats entourant l’argument du dessein crée souvent de la confusion de part et d’autre, ainsi que des discussions qui souvent sont en dehors du propos.

Deuxièmement, il a aussi raison de soulever la réflexion concernant la théorie de l’évolution qui ne peut être une théorie ultime de l’existence et de l’ordre. [12] L’évolution n’est pas une explication ultime de l’origine. Elle n’explique pas le « Big Bang ». Est-ce que le Big Bang a évolué. Qu’est-ce qui a causé le Big Bang? Il est important de noter ceci : C’est l’argument vers le dessein et non à partir du dessein. La distinction est importante.

Après avoir discuté sur ces propos, Willard résume la deuxième étape de son argument :

« Nous avons établi que tout ordre est évolué [13] et par rapport à nos données, il y a la probabilité de zéro que cette ordre soit sorti du chaos ou de rien pour venir dans le monde physique. En outre, nous avons l’expérience de l’ordre émergeant de l’esprit (notre esprit) dans le monde physique. » [14]

Quel est l’effet de tout cela? Ce n’est pas une démonstration de l’existence de Dieu dans le sens complet du théisme, mais tout comme la première étape, l’existence de Dieu est devenue beaucoup plus importante. Il développe l’idée selon laquelle nous voyons par l’expérience que l’intelligence peut produire de la complexité, ou de l’ordre et que la cause ou les causes de l’ordre dans l’univers supporte probablement une lointaine analogie à l’intelligence humaine [15].

Dallas Willard ne développe pas de façon exhaustive l’argument téléologique qu’il laisse à un J.P. Moreland dans un autre chapitre du livre paru à l’origine. À mon sens, il y a d’autres formulations de l’argument téléologique de l’existence de Dieu qui ont plus de force, mais l’idée centrale à retenir, c’est justement que la complexité n’est pas le fruit d’une évolution strictement physique et que la complexité, ainsi que l’ordre dans l’univers peut s’expliquer par l’existence d’une entité intelligente, ainsi qu’elle n’apparait pas à partir de rien. Dans la mesure où ne comprenons que rien ne produit rien, il y a la possibilité qu’un être intelligent en dehors de la matière l’ait fait, tout comme les humains qui produisent par leur volonté des choses complexes.

C)      Étapes trois : Argument tiré du cours des événements humains : historiques, sociales et individuelles

Suite aux deux étapes de l’argumentation qui précède, nous devons donc placer et interpréter la vie humaine dans un cadre « extranaturel » (étape 1) et d’un « intellectualisme » plausible (étape 2).

Quand nous regardons l’histoire du monde, nous pouvons poser la question suivante : Comment expliquer plusieurs faits dans l’histoire? Il y a des choses qui se sont produites dans l’histoire qui sont inexplicable en terme strictement naturaliste, à moins bien sûr d’avoir adopté une incrédulité systématique en matière de religion, voir même d’histoire.

Ce que nous savons c’est « que les esprits humains créent, de façon standard, pour un but et qu’ils conservent un intérêt actif dans la chose créé; ils se sentent intimement investi dans ce qu’ils créent et cela d’autant plus l’originalité ou la « créativité » est impliquée. » [16] Autrement dit, comme dirait un de mes amis : « je n’achète pas un chien pour le mettre au fond du terrain pour ne jamais avoir de relation avec lui. » Et si on élargie l’analogie à Dieu, il faut considérer la possibilité qu’il entretienne une certaine relation avec sa création. Cela est rendu probable à cause des deux premiers arguments, mais aussi une fois que l’on place l’humain dans un contexte qui n’est pas exclusivement matérialiste.

Plus important que des spéculations dans le troisième argument, c’est l’examen du cours réel de l’histoire et le contenu de l’expérience humaine, observé le plus honnêtement et complètement possible. Avant d’être accusé de religieux superstitieux, considérer les paroles de Willard :

« Mais nous devons aussi être approfondies, et nous avons le droit d’exiger la même chose de nos co-chercheurs athées et d’ignorer leurs griefs s’ils refusent. La foi ne se limite pas aux personnes religieuses, ni le préjudice aveugle et le dogmatisme. L’athée qui ne prend pas la peine de se pencher sérieusement sur les faits allégués pour des histoires religieuses et de l’expérience religieuse est le frère jumeau de l’ecclésiastique qui a refusé de regarder à travers la lunette de Galilée, car il savait déjà ce qui était et ne devait pas être vu. »

Enfin, pour ce troisième argument nous sommes invités à regarder Jésus, sa vie, sa mort et sa résurrection, mais à la lumière du contexte des deux premiers arguments. D’ailleurs, Jésus nous appelais à faire de même : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jean 14.2), il en va de sa véritable nature et de son identité. Nous sommes donc invités à considérer les évidences concernant la personne de Jésus et de s’approprier les critères rationnels pour prendre une décision.

De quelle façon pouvons-nous faire une enquête sur Jésus de façon crédible? La réponse de Willard : « Par une inférence en termes de « meilleure explication », mais « meilleure » dans la pleine lumière des résultats des étapes un et deux. » [17]

Bien que ce travail soit une tentative d’aider le chercheur à être ouvert à ce qu’il peut découvrir, sans adhérer aveuglément à un rejet de tout ce que nous pourrions nommer de « religieux », Willard n’explique pas tout dans ces paragraphes touchant le sujet de Jésus, mais suggère néanmoins le rôle que Dieu peut avoir exercé dans l’histoire, surtout à partir de la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

  • Remarques finales :

Bien que Dallas Willard ne traite pas exhaustivement de chacun de ces trois sujets, il invite à considérer les limites de son travail. [18] Nous devrions en faire autant et rester ouvert aux opportunités qu’elle nous offre, par exemple, de considérer la possibilité réelle que nous ayons été créé et que l’humain se trouve dans le contexte de cette création.

Deuxième possibilité qu’elle nous offre, c’est de considérer que tout comme l’humain, il se peut que Dieu s’intéresse à sa création et cela nous pouvons le voir dans l’histoire.

Enfin, retenons la structure des trois arguments à l’intérieur desquels nous pouvons travailler à présenter la cohérence du théisme d’une manière logique. À cet effet, terminons par sa remarque de conclusion :

« J’ai tenté dans ces pages de clarifier certains points au sujet de la structure dans laquelle des preuves du théisme doivent être organisés, si nous voulons les apprécié correctement. » [19]

 


[1] Willard, Dallas, Language, Being, God, and the three stages of theistic evidence, in Does God exist, edd. Moreland and nielson, 1993. Le document original: Willard Dallas, in Moreland J.P., and Nielsen, Does God exist? Les citations ainsi que les pages cités sont tirés de la version disponible sur son site internet à l’adresse suivante, version imprimable : http://www.dwillard.org/articles/artview.asp?artID=42 Visité  pour la dernière fois le 20 mai 2014.

[2] Enseignement qui admet l’existence d’un Dieu unique et personnel comme cause du monde.

[3] Ibid. p.3

[4] Ou encore de « quantité physique ».

[5] Willard, p.3

[6]

[7] Image tiré de Ravi Zacharias : https://www.youtube.com/watch?v=VTVOufIzyPY, visualisé le 12 juin 2014.

[8] Willard, p.4

[9] Willard, p.4

[10] Voici la citation complète : « Un œuf qui n’est pas venu d’un  oiseau n’est pas plus « naturel » qu’un oiseau qui a existé éternellement. Puisque la séquence œuf-oiseau-œuf ne conduit à aucun commencement plausible, n’est-il pas raisonnable de chercher sa véritable origine à l’extérieur de la séquence? Vous devez regarder ailleurs que parmi les machines pour trouver l’origine de la fusée; vous devez plutôt regardez chez les hommes. N’est-il pas raisonnable de regarder à l’extérieur de la nature pour trouver la véritable origine de l’ordre naturel? » Lewis C.S. God in the Dock : Essays on theology and ethics (Grand Rapids) Eerdmans Publishing, 2001, p.211). La citation française est tirée de Cahill Mark, Destination Finale : Votre pèlerinage vers l’éternité (Québec) Aujourd’hui l’espoir, 2011, p.22.

[11] Willard, p.4

[12] « Toute sorte d’évolution  de l’ordre, de quelque nature qu’elle soit, présuppose toujours un ordre préexistant et aussi des entités préexistantes gouverner par celle-ci. »Willard, p.6

[13] Nous pouvons aussi comprendre « complexe ». Tout ce qui est ordonné est complexe.

[14] Willard, p.7

[15] Citation de David Hume apporté avec nuance par Willard. Je ne l’ai pas traduit littéralement, je rapporte l’idée centrale.

[16] Willard, p.7

[17] Willard, p.8

[18] Willard, p.9

[19] Willard, p.9

Pourquoi étudier la Philosophie?

Pourquoi est-ce qu’on voudrait étudier la philosophie? Il me semble que c’est tout théorique, mais pas en toute pratique.

Je veux éliminer ta peur tout de suite. Mais pour faire ça, il faut faire un peu de philosophie. La philosophie est l’amour de la sagesse. Qu’est-ce que la sagesse? Il y a plusieurs réponses à cette question, ils reviennent tous à la connaissance des causes. Tu vas dire, ça n’a aucun rapport, la sagesse est en rapport avec comment bien vivre sa vie, et, selon les proverbes la sagesse commence avec la crainte (ce qui veut dire, respecte) de Dieu. Tu dirais vrai, mais tu n’irais pas assez loin. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on dit que quelqu’un sait comment vivre? On est en train de dire qu’il sait comment il devrait agir dans chaque circonstance, et ce qu’il devrait poursuivre comme étant bons. Cette connaissance est une connaissance des causes de l’action. C’est à dire, un personne qui sait ce qui est bon, et donc, digne d’être poursuivit, est une personne qui connaît les causes finales de l’action qui devrait être poursuivit par l’être humaine. S’il sait, en plus, comment les atteindre, alors il connaît les causes formelles et matérielles de l’action. Donc, un homme qui est sage en rapport avec l’action morale est un homme sage.

Mais je veux aller plus loin. Qui est l’homme le plus sage: l’homme qui connaît les choses qui sont contingentes (une chose contingente est une chose qui étant, peux ne pas être), ou l’homme qui connaît les choses qui sont nécessaires? Les choses contingentes peuvent arrêter d’exister, mais les choses nécessaires doivent toujours être, et ne cesseraient jamais d’exister. Donc, la connaissance des choses nécessaires est plus certaine, la connaissance des choses contingentes cesse (à parte dans la mémoire) une fois que les choses contingentes cessent d’exister.

Les actions humaines ne sont que des états d’être contingentes, ils passent avec le moment, et la connaissance sur comment agir dans circonstance 1 s’appliquerait pas nécessairement dans circonstance 2, 3, 4, n (‘n’ égal à l’infinité).

Mais quelles sont les choses nécessaires? Il existe’il des choses nécessaires? Il y a deux types (au moins) de nécessité: Nécessité absolue et nécessité relative.

La nécessité absolue s’applique à tout ce qui ne peut pas être autrement. Peu importe la situation, il n’y a rien qui peut le changer. D’habitude quand on parle de la nécessité absolue on parle surtout de Dieu (techniquement je devrais démontrer ceci, mais, je n’ai pas le temps de faire ça ici, et je l’ai déjà fait ici, et ici), et de tout ce qui trouve sa fondation dans l’être (que Dieu est par nature), comme les lois de l’être (principe d’identité, principe de non-contradiction, principe de causalité, etc.), etc.

La nécessité relative s’applique à tout ce qui, relatif aux circonstances, doit arriver (ou être) comme il est. Il pourrait avoir des situations dans lequel une chose qui est relativement nécessaire est autre, mais, étant donné les circonstances, il doit arriver comme ceci. Je me demande si, peut-être les natures de toutes les choses qui existent sont nécessaires de cette façon. C’est-à-dire, est-ce que Dieu aurait pu décider que la nature humaine soit autre; ou qu’il n’y aurait pas de nature humaine? Si oui, alors la nature humaine est nécessaire relativement à ce que Dieu la créée comme ça.

Donc, de ce qu’on vient de voir, la nature humaine, l’étude de l’être, et l’existence de Dieu, entres-autres, sont des choses qui sont nécessaires. L’homme qui les connaît serait l’homme le plus sage, parce que sa connaissance ne pourrait jamais lui être enlevée, et sa connaissance ne pourrait jamais changer, à moins que Dieu lui-même change (ce qui d’après la bonne philosophie thomistico-aristotélicienne n’est pas possible!).

Donc, la sagesse est de connaître Dieu, de connaître les natures des choses qu’il a créées, etc. La philosophie est l’amour de la sagesse, et donc de ces choses. On découvre ces choses principalement à travers les raisonnements humains (l’utilisation de l’intellect que Dieu nous a donné) au sujet de la création de Dieu, en rapport avec la parole de Dieu. Donc, d’étudier la philosophie est une des choses les plus importantes qu’une humaine pourrait faire. En l’étudiant, tu t’approches de Dieu. Non seulement est-ce que la philosophie t’aide à devenir sage en action, mais la philosophie t’aide aussi à mieux connaître Dieu. D’ailleurs, selon la bonne philosophie, et selon la Bible, la connaissance (la bonne doctrine) précède toujours des bonnes actions. Celui qui ne sait pas ce qui est le bon, ne pourrait pas le poursuivre que par accident, mais on n’appellerait pas une personne comme ceci une personne sage, ni morale, ni comme Christ. Pour être une humaine sage, morale, et comme Christ on doit connaître celui qui nous a créée, qui nous soutiens à chaque moment, qui est mort pour nos péchés, et qui nous a aimé.

Bon, alors, la philosophie est importante à étudier, nécessaire, même; mais, est-ce que c’est plus important que la théologie? Non. Ce n’est pas la bonne question. La question est, est-ce qu’on peut faire (étudier) la théologie sans la philosophie? Là la réponse est aussi non. Pourquoi? Est-ce que la Bible définis (une définition distingue un être de toutes autres choses, en démontrant son genre et sa différence propre) ce que c’est une “nature”, une “essence”, un “esprit”, “la matière”, etc.? Non, la Bible s’attend à ce qu’on sache déjà ce que ces termes veulent dire. Comment est-ce qu’on sait qu’est-ce que ces termes veulent dire? On fait la philosophie! Est-ce que ces termes sont importants pour l’étude de la Bible? Oui. Comment? Qu’est-ce que la “nature” du péché? Ou la “nature” de Dieu? Comment est-ce possible que Jésus soit au même temps Dieu et homme? La Bible dit que Dieu est esprit. Est-ce qu’un esprit à l’aire comme un Fantôme? Est-ce qu’un esprit à un intellect, volonté, des émotions? Est-ce qu’on peut faire mal à un esprit? Est-ce qu’un esprit à des bras, mains, yeux? Mais, la Bible dit que Dieu à des yeux, des mains, des bras, qu’il marché avec Adam et Ève dans le jardin. On me dirait que ceci n’est qu’un langage métaphorique ou symbolique. Pourquoi? Parce que Dieu est esprit? Mais qu’est-ce qu’un esprit, et pourquoi est-ce qu’un esprit ne peut pas avoir des bras, des yeux, etc.? Tu vois ce que je veux dire? La Bible ne répond pas à ces questions, mais, pour bien comprendre la Bible, on doit avoir une réponse à ces questions. Les réponses de ces questions sont des réponses qui sont, en partie, proprement philosophiques.

Je n’ai même pas mentionné le fait que pour comprendre la Bible on doit savoir comment utiliser la logique, on doit savoir les principes d’interprétation, on doit connaître les principes de langage. Ce sont toutes des choses qui sont proprement l’étude de la philosophie. La logique est l’étude de la relation des termes dans une affirmation, et la relation des affirmations dans un argument, démontrant ce qui peut être dit, et ce qui ne peut pas être dit. L’utilisation de la logique est nécessaire pour bien communiquer. Les principes d’interprétation sont des règles de l’interprétation d’un texte. Certaines disent qu’on les trouve dans la Bible, mais comment est-ce qu’on les a trouvés dans la Bible si avant de les trouver on ne savait pas comment interpréter la Bible? Vois-tu le problème? Pour pouvoir bien interpréter la Bible, tu dois déjà connaître les principes d’interprétation. Mais si les principes d’interprétation sont dans la Bible, alors comment est-ce qu’on va réussir à les sortir de la Bible quand on doit être capable d’interpréter la Bible pour les sortir? Ce sont toutes des questions philosophiques.

Donc, veux-tu bien comprendre la Bible? Étudie la philosophie!

Mais, je dois donner un avertissement. Étudie la bonne philosophie. Aristote a fait remarquer que si les fondations ne sont pas bonnes, alors toute l’entreprise va échouer. Il y a beaucoup de fausses philosophies, il faut que tu apprendre la vérité, ou, au moins, comment atteindre la vérité. Comment faire ça? Attache-toi à un philosophe chrétien est apprendre de lui. Déménage s’il faut, mais trouve un philosophe chrétien et soumettre toi à lui. Augustine a fait remarquer qu’avant qu’on puisse connaître, on doit premièrement croire. Croire pour comprendre, c’est une phrase célèbre d’Augustine. Le point? Pour apprendre, tu dois te soumettre à celui qui sait. Tu veux savoir comment conduire une voiture? Tu te fais enseigner par quelqu’un qui sait. Tu veux savoir comment réparer cette voiture? Tu t’en va voir un garagiste, et tu lui demandes de te démontrer. Malgré ce que notre société (et souvent, même, nos églises) aimerait nous faire croire, on doit être enseigné pour savoir comment bien penser. Donc, trouve quelqu’un qui sait, et soumettre toi. Éventuellement, tu vas être capable non seulement de le dépassé, mais, en plus, de l’aider à avancer! Croire pour comprendre.

Aussi publier sur ma blogue: http://philosopherdhaines.blogspot.ca/2013/12/pourquoi-etudier-la-philosophie.html

La logique et (est?) Dieu

Il y a une idée qui circule dans la pensée commune aujourd’hui : qu’il n’y a aucun lien entre Dieu et la logique! Certaines, qui ne croient pas que Dieu existe, semblent attaquer l’existence de Dieu avec l’idée que si Dieu n’est pas capable de contourner ou briser les lois de la logique, alors il n’est pas Dieu. (C’est l’assomption qui est en arrière de la question, “Est-ce que Dieu peut créer une roche qui est tellement grande qu’il ne pourrait pas l’élever?”) Il y a certaines, de l’autre côté, qui croient que Dieu existe et qui pensent que Dieu n’est pas “obligé” de “respecter” les lois de la logique. On nous dit que Dieu n’est pas restreint par les lois de la logique. La question que nous allons aborder dans cette article est la question de la relation entre Dieu et la logique. Pour aborder cette question il faut premièrement comprendre qu’est-ce que la logique, et qu’est-ce que la fondation de la logique. Nous allons être capable, en suite, de répondre à la question, qu’est-ce que la relation entre Dieu et la logique.

La logique pourrait être décrite comme la science de la réflexion. C’est l’étude de ce qui constitue un bon ou un mauvais raison, et les erreurs de la réflexion. Les principes de la logique nous aident à ordonner nos pensées, et d’être cohérente dans nos affirmations et arguments. Les règles de la logique ont un rapport avec les concepts et la relation entre les concepts. Il y a plusieurs types de relations qui puissent obtenir entre les concepts, et ces relations dépendent de l’affirmation en question. Certaines propositions affirment un terme d’un autre, par exemple, “Les chats ont quatre jambes.” Dans une relation de ce type, possession d’un attribut, le “ont” est utilisé pour dire que l’attribut “avoir quatre jambes” obtient chez les chats. (Les conjugaisons du mot avoir, en français, sont souvent utiliser pour attribuer une propriété à un sujet. On pourrait changer la phrase ci-haut pour dire « les chats sont doué de quatre jambes. ») D’autres propositions affirment une relation de causalité, connexion, ou exclusion (par exemple, si x, alors y. x et y. x ou y.) La logique nous explique comment ces types de propositions peuvent être affirmé, et comment nous pourrions les mettre en relation, mais, la logique ne nous informe pas de la vérité des affirmations. Si la logique nous informe que deux termes ne peuvent pas être mis en relation, alors ce n’est pas possible qu’ils nous conduisent à la vérité. C’est à dire, si la relation de deux termes, ou de deux propositions est illogique, alors l’affirmation qu’ils ont une telle relation ne dit pas la vérité. De l’autre côté, il y a plusieurs types de propositions qui ne peuvent pas être analysées par la logique, comme les questions (« Qu’est-ce que tu fais demain? »), comme des déclarations d’émotions (“Je suis contente.” ou “Je suis triste.”), des ordonnances (“Va dans ta chambre!” “Lire ton livre!” ou “Donne ta vie au Seigneur.”), ou des déclarations de préférence (“Je suis partiel à la pizza toute garnie.” ou “J’aime ce chandail.”). Quoi que la logique ne peut pas analyser ces déclarations, comme telles, la logique peut nous dire que, “Si tu es heureux, alors c’est tu n’es pas malheureux dans la même façon.” C’est-à-dire, c’est une contradiction d’affirmer, pour les mêmes raisons, et dans le même sens, “je suis et je ne suis pas contente”, “Va dans ta chambre, et ne va pas dans ta chambre”, et “J’aime, et je n’aime pas, la pizza toute garnie.” Pourquoi? Il y a trois lois principales de la logique, qui sont les fondements de la science de la logique, de toute interaction dialectique et de toute communication, et qui nous donnent la base par lequel on est capable de juger chaque proposition et argument. La loi de la non-contradiction, quand c’est appliquer à une proposition, nous explique qu’on ne peut pas affirmer A et non-A dans le même sens. Par exemple, c’est une contradiction d’affirmer que “Dieu est”, et, avec le même sens de “est”, que “Dieu n’est pas”. La deuxième loi de la logique est ce qu’on appelle la loi d’identité, et, appliquer à des propositions, elle nous démontre que l’affirmation A est l’affirmation A. La troisième loi de la logique est la loi de l’exclusion de l’intermédiaire, c’est-à-dire, soit A ou non-A, il n’y a pas d’autre possibilité. Ces trois lois donnent la fondation pour tout le reste des principes de la logique. Nous pourrions ajouter une quatrième loi, la loi de la causalité, c’est-à-dire, l’effet n’est pas plus, en nature, que sa cause. (On peut dire ce loi de plusieurs façons, Peter Kreeft l’explique comme ceci, « tout ce qui agit ou qui change a un raison ou cause qui explique pourquoi il agit ou change. »[1] W. Norris Clarke l’exprime comme ceci, « Chaque être qui n’a pas, en lui-même, la raison suffisant pour son propre existence doit avoir un cause efficient adéquate. »[2] Toutes les règles de la logique découlent de ces quatre principes. Sauve que, même si on sait que la logique est basée sur ces quatre lois, nous avons un autre problème. Les règles de la logique trouvent leur fondation dans les lois fondamentales de la logique, mais d’où viennent ces lois?

Le problème qu’on doit aborder, est, est-ce que la logique est descriptive de nos pensées, ou est-ce que c’est normatif? C’est-à-dire, la logique n’est-il qu’une description de comment nous pensons, comme les lois de la nature qui ne sont que des descriptions de ce qui se passe, mais qui, même en tant que “loi”, ne sont que basé sur induction à partir de nos observations de ce monde, ou, est-ce que la logique nous démontre comment penser, comme la conception commune des lois morales, qui ne sont pas des descriptions de ce qu’on fait, mais des lois qui nous indique ce qu’on doit faire? La première option, que la logique n’est que la description de comment nous pensons, nous laisse avec une logique qui pourrait changer si notre façon de penser change. De plus, si la logique n’est qu’une description de comment nous pensons, alors Dieu n’a aucun rapport avec la logique, et nous ne pourrions pas appliquer des descriptions de comment l’être humain pense à Dieu, ni pour le limiter, ni pour dire comment il est. Donc, si la première option est le cas, alors ça pourrait arriver que pour une personne Dieu existe, mais que pour une autre personne il n’existe pas. Ou, que la chaise sur laquelle je suis assis existe, pour moi, mais qu’elle n’existe pas pour toi. Mais, même si la deuxième option est vraie, nous avons toujours la question, qu’est-ce que le fondement de la logique?

Les lois fondamentales de la logique ont souvent étaient nommé des lois de la pensée, mais, pour être plus exacte ça serait mieux de les nommer les lois de l’être.[3] Les lois fondamentales de la logique sont des lois qui se basent sur l’être en tant qu’être. La raison pour laquelle ils s’appliquent à nos pensées est que nos pensées sont de l’être. La première chose qui se présente à l’intellect est un être, une chose qui existe. Après avoir reconnu l’existence de quelque chose on se demande, et on cherche à savoir, ce que c’est (sa nature ou essence). Les lois fondamentales de la logique ne sont pas normatives pour l’être, ils sont intrinsèques à l’être, mais ils sont normatifs pour nos pensées, parce que nos pensées sont toujours jugées par ce qui est – par l’être. Par exemple, c’est vrai, absolument, qu’un être est, où qu’il n’est pas, mais pas les deux en même temps et dans le même sens – la loi de la non-contradiction. Ceci n’est pas un concept dans nos pensées, c’est une loi d’être, et il n’y a aucune façon de le contredire sans démontrer que c’est vrai. Ceci est aussi vrai des autres lois que nous avons mentionnées ci-haut. Une chose est ce qu’il est – la loi d’identité. Une chose est, où il n’est pas, il n’y a pas des gradations d’existence. C’est normal de dire qu’une chaise est plus ou moins rouge, ou qu’une personne est plus ou moins grande, mais on reconnait tous l’incohérence dans l’affirmation que la chaise est plus ou moins. Sois que la chaise est, ou il n’est pas, il n’y a pas d’entre-deux – la loi de l’exclusion de l’intermédiaire. Finalement, chaque effet est causé par quelque chose, qu’on observe la cause ou non. Si cette dernière est fausse, alors on verrait des choses qui surgissent en existence sans raison, et la science ne serait pas possible. Poof, un lion vient d’apparaitre à côté de toi. Poof, un bâtiment vient de remplacer, sans cause, la forêt qui était la voilà deux seconds. On reconnait tous que des choses qui existent reçoivent leur existence d’un autre. Donc, ces lois trouvent leurs fondations dans l’être.

Si Dieu existe (pour cette réflexion je vais assumer que Dieu existe),[4] alors Dieu n’est pas seulement un être parmi tant d’autres, seulement meilleurs et plus puissant, au contraire, Dieu est, par nature. C’est-à-dire, l’essence de Dieu est acte – existence pure. Si Dieu est acte pur – existence – alors les lois de la logique trouvent leur fondation en Dieu lui-même. Donc, si on revient aux questions de départ, est-ce que Dieu peut faire ce qui est illogique? Si ce que nous avons vu ci-haut est vrai, alors la réponse est non (un miracle n’est pas illogique, seulement inexplicable, il y a une grande différence).[5] De dire que Dieu pourrait faire quelque chose d’illogique serait de dire que Dieu peut agir contre sa propre nature. Ça serait l’équivalent de l’affirmation, “Dieu peut mentir”, “Dieu peut mourir”, ou “Dieu peut commettre l’adultère”. Tout comme Dieu ne peut pas changer ni mentir, Dieu ne peut pas faire quelque chose d’illogique. « Des miracles pourraient arriver; les lois fondamentales de l’univers pourraient être mises de côté par le créateur de l’univers; mais même le créateur ne peut pas violer les lois de la logique. Si Dieu existe, les lois de la logique sont des lois de la nature divine. Même Dieu n’est pas capable d’exister et de ne pas exister en même temps. »[6]

 


[1]Peter Kreeft, Socratic Logic, ed. Trent Dougherty, 3.1 ed. (South Bend, IN: St. Augustine’s Press, 2010), 221.

[2]W. Norris Clarke, The One and the Many : A Contemporary Thomistic Metaphysics (2001; repr., Notre Dame : University of Notre Dame Press, 2007), 180.

 [3]Cf. Kreeft, SL, 359.

[4]Peter Kreeft note que, « Ce n’est pas claire sur quelle réalité ces lois se dépendent si Dieu n’existe pas; mais, le fait demeure qu’ils sont des vérités éternelles, nécessaires, et inchangeables. Si Dieu existe, ces lois décrivent la nature de Dieu. (Kreeft, SL, 190.) »

[5]Cf. Kreeft, SL, 190.

 [6]Kreeft, SL, 195.