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Histoire de l’Apologétique Chrétienne: Justin Martyr, pt. 2

Histoire de l’Apologétique Chrétienne : Justin Martyr, pt. 2

Un regard sur sa méthode et sa défense du Christianisme

            Chadwick décrit l’attitude intellectuelle de Justin Martyr, face au Christianisme, de la manière suivante : « Si le christianisme est vrai, il n’a rien à craindre de l’examen. L’apologiste ne doit jamais descendre aux sophismes ingénieux pour gagner un argument et doit parler sans crainte ni faveur [ici Justin parle des flatteries manipulatrices] comme celui qui n’a rien à cacher. La faculté rationnelle que Dieu a donnée à tous les hommes est un instrument providentiel pour arriver à la vérité. L’argument impartial va convaincre les lecteurs impartiaux. Les seules ennemies dont le Christianisme devrait craindre est l’ignorance de ce qu’il est et les préjugés qui empêchent les hommes d’en prenant soin de dissiper leur ignorance. »[1] Justement, une citation de sa première apologie nous démontre que Justin Martyr est certain que l’homme, même l’homme qui n’est pas régénéré ni intéressé à l’évangile, peut être convaincu de la vérité du Christianisme, mais que ce n’est pas nécessairement un processus qui est facile, « Mais nous savons qu’il n’est pas facile de changer en peu de mots un esprit possédé par l’ignorance…Aussi pour convaincre les amis de la vérité, voulons-nous ajouter quelques mots. Peut-être qu’à la lumière de la vérité l’erreur se dissipera. »[2] Justin pense, aussi, que les philosophes païens auraient découvert certaines vérités au sujet de Dieu, sans la révélation divine venant des prophètes et apôtres. Ce qui est vrai, ne devrait pas être nié, mais, reconnu.[3] Il faut reconnaître, par exemple, que le Christianisme va plus loin, et dit plus au sujet de Dieu que ce qui peut être même imaginé par les philosophes et penseurs humains.[4] Voilà une des premières approches, d’un apologiste chrétien, à la question de la relation entre la théologie chrétienne et la philosophie païenne. Justin n’est pas hostile à la philosophie païenne, même s’il pense que la philosophie païenne contient beaucoup d’erreurs. En fait, à travers cette œuvre nous voyons Justin en train d’utilisé des sources païennes pour défendre la foi chrétienne. Ce que nous allons voir, est qu’il cite les sources païennes pour démontrer que la doctrine chrétienne n’est pas si différente, à plusieurs points, des meilleurs philosophes païens (tel que Platon). Ceci nous fait penser à l’apologia de l’apôtre Paul quand il était à l’aréopage à Athènes. Dans cet enseignement, comme nous avons vu, Paul cite un auteur païen, aux païens, pour faire un point.

La première apologie de Justin est adressée à l’empereur Antonin Pieux, et à ceux de sa maison. C’est une apologia, et non une exposition complète des doctrines chrétiennes, alors il ne faut pas attendre à trop de développement des doctrines chrétiennes. Il commence l’apologie en faisant appel à la recherche naturelle de l’homme de la connaissance de la vérité. « La raison veut que ceux qui sont vraiment pieux et sages estiment et aiment exclusivement la vérité et refusent de suivre les opinions des anciens, quand elles sont mauvaises. Car non seulement la saine raison ordonne de ne pas suivre ceux qui font ou enseignent l’injustice, mais l’ami de la vérité doit de toute manière, même au péril de sa vie, même en danger de mort, observer la justice dans ses paroles et dans ses actions. »[5] Avec cette introduction Justin faite, appelle à son audience pour qu’ils écoutent son apologie sans préjugé, et avec le désir de suivre la vérité jusqu’au bout. Nous voyons, ici, que cette œuvre est écrite comme une défense qui serait présentée devant un juge. Notons les mots suivants, « nous venons vous demander de nous juger selon l’équité et après un mûr examen. »[6] Justin va continuer à utiliser ce type de langage à travers l’apologie, en suppliant les lecteurs de juger de manière juste, après avoir bien saisi les faits. Notez, dans l’introduction, la référence à une doctrine qui était partagée par Socrate, Platon et Aristote. Justin dit, « Car pour nous, nous savons que personne ne peut nous faire de mal…Vous pouvez nous tuer ; nous nuire, non. »[7] En écrivant ceci Justin pensait à ce que Socrate aurait dit lors de son apologia devant le tribunal qui l’accusait d’être athée (parce qu’il nié l’existence des dieux grecs), « Vous aussi, juges, il vous faut avoir bon espoir face à la mort et garder à l’esprit cette vérité-ci : à un homme de bien, aucun mal n’est possible, ni durant la vie ni après la mort, et les dieux ne sont pas indifférents à sa situation. »[8] Il se réfère à Platon, explicitement, un peu plus tard dans son introduction, en notant que Platon (il l’appelle « un ancien ») avait dit que « si les princes et les peuples ne sont pas philosophes, il n’y a pas de bonheur pour les États. »[9] Ici il cite une ligne de la République de Platon.

Le but de cette Première Apologie est de répondre à des accusations qu’on portait contre les chrétiens dans le deuxième siècle. Pour défendre le Christianisme Justin examine chacune des accusations, et expose les doctrines du Christianisme, ainsi que les actions des chrétiens, en disant, « Un nom n’est ni bon ni mauvais : ce sont les actions qui s’y rattache qu’il faut juger. »[10] C’est-à-dire, ce n’est pas juste de jugé quelqu’un par le simple fait qu’il porte un nom. Au contraire, il faut le juger par ses œuvres, parce que ce sont ses œuvres qui montrent le caractère et les croyances d’une personne. Il illustre ce point en notant que l’empereur ne condamne pas ceux qui prétendent être philosophes (c’est-à-dire, ceux qui prends le nom « philosophe »), mais qui enseignent l’athéisme véritable, ou les mauvaises actions des dieux gréco-romains (en approuvant l’immoralité des dieux grecs).[11] Pourquoi, alors, est-ce qu’il condamne ceux qui prennent le nom « chrétien » qui fuit le mal et qui n’enseignent pas les impiétés ?[12] Où est la justice de ce type de jugement ? Justin procède à montrer que toute ceux qui auraient enseignait le vrai Dieu contre les faux dieux, et la justice contre l’injustice, étaient tuer par les forces des ténèbres, telles que Socrate, Jésus, et maintenant les chrétiens.[13] Il explique que les chrétiens sont traités d’athées pour les mêmes raisons que Socrate était traité d’athée : parce qu’ils nient l’existence des multiples dieux des Grecs et Romains, mais affirment l’existence d’un seul Dieu.[14] Justin dit, « Voilà pourquoi on nous appelle athées. Oui certes, nous l’avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le fils venu d’auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements…et l’esprit prophétique. »[15]

Notez, ici, la formule trinitaire de Justin : « Nous croyons au Dieu très vrai, le Père de la justice…le fils venu d’auprès de lui… et l’esprit prophétique. » Il ne fait pas de distinction d’essence des trois personnes de la trinité, mais affirme, clairement, qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui est Père, Fils, et Esprit-Saint. Notez, aussi, la référence au « verbe (logos) », un terme qui est très important pour les philosophes néo-platoniciennes, mais aussi le nom donner à Jésus en Jean 1. Justin soutien que le « verbe » de Socrates—sa parole qui était écrite dans l’apologie, et le « Verbe…devenu homme et appelé Jésus-Christ »,[16] disent la même chose : la condamnation de l’idolâtrie et la condamnation de la méchanceté et les actions immorales.

Justin, comme un bon avocat, réponds à un des arguments qui est amené contre les chrétiens—qu’ils sont condamné des pires actions. Pour défendre le christianisme de cette attaque, il démontre, premièrement, que les chrétiens n’ont aucun intérêt à faire le mal, mais qu’ils sont persuadés que Dieu désire qu’ils fassent le bien.[17] Il explique, en suite, que les chrétiens pourraient mentir quand ils sont questionnés, mais, malgré les menaces de mort ils affirment sans peur qu’ils sont chrétien—c’est-à-dire (et, nous voyons la rhétorique puissante, ici, qui aurait dû attirer l’attention d’un philosophe de l’antiquité), les chrétiens préfèrent la vérité à la vie terrestre.[18] Dans ce contexte il fait une affirmation qui nous fait penser à 1 Pierre 3 :15 (et me fait penser qu’il pensait au même texte). Après avoir expliqué que nous attendons la vie éternelle et incorruptible, c’est-à-dire, de « vivre avec Dieu, le père et le créateur de l’univers. », et expliquer que les chrétiens croient que « ceux-là pourront obtenir ce bonheur, qui auront témoigné à Dieu par leurs œuvres qu’ils l’ont suivi et qu’ils ont aspiré à cette vie qui s’écoulera auprès de lui, inaccessible au mal. »,[19] Justin dit, « Voilà en peu de mots notre espérance, la doctrine que nous avons apprise du Christ et que nous enseignons. »[20] Un peu plus tard Justin va répéter, dans une allusion à 1 Corinthiens 15 :19, que « notre espérance n’est pas de ce temps présent. »[21] C’est suivi par une référence à un autre des dialogues de Platon, le Gorgias, où Platon parle du jugement céleste qu’attendent tous les hommes après le mort, « Platon dit que Rhadamante et Minos puniront les coupables traduits à leur tribunal ».[22] Le but de cette référence est de démontre que ce n’est pas seulement les chrétiens qui enseignent qu’il va y avoir un jugement divin de tous les hommes après la mort. La différence entre Platon et le christianisme est que « nous disons nous aussi que ce jugement sera rendu, mais par le Christ. »[23]

Tournant vers l’accusation que les chrétiens sont des athées, Justin explique que c’est vrai que les chrétiens n’offrent pas des sacrifices aux idoles ni aux images de Dieu, parce que, « Nous ne croyons pas en effet que Dieu soit semblable à ces images que l’on dit faites en son honneur. »[24] Sa critique des idoles et les artistes qui les ont fabriqués font penser à Isaïe 42 et 45, et en Jérémie 10. Il continue en faisant remarquer, dans une phrase qui est probablement inspirée d’Actes 17 :24-25, que le seul vrai Dieu « n’a pas besoin des dons matériels des hommes, puisque nous voyons qu’il donne tout. »[25] Notez, ici, qu’il distingue entre les choses qu’ils savent, et les choses qu’ils ont apprises et crues. Les choses qui sont connues sont les choses qui peuvent être connues par la raison humaine à travers ses observations de la nature (Rom. 1 :19-20) : que Dieu n’a pas besoin de rien, mais qu’il est la source de tout ;[26] et qu’il ne dépend pas de quoi que ce soit pour son existence.[27] Les choses qui sont apprises et crues sont les choses qui ne peuvent être connu que par une révélation divine : que Dieu fortifie et soutiens ceux qui s’efforce à l’imiter, que Dieu a créé l’univers, que Dieu offre la vie éternelle, etc.[28] Notez, dans cette section, une phrase qui nous prépare pour la théologie négative que nous allons voir développer plus tard, « tous les attributs de ce Dieu, qu’aucun nom créé ne peut nommer. »[29]

Justin tourne, maintenant, à une autre accusation qui est amenée contre les chrétiens, qu’ils attendent un autre royaume, ce qui sous-entend, pour les accusateurs, que les chrétiens se préparent pour s’attaquer à l’Empire romain. Mais, dit Justin (et sa réponse à des répercussions pour n’importe quelle tentative de comprendre la relation entre l’état et l’église), nous attendons, effectivement, un royaume, « mais c’est du royaume de Dieu que nous parlons. »[30] Les chrétiens ne sont pas contre l’Empire romain, mais, dirait Justin (dans un point qui nous fait penser à la conclusion de l’Apologie d’Aristides), les chrétiens sont les meilleurs citoyens qu’un empereur pourrait vouloir, parce que, « d’après notre doctrine, nul ne peut échapper à Dieu, le méchant, l’avare, le perfide, pas plus que l’honnête homme. »[31] En effet, dirait Justine, « Si tous les hommes avaient cette conviction, personne ne voudrait commettre un crime d’un instant. »[32] Les croyances chrétiennes font en sorte qu’ils sont les citoyens les plus désirables, en théorie, pour n’importe quel pays. Ceux qui n’ont pas la crainte de Dieu n’ont pas, non plus, la crainte du gouverneur. Justin supplie les lecteurs de considérer ce qu’ils font quand ils condamnent les chrétiens : c’est-à-dire, ils condamnent ceux de l’empire qui sont les plus vertueux, mais laisse aller ceux qui sont injustes et immoraux. Mais, dit Justin, nous attendions à un tel traitement parce que c’était prédit par Jésus.[33] Il note (et c’est un argument qui va revenir souvent à travers l’histoire de l’apologétique), que les prophéties accomplies rendent la foi des chrétiens inébranlable. « C’est le propre de Dieu d’annoncer l’avenir et de montrer réalisé ou fait ce qu’il a annoncé. »[34] Justin affirme qu’il pourrait arrêter là, mais il pense que les lecteurs voudraient connaître la vérité, alors, au lieu de donner une simple défense du christianisme (contre ces adversaires), il va tenter de les convaincre de la vérité du christianisme. « Peut-être qu’à la lumière de la vérité l’erreur se dissipera. »[35] Ainsi fini la première section de la Première Apologie.

Dans la prochaine section il explique ce que les chrétiens croient concernant comment adorer véritablement le seul vrai Dieu. Nous voyons, dans cette section, trois points d’intérêts : (1) Justin décrit Dieu comme étant éternel, immuable, et le créateur de tout ;[36] (2) la formule trinitaire est, ici, un peu plus développée que celui qu’on a déjà vu. Sa manière de l’expliquer pourrait être un peu mêlante, parce qu’il parle de second et troisième rang. Il faut se rappeler que les chrétiens, à ce point en histoire, sont toujours en train d’essayer de trouver la bonne manière de parler de la trinité. Nous allons voir, dans les travaux des auteurs des années 300-400, la développement et défense de la Trinité. Ce que Justin cherche à exprimer par ces termes est les enseignements du Nouveau Testament que (a) Jésus est engendrés du père et envoyés par le père, et (b) que l’esprit est envoyé par le père et le Fils. (3) Notez, finalement, que Justin n’a pas de trouble à reconnaître la présence, dans la Bible, d’un mystère : une doctrine qui est vraie, cohérente, mais incompréhensible, et qui doit être acceptée par la foi.

Il présente, en suite, la preuve que le christianisme enseigne la véritable moralité. Il commence en expliquant que la foi des Chrétien en lui, a changé leurs vies.[37] Pour soutenir le fait de ses changements, il prend le temps pour expliquer plusieurs des enseignements de Jésus sur la moralité.[38] Justin finit cette section en suggérant que l’empereur punit, justement, ceux qui se disent chrétiens, mais qui n’agissent pas selon les enseignements de Jésus, « Punissez donc ceux qui ne vivent pas conformément à ces préceptes et qui ne sont chrétiens que de nom : c’est nous qui vous le demandons. »[39] C’est nous qui vous le demandons. Les Chrétiens, dit Justin, sont tellement dédié aux enseignements de Jésus, et à la vie exemplaire à laquelle il les a appelés, que Justin lance à un défi à l’empereur : tuer nous si tu vois que nous ne vivions pas une vie exemplaire comme Jésus nous demande. Si je peux me permettre un commentaire pour les chrétiens contemporains, est-ce que nous sommes prêtes, nous, aujourd’hui, à lancer ces défis à notre société qui nous entoure ?

Justin ne tient pas la philosophie en mépris, mais, au contraire, il reconnaît, comme nous l’avions déjà fait remarquer, que les philosophes ont souvent trouvé des vérités, même au sujet de Dieu, et la fin des temps. Il qualifie ce point en notant que là où les philosophes se sont trompés, les chrétiens tiennent la vérité. Justin demande, après tout ce qu’il vient de dire, « Si donc, sur certains points, nous sommes d’accord avec les plus estimés de vos philosophes et de vos poètes, si, sur d’autres, nous parlons mieux qu’eux et d’une façon plus digne de Dieu, si seule enfin nous prouvons ce que nous affirmons, pourquoi cette haine injuste et exceptionnelle contre nous ? »[40] Par exemple, les Chrétiens sont d’accord avec Platon que Dieu a créé l’univers (Justin fait référence au dialogue Timée de Platon) ; avec les Stoïques que l’univers va être détruis par le feu ; avec les philosophes et poètes grecs en générale, qui enseignent que les injustes vont être punis éternellement pour leurs mauvaises actions ; et même avec certaines penseuses grecques, telles que Ménandre, qui enseignaient que le créateur dépasse infiniment la créature.[41] Nous allons revoir ce type de commentaire, concernant la relation entre les écrits païens et les écrits chrétiens, à plusieurs reprises à travers l’histoire de l’apologétique chrétien.

Tournant vers les évènements entourant la vie de Jésus Justin fait remarquer que ce n’est pas plus étrange que les histoires qui sont racontées au sujet des dieux des religions à mystères et les mythes gréco-romains.[42] Il note, par exemple, que les mythes parlent des actes immoraux, quoi que Jésus nous encourage à la sainteté ; mais, plus important, même s’il y avait des ressemblances entre les histoires mythiques et la vie de Jésus, seules les histoires de la vie de Jésus sont vraies. Les chrétiens recommandent qu’on croie Jésus parce qu’il a réellement fait tout ce qu’on dit de lui.[43] « Jésus-Christ seul est proprement le fils de Dieu, son Verbe, son premier-né, sa puissance, et il s’est fait homme par sa volonté pour nous apporter une doctrine destinée à renouveler et à régénérer le genre humain. »[44] Nous allons revoir ce même type de défense à plusieurs reprises, mais notamment chez C. S. Lewis, dans son livre Miracles.[45]

Justin tourne, un peu plus tard, vers une défense de la divinité de Jésus-Christ. Il propose que le fait que Jésus fût l’accomplissement des prophéties soit offert comme démonstration de sa divinité.[46] Avant de regarder les prophéties, Justin explique que l’empereur pourrait aller consulter la traduction grecque de l’Ancien Testament qui était traduit par les Juifs, et qui est utilisé par les Juifs—le septante.[47] Il explique, aussi, qu’il y eut des longues périodes d’années entre la réception des prophéties et l’accomplissement des prophéties.[48] Les versets auxquelles il se réfère sont, entre autres, Genèse 49 :10-11, Isaïe 7 :14, 9 :6, 11 :1, 10, 65 :2, Nombres 24 :17, Michée 5 :2, et Psaume. 22 :16-18. Il y a un interlude, dans lequel il offre une explication de la relation entre la souveraineté de l’homme dans les prophéties et la liberté de l’homme.[49] Il continue, par la suite, avec d’autres prophéties accomplies.[50]


[1]Chadwick, JMDC, 278.

[2] Martyr, Première Apologie, 23.

 

[3]Ibid., 43.

 

[4]Ibid.

 

[5]Ibid., 3.

 

[6]Ibid., 5.

 

[7]Ibid.

 

[8]Platon, Apologie, 41c-d, dans Euthyphron et Apologie de Socrate, trad. Frédérick Têtu et Bernard Boulet (Québec : Collection Résurgences, 1995), 52. Il se peut que Justin pensât aussi à une section du Phédon, 63e-64b, où Socrate, parlant avec ses amis avant son exécution (punition pour avoir « enseigner » qu’il n’y avait qu’un seul dieu), aurait dit, « il me paraît raisonnable de penser qu’un homme qui a réellement passé toute sa vie dans la philosophie [la poursuite et amour de la sagesse] est, quand il va mourir, plein de confiance et d’espoir que c’est là-bas qu’il obtiendra les biens les plus grands, une fois qu’il aura cessé de vivre…que tous ceux qui s’appliquent à la philosophie et s’y applique droitement ne s’occupent de rien d’autre que de mourir et d’être mort (Platon, Phédon, trad. Dixsaut (Paris : GF-Flammarion, 1991), 212.). » Aristote, aussi, avait dit, dans l’Éthique de Nicomaque, « mais s’il est vrai que l’activité domine souverainement notre vie, comme nous l’avons dit, aucun être heureux ne deviendra misérable…jamais l’être qui possède le bonheur ne peut être misérable (Aristote, Éthique de Nicomaque, t. 1, ch. X, trad. Jean Voilquin (Paris : GF-Flammarion, 1965), 36.). » Pour Aristote la seule personne qui peut véritablement possédée le bonheur est celui qui vit la vie de vertus parfait.

 

[9]Martyr, Première Apologie, 5-6.

 

[10]Ibid., 7.

 

[11]Ibid., 9.

 

[12]Ibid.

 

[13]Ibid., 11. Il fait encore référence à l’Apologie de Socrate.

 

[14]Ibid.

 

[15]Ibid.

 

[16]Ibid., 11.

 

[17]Ibid., 13-15.

 

[18]Ibid., 13.

 

[19]Ibid., 15. Certaines pourraient avoir tendance de faire le saut avec cette affirmation qui semblerait enseigner un salut par les œuvres, mais c’est n’est rien d’autre que ce qui est enseigner en Jacques 2, et l’affirmation qui allait être connu, chez les Calvinistes, comme la persévérance des saints. Autrement dit, celui qui aurait réellement cru en Jésus-Christ allez démontrer visiblement par ses actions, par la grâce divine, la véracité de sa foi.

 

[20]Ibid., 15.

 

[21]Ibid., 19.

 

[22]Ibid.

 

[23]Ibid.

 

[24]Ibid., 15.

 

[25]Ibid., 17.

 

[26]Ibid., 17.

 

[27]Ibid., 19.

 

[28]Ibid., 17-19.

 

[29]Ibid., 17.

 

[30]Ibid., 19.

 

[31]Ibid., 19.

 

[32]Ibid., 21.

 

[33]Ibid., 23.

 

[34]Ibid.

 

[35]Ibid., 23.

 

[36]Ibid., 25.

 

[37]Ibid., 25-27.

 

[38]Ibid., 27-35. Dans cette section il fait référence, explicitement, à Matt. 5 :28-32b, et un multitude d’autres versets.

 

[39]Ibid., 35.

 

[40]Ibid., 43.

 

[41]Ibid.

 

[42]Ibid., 43-45.

 

[43]Ibid., 47.

 

[44]Ibid., 49.

 

[45]Lewis, Miracles.

 

[46]Martyr, Première Apologie, 59-87.

 

[47]Ibid., 61.

 

[48]Ibid., 63.

 

[49]Ibid., 87-93.

 

[50]Ibid., 93-109.

 

Qu’est-ce que l’évangile? – Partie 1

L’association Axiome est une association d’apologétique qui a pour mission de donner une défense raisonnée du théisme[1] chrétien. L’apologétique vise parfois sur des questions particulières, comme l’existence de Dieu, ou encore la question de la souffrance. Mais l’appel à défendre notre foi dans la bible, n’est pas un appel à défendre uniquement une vision particulière du théisme. Ultimement, nous sommes appelés à défendre l’évangile. L’évangile est pour le chrétien, entre autres, ce qui le sauve (Romains 1.16; 1 Corinthiens 15.1-3; Galates 1.6-9; Éphésiens 1.13),  son espérance (1 Pierre 3.15), ce qui doit être annoncé (1 Corinthiens 15.1; Galates 3.1; 6.14) et ce qu’il doit défendre (Galates 2.5; 1 Pierre 3.15)[2]. C’est l’arrière-plan sur lequel l’apologétique travaille.  Autrement dit, chaque élément d’apologétique devrait construire ultimement et idéalement[3] à exposer l’évangile. La raison pour cela est celle-ci :

Le christianisme n’est pas fondé seulement sur l’affirmation de l’existence de Dieu. Mais sur l’affirmation supplémentaire que Dieu s’est révélé en la personne de Jésus.

Si nous sommes appelés à défendre et à présenter l’évangile, il convient de se poser la question : « qu’est-ce que l’évangile? » Cet article cherche à donner une compréhension biblique de l’évangile, sans défendre nécessairement chacun des aspects qui s’y attachent.

 

Comment trouver l’évangile dans la Bible?

 

Plusieurs approches seraient possibles :

  1. Nous pourrions regarder ce que l’église (catholique, orthodoxe, protestante, etc.) dit de l’évangile. Dans ce cas, nous pourrions donner l’autorité à l’église afin de définir « l’évangile ». Mais il y a des risques à utiliser cette méthode. À commencer par un éloignement du véritable évangile transmis à la base par les apôtres dans les textes bibliques. Cela est avéré dans l’histoire.
  2. Nous pourrions ouvrir nos bibles et voir qu’il y a quatre évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean) que nous trouvons dans le Nouveau Testament. Est-ce cela l’évangile? Il ne faut pas oublier qu’au premier et second siècle, nous ne parlions jamais de « quatre » évangile. Il n’y a qu’un seul évangile concernant Jésus. Alors, on dit plutôt l’Évangile « selon » Matthieu, ou « selon » Marc, ou « selon » Luc, ou « selon » Jean.
  3. Nous pourrions faire l’étude du mot « évangile » en regardant le nombre de fois qu’il revient dans les textes bibliques, ou encore dans la littérature antique. Mais il faut noter que ce n’est pas un terme technique qui a toujours la même signification (terminus technicus)[4]. L’étude serait incomplète en ne tenant pas compte du contenu de l’évangile.

Évidemment nous pourrions ajouter à cette liste de nombreuses méthodes. Voici la suggestion de Greg Gilbert[5], que j’affectionne particulièrement : il suggère d’approcher la tâche en définissant le contour principal de l’évangile en regardant qu’est-ce que les premiers chrétiens disaient à propos de Jésus et la signification de sa vie, sa mort et de sa résurrection[6]. Cela évitera de donner autorité à une église, une personne, ou autres pour définir l’évangile, mais plutôt de regarder ce que Jésus et ses témoins disaient de l’évangile. Ainsi nous évaluerons les églises et les personnes à la lumière du véritable évangile[7].

 

La nécessité de traiter ce sujet

C’est tellement primordial pour les auteurs bibliques que Paul réserve ses plus sévères paroles pour les personnes qui annoncent un « autre » évangile. La lettre de Paul aux Galates dit ceci :

« Mais si vous-même, ou si un ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème! » (Galates 1.8)

C’est une lettre qui contient un avertissement que nous ne trouvons nulle part ailleurs (1.8). Selon ce verset si nous n’avons pas le bon évangile, nous sommes damnés. Le problème n’est pas seulement que les Galates se sont trompés doctrinalement, mais bien qu’ils se sont détournés de celui qui les « […] a appelés » (1.6) pour passer à un autre évangile. C’est donc un évangile différent de celui prêché par Paul et approuvé des apôtres. Quand Paul parle d’un « autre » évangile, cela suggère qu’il y a un contenu tellement important concernant l’évangile, que, si nous le manquons nous ne sommes pas seulement en train de torde le message, mais on s’éloigne de Dieu. Ce n’est donc pas l’évangile. Ne pas avoir le véritable évangile, selon Paul, c’est s’éloigner de Dieu. Dieu et évangile son connecté. Cela soulève la question encore une fois : « qu’est-ce que l’évangile? »

La majorité s’entend pour dire que « l’évangile » est une « bonne nouvelle ». Et la première chose que l’on fait avec une nouvelle, c’est l’annoncer. Mais quel est le contenu de cette nouvelle? Malgré le fait que plusieurs livres du Nouveau Testament, par exemple l’évangile selon Jean, n’utilisent pas le terme « évangile », nous voyons que dans une perspective thématique ils ont autant de « bonne nouvelle » à dire que d’autres qui abondent dans l’utilisation du terme[8].

Dans cet article je vous propose une réflexion sur le langage de l’évangile. L’avertissement de Paul dans l’épître aux Galates est tellement sérieux, que dans une deuxième partie nous regarderons son contenu dans le contexte de cette lettre de Paul aux Galates. Enfin, dans une troisième partie nous regarderons le contenu plus large de l’évangile.

 

Le langage de « l’évangile »

Le terme grec pour « évangile » est « euangelion » (εὐαγγέλιον). Le tableau ci-dessous montre les occurrences du nom et du verbe dans la septante[9] (LXX) ainsi que dans le Nouveau Testament (NT)[10] :

Nom « euangelion » (εὐαγγέλιον) Évangile / bonne nouvelle LXX   1x NT   76x
Verbe « euangelizomai »   (εὐαγγελίζομαι) Proclamer / annoncer LXX   23x NT   54x

 

Premièrement, le terme « euangelion » signifie « bonne nouvelle ». Le verbe « euangelizomai »  renferme donc l’idée de Proclamer / annoncer cette nouvelle. C’est premièrement une nouvelle à proclamer. C’est avec justesse que Douglas Moo observe :

« Le nom [εὐαγγέλιον, « évangile »] dans le Nouveau Testament signifie la « bonne nouvelle » de l’intervention salvifique de Dieu en Christ, se référant généralement au message de Christ (1 Co 15.1; Ga 1.11; 2.2) et, par extension, à l’acte de prêcher ce message (1 Co 9.14 [deuxième occurrence]; 2 Co 2.12; 8.18; Phil 1.5 [?]; 4.3 [?]). »[11]

Deuxièmement, dans la Bible nous remarquons qu’il y a une certaine transformation dans l’utilisation d’un terme. Par exemple, le terme « évangile » peut devenir tellement compréhensif qu’il devient plus ou moins l’équivalent du « Christ » (Romains 1.9). Autrement dit, on utilise un terme « raccourcie » qui englobe l’œuvre de rédemption de Jésus à la croix[12]. Ce qui signifie que l’auteur peut expliquer ce qu’est « l’évangile » en détaillant son contenu à un endroit particulier et par la suite utilisé d’autre expression y faisant référence, sans être obligé de tout énumérer le contenu minimal en plusieurs points. Considérez ces deux passages :

« Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon   Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. »

1 Corinthiens 2.2 

 

Paul mentionne qu’il ne veut rien d’autre à   déclarer que Jésus-Christ crucifié.
« Souviens-toi de   Jésus-Christ, ressuscité d’entre les morts, issu de la descendance de David,   selon mon Évangile. »

2 Timothée 2.8 

 

Paul dit que ce qui est en ligne avec   l’évangile est la « résurrection   d’entre les morts, issue de la descendance de David […] », mais il   ne mentionne pas la croix.

 

Voyez-vous le contraste entre les deux? À mon sens, une des raisons pour utiliser ce « raccourcie », c’est que l’évangile est le point central sur lequel repose tout le reste. Ce n’est pas le point en marge qui est sous-entendu dans le texte. Autrement dit, un auteur va attacher d’autres thèmes et d’autre contenu autour de l’évangile en gardant celui-ci central.

Prenons la première lettre de Pierre. Pierre dresse un portrait assez clair de l’évangile en dressant une liste de son contenu (1 Pierre 1.1-12) :

  • le sang de Jésus (1.2),
  • sa résurrection (1.3)
  • et cela en vue de notre espérance (1.3).
  •  Il nous parle de notre héritage à venir (1.4)
  • Tout cela s’inscrit dans le plan de rédemption (« rachat ») de Dieu depuis les prophètes de l’Ancien Testament (1.10-12) à qui ont reçus des révélations.
  • Ces prophètes cherchaient les circonstances se rapportant à ces révélations. Mais aujourd’hui, c’est révélé par les apôtres et ceux qui prêchent (1.12).

Après avoir dressé un portrait de l’évangile dans son contenu, Pierre va attacher tous les autres sujets autour de ce thème principal. Il commence directement par les termes  « C’est pourquoi » (1.13) et voici quelques sujets qui sont vu à la lumière de l’évangile qui est notre espérance (1.3) :

  • Pierre commence des exhortations à la sainteté, vigilance et l’amour (1.13-2.10).
  • Il parlera des relations entre époux et épouses (3.1-7),
  • de la souffrance (4.1-19)
  • et des leaders (5.1-5).

 

Conclusion

Si nous devions résumer l’évangile en une phrase, elle irait comme ceci :

« L’évangile est la bonne nouvelle de tous ce que  Dieu a fait pour nous par son Fils unique à la croix et la résurrection. »

On peut ajouter beaucoup de détail autour de la mort et résurrection de Jésus, comme nous avons vu avec Pierre, mais nous ne pouvons jamais aller moins que cela. Le genre littéraire « les évangiles » nous parle de ce que Dieu a fait Jésus pour nous sur la croix et la résurrection. C’est le cas de Paul, Pierre et les autres auteurs du Nouveau Testament. Enfin, nous avons brièvement vu qu’il est en ligne avec les écrits de l’Ancien Testament dans le plan rédempteur de Dieu pour nous racheter. La Bible est le livre qui nous montre comment Dieu rachète des humains qui sont séparés de lui et les auteurs, comme Pierre et Paul, préservent ce plan qui commence à la création, culmine dans le ministère et l’œuvre de Jésus à la croix, jusqu’à la consommation ou Jésus rétablira toute chose.


[1] Le théisme (du grec theos, dieu) est un terme qui désigne toute croyance ou doctrine qui affirme l’existence d’un Dieu et son influence dans l’univers, tant dans sa création que dans son fonctionnement. La particularité du théisme chrétien, c’est qu’il fait référence au Dieu de la Bible, et non pas n’importe quelle divinité.

[2] Nous trouvons cet appel dans de nombreux livre du Nouveau Testament comme Romains, 1 Corinthiens, Galates, 2 Pierre, Jude, etc. Nous le voyons sois par des exemples, exhortation, avertissement.

[3] Cela s’effectue souvent par cumul et avec du temps.

[4] Erreur  d’interprétation qui veut qu’ « un interprète suppose à tort qu’un mot a toujours ou presque toujours une certaine signification technique. » D.A. Carson, Erreurs d’exégèse, Trois-Rivières, Édition Impact, 2012, p.46.

[5] Gilbert Greg, What is the gospel? 9marks, Crossway, 2010.

[6] L’élément commun des quatre évangiles du Nouveau Testament tourne autour de ces événements. Et les prédications des apôtres contenus dans la bible tournent autour de ce sujet.

[7] Je ne traite pas de la validité de l’évangile comme vérité. Je la présuppose dans un sens. Mais il doit, comme n’importe quelles religions et philosophie répondre aux tests de vérités. Minimalement, on pourrait reporter ces tests à trois :

1)       cohérence logique

2)       justification empirique

3)       le bien-fondé expérimental

Comme il se base sur la réalité historique de la mort, l’ensevelissement et la résurrection physique de Jésus, l’évangile peut se démontrer dans l’histoire et se valider sur un plan logique rigoureux dans ses affirmations, sans compté le bien-fondé expérimental (historique ou personnel).

[8] D. A. Carson. “The Biblical Gospel.” in For Such a Time as This: Perspectives on

Evangelicalism, Past, Present and Future. Edited by Steve Brady and Harold Rowdon.

London: Evangelical Alliance, 1996, p.75.

[9] C’est une version de la bible hébraïque en langue grec, qui date d’environ de 270 av. Jésus-Christ.

[10] D.A. Carson, What is the Gospel? – Revisited, in Sam Storm and Justin Taylor and all, For the fame of God’s name: Essays in Honor of John Piper, Wheaton, Crossway, 2010, p.148.

[11] D.A. Carson, What is the gospel?: Revisited, in STORMS, SAM and TAYLOR, JUSTIN and all, For the fame of God’s name: essays in honor of John Piper, Crossway, 2010, p.157.

[12] Ibid. p.157

Jésus est-il mort sur la croix?

Écrit par Jean-Luc Lefebvre

Pensons-y, qu’est-ce que cela changerait que Jésus soit réellement ressuscité? En fait j’aimerais vous dire que ça changerait tout. Malgré cela, la résurrection semble difficile à accepter aujourd’hui. Dans notre société nous faisons l’éloge de la science. Et communément, on considère qu’il existe seulement le matériel, sans Dieu, la résurrection devient futile, insignifiante, voire même ridicule. Et il faut admettre qu’une grande majorité des chercheurs dans les universités ont adopté une vision du monde matérialiste. Mais cela a des conséquences énormes en ce qui concerne la résurrection de Jésus et notre analyse. Par exemple :

1)      Cela amène naturellement à rejeter cet événement comme ayant réellement lieu.

2)      Cela amène souvent à ne pas prendre au sérieux les données historiques concernant la résurrection, car elles peuvent sembler ridicules.

Il faut inclure dans la discussion au moins deux choses. Premièrement, il faut réaliser que les chrétiens croient en Dieu. Leur vision du monde admet l’existence d’un Dieu qui agit dans l’histoire et il se peut qu’il soit intervenu en ressuscitant Jésus d’entre les morts. Deuxièmement, il faut se rappeler que les chrétiens trouvent ridicule eux aussi une résurrection des morts sans Dieu. Cela va contre l’expérience scientifique ou expérimentale. Quand des scientifiques matérialistes analysent la résurrection, ils oublient souvent dans leur analyse ces deux points. Ils sont importants, car si nous tentons d’expliquer seulement l’événement de la résurrection en dehors de l’existence de Dieu, il y aura inévitablement un non-sens. Il faut donc inclure dans notre analyse l’existence de Dieu[1].

La simple énumération d’une liste d’évidences ne suffit généralement pas pour convaincre dans beaucoup de cas. Mais nous devons néanmoins poser les questions : quels sont les faits établis avec crédibilités? Quelle est la meilleure explication de ces faits historiques?

 Jésus est mort par crucifixion :

J’aimerais regarder dans cet article le tout premier élément de la liste[2]. Avant même de se concentrer sur la résurrection propre, il est de mise de valider que Jésus soit bel et bien mort sur cette croix. Aujourd’hui, à part l’Islam[3] il n’y a pas beaucoup de personnes qui rejettent la mort de Jésus sur la croix. Mais quand même il est important d’établir les faits. Bien que cela relève probablement plus du domaine médical, le supplice de la croix était particulièrement efficace pour donner la mort. Comment et de quoi Jésus est-il mort?

Quand nous considérons le récit de la mort de Jésus, nous voyons plusieurs détails importants qui peuvent nous éclairer sur les circonstances de la mort de Jésus, mais aussi il nous éclaire sur la mécanique de sa mort. Le récit commence dans le jardin de Gethsémané. Nous y voyons que Jésus a vécu une forte angoisse qui a fait éclater les capillaires des glandes sudoripares qui donnaient l’apparence de grumeau de sang (Luc 22.44). Ce phénomène est connu dans le domaine médical et porte le nom « hématidrose »[4]. Malgré la rareté des cas, nous savons qu’elle survient lors de forte angoisse.  Cela produit des effets, par exemple la fragilisation et la sensibilité de la peau.

Ensuite est venue la période de flagellation qui précédait le transport du patibulum[5]. La flagellation a produit des effets sur le corps de Jésus. La nature même de cette punition produisait une perte de sang à cause des lacérations à la peau. Entre autres, elle a produit un choc hypovolémique[6]. Cette baisse du niveau sanguin a aussi des effets sur le corps. Nous pouvons au minimum donner quatre effets physiologiques sur la personne de Jésus :

1-      Le rythme cardiaque s’accélère

2-      Il y a effondrement de la pression sanguine[7]

3-      Les reins cessent de produire de l’urine, afin de maintenir un volume de liquide.

4-      Par conséquent, la personne ressent une soif intense

Maintenant, les données historiques nous permettent de pouvoir regarder d’un point de vue médical la mécanique de la croix. La croix était une des pires morts qu’une personne pouvait subir. C’est un supplice en longueur, douloureux et honteux. Voici quelques données pertinentes afin de pouvoir faire notre diagnostic :

Lors de crucifixion, les Romains utilisaient de clous de 13 à 18 centimètres. Cela avait pour effet d’écraser le nerf médian de chaque main. La douleur était tellement vive qu’ils ont inventé un terme : « fixer à la croix ». Cela avait comme objectif de décrire l’intensité du supplice. Au niveau des pieds, tous les nerfs et tissus étaient déchirés par le clou.

Au niveau des bras, il est probable qu’il y ait un allongement d’environ 15 centimètres des 2 bras et dislocation des 2 épaules. Cela laissait le crucifié dans une position inconfortable de telle sorte que cette mécanique produisait une mort lente, essentiellement par asphyxie.

La lutte chez le crucifié consistait à se redresser dans la douleur extrême afin de respirer. Mais la difficulté augmentait sans cesse, ce qui produisait un ralentissement de la respiration. Si on jumèle le bas niveau de sang avec une diminution de l’activité respiratoire, on en arrive à créer une acidose respiratoire. C’est-à-dire, qu’il y a augmentation du dioxyde de carbone qui se transforme en acide carbonique. De façon générale, quand nous avons cette combinaison, nous sommes conduits à une arythmie cardiaque. Cela nous amène à conclure que la cause la plus probante de la mort de Jésus est l’arrêt cardiaque.

Faisons un pas de plus. Un choc Hypovolémique a quelques autres conséquences sur l’organisme. Entre autres, il y a accélération durable des battements cardiaque, ce qui se traduit par une accumulation de liquide autour des poumons et du péricarde, que l’on appelle un « épanchement péricardique[8] ». Nous voyons cela quand le soldat traverse avec sa lance les poumons de Jésus (Jn 19.34). Il constate un écoulement de liquide et de sang. Dans l’ensemble du scénario, il faut tirer quelques conclusions. Quelle est la meilleure explication de la mort de Jésus?

La meilleure explication de la mort de Jésus, c’est qu’il est mort sur la croix. D’ailleurs, ce constat est fait par les proches du défunt, par les pharisiens, dont Joseph d’Arimathé est venu réclamer le corps (Jn 19.38), mais plus important encore, il a été fait par les soldats. Les soldats romains étaient spécialistes de la mort et ce n’était pas le premier qu’il voyait. Surtout le centurion qui en authentifiant la mort, il se portait garant du verdict.

En considérant les circonstances de sa mort, il est important de souligner l’argument du silence par les autorités juives. En effet, les autorités juives qui avaient revendiqué sa mort par crucifixion n’ont jamais apporté d’argument pour montrer que Jésus n’était pas mort sur la croix. Ce qui était admis par tout le monde de cette époque c’est que Jésus de Nazareth est mort sur la croix. Les évidences pointent toutes vers ce fait. Les arguments apportés par le coran ne peuvent donc pas tenir la route face aux évidences historiques. Autant leur argument ne tient pas en compte du contexte, des données médicales, ainsi que les témoins oculaires (juifs et romains) de ces événements, nous sommes dans l’obligation de tiré la conclusion que la meilleure explication est que Jésus est mort sur la croix.



[1] Il existe de nombreuses raisons de penser que Dieu existe. Le présent texte ne cherche pas à le démontrer. J’aimerais simplement référer à d’autres articles du site. Mais soulignons quand même que la résurrection de Jésus milite aussi dans ce sens, car elle demande l’existence de Dieu pour pouvoir avoir réellement eu lieu et les données historiques nous poussent vers cette explication.

[2] Dans d’autres blogues, nous regarderons d’autres évidences, comme celui du tombeau vide, l’existence de Dieu, les apparitions, ainsi que les explications alternatives.

[3] L’idée selon laquelle Jésus ne serait pas mort sur la croix se retrouve dans le Coran (Sourate IV : 156-157).

[4] Une bonne discussion sur la mort de Jésus se trouve dans le livre : Strobel, Lee, Jésus la parole est à la défense! Un journaliste d’expérience à la poursuite du plus grand événement de l’histoire, Vida, 1998, 217-232. Lee Strobel fit une entrevue avec Alexander Metherell, médecin et ingénieur. En ce qui concerne la mort de Jésus, quelques arguments sont résumés dans le présent texte.

[5] Pièce de bois souvent placer horizontalement, sur laquelle on clouait les bras.

[6] Choc Hypovolémique: Hypo: Bas Vole: volume émique: sang

[7] Produit parfois des évanouissements

[8] Certaine blessures sportives ont produit des effets similaires.