Réprobation, libre arbitre, et théisme sceptique

Comment peut-on réconcilier un Dieu d’amour avec l’idée qu’il décrète que certaines personnes (voire-même un grand nombre d’entre elles) périssent au final?

Cette question est probablement l’une des plus difficiles adressées aux partisans de la théologie réformée, dite calviniste, selon laquelle la providence divine est telle que Dieu décrète souverainement et de manière unilatérale tout ce qui se passe dans le monde. Elle mérite donc une bonne réflexion de la part des théologiens et philosophes calvinistes.

L’amour et la volonté divine

La question soulève le souci qu’il pourrait y avoir une incompatibilité entre la doctrine calviniste de la réprobation, et un certain attribut de Dieu, à savoir le fait (sans aucun doute biblique), que Dieu est amour. Lorsque la question est énoncée sous la forme d’un argument, on voit qu’il s’agit en fait d’un cas particulier de l’argument du mal, formulé par le syllogisme suivant, que j’appellerai « miséricorde pour tous »:

-Prémisse 1: Si Dieu est amour, alors il désirera de manière maximale, empêcher la condamnation (éternelle) de toute personne,love

et

-Prémisse 2: Si le Calvinisme est vrai, (c’est à dire que les humains n’ont pas un libre arbitre tel que Dieu ne puisse pas déterminer l’issue de leurs choix), alors Dieu pourrait faire en sorte que tous les humains se repentissent librement et croient.

Ainsi, étant donné que Dieu est amour, il s’ensuit que tous les humains devraient se repentir librement et croire. Mais en réalité pas tous les humains ne se repentissent librement et ne croient, donc l’une de nos prémisses doit céder.

La réponse des arminiens est bien sûr de rejeter l’antécédent de la prémisse 2 et son affirmation que le calvinisme est vrai: ils répondent plutôt que Dieu ne sauve pas tout le monde, parce que Dieu ne peut pas sauver tout le monde, en vertu du fait que les humains aient un libre arbitre libertarian.

Dans le camp opposé, la réponse des calvinistes est plutôt de rejeter la première prémisse, à savoir l’affirmation que si Dieu est amour, alors il désirera de manière maximale empêcher la condamnation (éternelle) de toute personne.

Tout d’abord, remarquez bien le qualificatif « de manière maximale » dans cette prémisse. Pour que l’argument fonctionne, il ne suffit pas que Dieu soit enclin dans une certaine mesure envers le salut de tous–une thèse affirmée par de nombreux calvinistes, moi inclus, (ce qui, je me permets d’ajouter, rend l’utilisation de 1 Tim. 2:4 par les arminiens impertinente dans ce débat)–mais plutôt, pour que l’argument « miséricorde pour tous » fonctionne, il faut que le salut de tous les pécheurs soit, dans tous les cas, ce que Dieu désire de manière maximale. C’est uniquement cette thèse que les calvinistes rejettent. Les calvinistes sont tout à fait d’accord que l’attribut de l’amour divin incline Dieu dans le sens de la miséricorde dans une mesure certaine (après tout, selon eux, Il élit gratuitement pour le salut, des pécheurs qui ne le méritent pas le moins du monde!), mais ils maintiennent juste que son amour n’implique pas que le salut soit toujours ce qu’il désire de manière maximale dans tous les cas. Et en ce sens, gardez à l’esprit que techniquement, les arminiens eux-aussi, affirment que la volonté divine maximale n’est pas de sauver tous les pécheurs dans tous les cas: selon eux, au final, Il condamne bel et bien un grand nombre d’entre eux. Oui, il s’agit de ceux qui le rejettent librement en utilisant leur libre arbitre libertarian, mais il n’en reste pas moins que Dieu désire leur donner un libre arbitre libertarien, plus qu’Il ne désire sauver tout le monde. Et de manière intéressante, c’est précisément ce que les arminiens répondraient aux universalistes qui emploient l’amour divin dans des arguments contre eux, en disant que si Dieu aimait vraiment tout le monde, alors il sauverait simplement tout le monde, qu’ils aient la foi chrétienne ou pas. Lorsqu’ils ne sont pas universalistes, les calvinistes et les arminiens répondent d’une seule voix: « Dieu est amour, mais il ne s’ensuit pas qu’il doive pardonner tous les pécheurs au détriment de toute autre chose ». Les arminiens disent qu’Il met plus de valeur dans le libre arbitre libertarien, et les calvinistes doivent dire qu’Il a plutôt d’autres raisons.

Justice et théisme sceptique3451876

Que peut-on alors dire au sujet de ces « autre raisons »? D’abord, les calvinistes disent que l’amour divin incline Dieu vers le salut, mais ils maintiennent que Dieu a d’autres attributs qui rentrent en jeu également dans la décision du jugement éternel d’un individu donné. En particulier, ils disent que Dieu est juste, saint, droit, en colère contre le péché, etc… tous des attributs incontestablement bibliques, bien sûr–ce n’est pas à ce niveau que se trouve la controverse. Mais ainsi, les calvinistes maintiennent que pour un pécheur donné, Dieu a la liberté d’exercer son amour pour le sauver, ou sa justice pour le condamner. Un pécheur reçoit la miséricorde, un autre reçoit la justice, et tous deux sont cohérents avec le caractère de Dieu.

À la lumière de ces faits, les calvinistes pourraient même offrir un contre-argument réfutant l’argument « miséricorde pour tous », sous la forme d’un reductio ad absurdum, se basant sur l’attribut de la justice divine. Ils pourraient dire qu’il existe un argument pertinemment similaire (et également incorrect), se basant sur la justice et la droiture divines, supportant la conclusion qu’aucun pécheur ne sera jamais sauvé. Il prendrait la forme suivante, l’argument « et la justice pour tous »:

-Prémisse 1: Si Dieu est juste, alors il désirera de manière maximale, condamner tous les coupables

-Prémisse 2: Dieu sera le juge qui siègera au jugement final de tous les pécheurs coupables

Par conséquent, tous les pécheurs seront condamnés. Bien sûr, cet argument est incorrect, étant donné que la prémisse 1 est fausse, mais il a pour but de souligner l’erreur de l’argument « miséricorde pour tous »: on ne peut pas prendre un attribut de Dieu en isolation de tous les autres, et spéculer sur ce que Dieu ferait sur la base de cet attribut seulement.

Cela étant dit, je pense que les arminiens pourraient offrir une réponse plutôt honorable et maintenir l’argument « miséricorde pour tous », tout en rejetant de manière cohérente l’argument « et justice pour tous ». Ils pourraient dire que lorsque Dieu pardonne les pécheurs, sa justice n’est en fait pas compromise du tout, puisque même si le pécheur qui reçoit la miséricorde n’est pas condamné pour ses péchés, la justice est quand même exercée dans la mesure où Jésus reçoit leur punition sur la croix. Cette réponse est tout à fait acceptable, et si les arminiens prennent cette position, je pense que les calvinistes auront beaucoup de mal à réfuter l’argument « miséricorde pour tous », sur la seule base de l’argument « et justice pour tous », mais voila le problème: le fardeau de la preuve n’est pas sur les épaules des calvinistes. Ils n’ont pas besoin de démontrer que l’argument « miséricorde pour tous » est incorrect, ils ont simplement besoin de défendre la cohérence de leur réjection de sa première prémisse. Pour cela, ils n’ont ainsi pas besoin de fournir la raison (ou les raisons) qui incline(nt) Dieu vers la justice plutôt que la miséricorde pour un pécheur donné. Les calvinistes peuvent (et je pense qu’ils devraient) offrir dans une certaine mesure la réponse appelée « théisme sceptique », qui dit ceci: « Dieu a des raisons moralement suffisantes pour ce choix qu’Il fait, et même si je ne suis pas personnellement capable de vous donner ces raisons, il ne s’ensuit pas un instant que ces raisons suffisantes n’existent pas ».

« Et que dire si Dieu…? »

A vrai dire, lorsque Dieu en arrive à nous donner un certain niveau d’explication dans Rom ains 9, son explication se trouve être fondée précisément sur la démonstration des attributs divins de la justice et la puissance, tel que je l’ai suggéré ci-dessus. whatifDans ce fameux chapitre, Paul anticipe que certains vont objecter à ses enseignements difficiles sur le choix divin souverain de l’élection, et il répond comme ceci: « Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras: Pourquoi blâme-t-il encore? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé: Pourquoi m’as-tu fait ainsi? Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil? Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire? »

Cela semble assez clairement enseigner que la colère de Dieu contre les vases préparés pour la destruction, le glorifient dans une certaine mesure, et amplifie sa miséricorde pour ceux qu’Il a préparés d’avance pour la gloire. Ce que je trouve fascinant, cependant, c’est que même Paul formule sa réponse avec un « et que dire? » Sa formulation attentive est plus modeste que de dire « voici la seule et unique réponse, entièrement satisfaisante à cette objection, ou encore voici la raison pour la réprobation. Au contraire, il semble lui-même employer la réponse du « théisme sceptique » dans une certaine mesure. Il semble offrir une défense, plutôt qu’une théodicée complète. Il dit: « vous objectez à cette doctrine, vous prenez sur vous ce lourd fardeau de la preuve, mais « que dire », si ceci et cela étaient le cas? Si « ceci et cela » étaient le cas, l’objection échouerait dans son but d’établir qu’il y a une incohérence dans les enseignements de Paul, et les calvinistes n’ont pas même besoin de s’engager sur le fait que la démonstration de la justice de Dieu soit la seule raison pour laquelle il abandonne les réprouvés dans leur péché. Ainsi, bien que je pense que la réponse de Paul offre en effet un point de départ solide pour une explication fondée sur la démonstration des attributs divins, il est aussi tout à fait acceptable de dire « je ne connais pas complètement les raisons dont Dieu dispose, mais j’ai de bonnes raisons indépendantes de penser d’un côté que Dieu est amour, et d’un autre côté qu’il élit certains et pas d’autres, et donc je vais juste avoir confiance en le fait que ces deux enseignements sont en harmonie l’un avec l’autre ». Après tout, la meilleure façon de démontrer que deux propositions sont compatibles, est de montrer que ces deux propositions sont vraies! La Bible enseigne que Dieu est amour, et la Bible enseigne que Dieu nous a choisis avant la fondation du monde (Eph. 1), prédestine, justifie, sanctifie et glorifie tous ceux qu’Il appelle (Rom. 8), montre sa miséricorde à ceux qu’Il veut et endurcit ceux qu’Il veut, ne dépendant ni de celui qui veut ni de celui qui court, mais uniquement de sa miséricorde (Rom. 9),etc. Ainsi, bien que j’espère que ma discussion ci-dessus ait offert un peu plus en terme d’explication, je ne pense pas qu’il soit inapproprié de dire « je crois que Dieu a révélé ces choses, et même s’il me manque une explication complète de comment elles s’harmonisent les unes avec les autres, je vais placer ma confiance dans le fait qu’Il est Saint et droit, et que lorsque le jour du jugement sera venu, « celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? »

Cela me semble bien être une idée biblique à affirmer ou à chanter: notre Dieu est un sauveur puissant, et son amour dure pour toujours.

21 réponses
  1. Marc-Olivier Blondin-Provost
    Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    Vous avez dit : « notre Dieu est un sauveur puissant, et son amour dure pour toujours.»

    Si un Dieu tout-puissant et tout-gentil a délibérément créé la race humaine, il savait, dès le départ, que je serais un incroyant. Il a délibérément choisi que je sois un agnostique athée. Il a délibérément choisi qu’il y aurait des gens qui ne croiraient pas en lui. Pourquoi ce jeu? Aurait-il pu créer un univers où la souffrance est bien moins présente? Bien sûr! Il est tout-puissant! Il a choisi d’incorporer la souffrance dans notre vie sociale. Il a aussi choisi que l’enfer existerait, c’est sa responsabilité, pas la nôtre.

    Dieu n’a pas lancé des dés lorsqu’il a créé l’univers. Il a choisit que l’humain souffrirait. Si Dieu est amour, pourquoi condamnerait-il quiconque à souffrir de ce qu’il a fait?

    C’Est exactement comme si je mettais un enfant de 1 an dans une pièce vide où il y a une paire de ciseau dans le milieu et rendre responsable l’enfant s’il se coupe… ça serait moi qui est irresponsable, pas l’enfant. Selon les croyants, nous sommes les enfants de dieu. Il nous rend responsable d’agir de la manière qu’il savait que nous allions agir. Et c’est ici que Dan Barker marque des points :

    https://youtu.be/5lyxL2nx5cw

    Aussi, c’est bien beau parler du libre arbitre, mais il faut déjà amener des évidences de son existence. Je crois qu’il n’existe aucune évidence valide pour l’existence du libre arbitre. Je crois même que les évidences en neuroscience démontrent qu’il n’existe pas.

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    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      Bonjour,
      quelques remarques rapides.
      Nous sommes d’accord sur vos affirmations suivantes: « [Dieu] savait, dès le départ, que je serais un incroyant. Il a délibérément choisi que je sois un agnostique athée. Il a délibérément choisi qu’il y aurait des gens qui ne croiraient pas en lui ». Oui. Sauf que bien sur j’ajouterais que pour vous qui êtes encore vivant, l’affaire n’est pas réglée. Traitez moi d’optimiste, mais je prie pour votre changement de coeur!
      Vous dites « pourquoi ce jeu? » Je n’admet pas qu’il s’agisse d’un jeu, mais pour ce qui est du « pourquoi », j’y répond de manière détaillée dans l’article ci-dessus.
      J’affirme aussi avec vous qu’il aurait pu « créer un univers ou la souffrance est bien moins présente », et dois donc maintenir que la souffrance sert ses buts. Alors évidemment, le fait que je ne sois pas en position de lister ces buts moi même ne veut absolument pas dire que ces buts ne peuvent pas exister, ou qu’il est irrationnel de croire que ces buts existent.
      Lorsque vous dites que l’existence de l’enfer est sa « responsabilité » et pas la notre, votre contention souffre d’une équivocation entre responsabilité causale, et responsabilité morale. Cette dernière ne s’ensuit pas de la première. Le chrétien (tout du moins le chrétien réformé, dit calviniste), affirme que Dieu est causalement responsable pour le mal et la souffrance, mais pas moralement responsable; ou du moins pas coupable. Un bon nombre de circonstances même dans ce monde nous montrent que la responsabilité causale n’implique pas la responsabilité morale: la coercition, la manipulation, la maladie mentale, l’ignorance des faits entourant une action, toutes ces conditions sont telles qu’un individu peut être responsable causalement sans être responsable moralement. Alors a fortiori, Dieu, qui est Ô combien différent de sa création qu’il transcende, est un bon candidat pour une telle exclusion de culpabilité.
      Votre analogie avec un enfant de 1 an ne fonctionne pas, précisément parce que la situation n’est pas analogue avec Dieu pour un bon nombre de raisons, la plus importante étant le fait qu’il soit le créateur souverain de l’univers, omniscient, et omnipotent. Ces propriétés non-analogues rendent l’argument par analogie improbable.
      « Selon les croyants, nous sommes les enfants de dieu ». Hélas non, c’est une affirmation sentimentale bien populaire (même en milieu chrétien!) mais ce n’est pas biblique. La bible affirme que par la repentance de nos péchés et la foi en Jésus, nous devenons des enfants de Dieu. Nous sommes adoptés par Dieu. Avant cela, Jésus dit que nous sommes des enfants du diable, Paul dit que nous sommes des enfants de la colère, et que nous nous tenons tous sous le jugement de Dieu. C’est ce jugement que nous sommes si joyeux d’avoir évité, par le fait que Dieu nous pardonne gratuitement, ayant puni Jésus à notre place. Le salut est un don gratuit de Dieu pour ceux qui se repentent et placent leur foi en Jésus. C’est ce que nous appelons l’évangile, ou la bonne nouvelle.
      Enfin, pour ce qui est du libre arbitre, si vous lisez bien mon argument ci-dessus, vous verrez que je n’affirme pas la vision « libertarienne » du libre arbitre, et donc si vos « évidences en neuroscience » s’avéraient démontrer le déterminisme (chose dont je doute un peu quand même), cela ne réfuterait que le libre arbitre libertarien, et laisserait ma position calviniste intacte. Nous sommes donc probablement en accord sur la relation entre libre arbitre et déterminisme, bien qu’évidemment je croie que le déterminisme soit théologique, et vous affirmeriez sand doute plutôt qu’il est purement nomologique.
      Cordialement,
      Guillaume.

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  2. Marc-Olivier Blondin-Provost
    Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    « Le chrétien (tout du moins le chrétien réformé, dit calviniste), affirme que Dieu est causalement responsable pour le mal et la souffrance, mais pas moralement responsable; ou du moins pas coupable. »

    «Dieu, qui est Ô combien différent de sa création qu’il transcende, est un bon candidat pour une telle exclusion de culpabilité.»

    Même si Dieu est différent de la création qu’il transcende, il l’a quand même engendré et il en a choisi TOUS les détails.

    « Votre analogie avec un enfant de 1 an ne fonctionne pas, précisément parce que la situation n’est pas analogue avec Dieu pour un bon nombre de raisons, la plus importante étant le fait qu’il soit le créateur souverain de l’univers, omniscient, et omnipotent. Ces propriétés non-analogues rendent l’argument par analogie improbable. »

    Okay, alors admettons que Dieu – un créateur souverain omniscient et omnipotent – crée un petit univers : une pièce de maison. La pièce est vide, sauf un enfant et une paire de ciseau. Ce Dieu est causalement responsable de ce qui arrive et de ce qu’il va arriver, car il sait déjà ce qu’il va arriver. Il a choisi ce qu’il allait arriver. Il est donc justifié de croire que cela est comme un jeu pour Dieu, car il n’a pas besoin de créer cela pour exister, cela est fort probablement pour son propre divertissement. Le bébé de 1 an se coupe profondément et meurt dans d’horrible souffrance. Je ne vois pas qui, hormis Dieu, serait responsable moralement ici.

    «C’est ce jugement que nous sommes si joyeux d’avoir évité, par le fait que Dieu nous pardonne gratuitement, ayant puni Jésus à notre place.»

    Un tel Dieu qui punit me semble étrangement anthropomorphique et manque d’empathie envers les créatures qu’il a lui-même créé (et le diable aussi). Aussi, il ne punit Jésus à notre place que si on accepte Jésus en tant que sauveur. Cela veut dire que Dieu punit énormément de monde pour la seule raison qu’on ne le vénère pas. Très enfantin.

    Je suis un hard-core déterministe, mais je me fous du déterminisme complètement, car je ne peux pas le prouver. Les évidences en neurosciences démontrent que notre conscience n’agit pas sur le monde. Ce sont nos processus inconscients qui agissent et les représentations conscientes sont des informations utiles aux processus inconscients. Par exemple, votre écran d’ordinateur est utile pour transférer de l’informations entre deux processus (de l’ordinateur à l’humain), mais il n’agit pas sur les données. L’écran est passif, comme la conscience. Nous avons des études, par exemples, qui démontrent que les machines peuvent prédire un mouvement de votre bras quelques secondes avant votre décision consciente de lever le bas.

    Le libre arbitre suppose que la conscience ait des degrés de liberté sur les processus inconscients. Il faut démontrer cette hypothèse.

    Aussi, vous avez dit (vous me citez en premier) : « Il a délibérément choisi qu’il y aurait des gens qui ne croiraient pas en lui ». Oui. Sauf que bien sur j’ajouterais que pour vous qui êtes encore vivant, l’affaire n’est pas réglée.»

    Pour Dieu, l’affaire est déjà réglée. Il sait déjà où je serai dans 2 ans. Si je meurs athée – ce qui est fort fort frot probable – alors ce sera le choix de Dieu. Il a choisi que je « choisirais » de ne pas croire en Jésus et en lui. Ensuite, il me punit pour le choix qu’il a fait. Je comprends pk vous voulez déculpabiliser Dieu, car cette croyance est probablement très importante pour vous. J’ai hâte de voir votre réponse!

    Passez une belle journée!

    Marc-Olivier

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    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      « Il est donc justifié de croire que cela est comme un jeu pour Dieu, car il n’a pas besoin de créer cela pour exister, cela est fort probablement pour son propre divertissement. »
      Non. Votre conclusion ne s’ensuit pas du tout de la prémisse acceptée. Votre affirmation est donc soit un sophisme épouvantail, soit un non-sequitur.
      « Le libre arbitre suppose que la conscience ait des degrés de liberté sur les processus inconscients. Il faut démontrer cette hypothèse »
      Non. Vous renversez le fardeau de la preuve. C’est vous qui offriez l’affirmation que le libre arbitre n’existe pas. C’est donc à vous de démontrer cette hypothèse. De mon côté, je me contente modestement de maintenir la cohérence de ma croyance dans le libre arbitre. Je ne prétends pas (ici) vous convaincre de cela avec un argument.
      Enfin, lorsque je disais que votre sort n’était pas réglé, vous insistiez que pour Dieu, l’affaire était déjà réglée. Nul ne dispute le fait que Dieu sache votre destination à l’avance (particulièrement s’il est au contrôle de cette issue); tout ce que je disais est que votre passage à côté du salut en Jésus n’est pas une thèse incontestable; vous avez encore le temps de changer d’esprit, à la façon de bien d’autres athées avant vous, moi inclus.
      C’est l’objet de mes prières pour vous.
      Affectueusement,
      Guillaume.

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  3. Marc-Olivier Blondin-Provost
    Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    «Non. Vous renversez le fardeau de la preuve. C’est vous qui offriez la contention que le libre arbitre n’existe pas. C’est donc à vous de démontrer cette hypothèse. »

    Tout à fait, c’est mon fardeau étant donné que c’était ma déclaration. Mais, un peu comme Dieu, je ne cherche pas à démontrer que le libre arbitre est inexistant – ou en fait, juste un peu. J’ai déjà donné mon explication. Mon but est de comprendre les arguments de l’autre, d’écouter, et ensuite critiquer au besoin. Vous avez dit croire au libre-arbitre sans toutefois ajouter de démonstration de son existence, voilà pourquoi je me suis permis une critique. Le fait que ma déclaration de non-croyance mérite une justification, j’en suis d’accord – et j’en ai donnée une – mais votre déclaration aussi en mérite une. Il faut arrêter de dire « renverser » le fardeau de la preuve, car TOUTES les déclarations méritent un fardeau de la preuve. Autrement dit, il faut justifier ce que l’on dit.

    Si un jour je crois ne Dieu, je vais croire qu’il est méchant et irresponsable. Il est responsable moralement et causalement de tout le mal. Avait-il le choix de nous faire pécheur? Oui, il a tout de même décidé de nous faire pécheur. On aurait facilement pu être, en permanence, tous au paradis. Quelle est l’utilité du péché pour un être tout-puissant et tout-bon si ce n’est son anthropomorphisme et son désir d’être vénéré, louangé?

    Si Dieu sait tout et qu’il aurait pu faire autrement, alors on ne peut pas le disculper du mal, et ce, même s’il aurait pu avoir des raisons, car ultimement on ne peut pas les savoirs. Le péché est très incohérent avec la bonté d’un être suprême, aussi.

    Bonne journée!

    Marc-Olivier

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    • Marcel
      Marcel dit :

      Bonjour Marc-Olivier,
      J’apprécie beaucoup le fait que vous soyez à la recherche d’une juste compréhension, et donc votre ouverture d’esprit. Si Dieu nous avait placé dans un paradis, nous n’aurions jamais eu la liberté de vivre avec ou sans Dieu. Est-ce que nous laissons notre cœur s’endurcir ou reconnaissons-nous que dans notre liberté nous ne voulons pas de Dieu ?
      Et si l’on part du principe que Dieu n’existe pas, la faute ne peut pas non plus être la sienne.
      Bien cordialement,
      Marcel

      Répondre
  4. Paul
    Paul dit :

    Bonjour,

    merci beaucoup pour cet article très enrichissant, je me pose néanmoins quelques questions qui ne contestent pas la logique de votre démonstration mais qui me viennent à l’esprit lorsque je me remémore certains verset.
    Plus précisément, mes questions concernent La mission. En effet, si Dieu prédétermine des gens pour le salut (et a fortiori pour la perdition), quelle doit être notre attitude vis-à-vis de la bonne nouvelle que nous avons reçu et où est l’intérêt de la partager ?
    En effet, peut-être me répondriez-vous que ne sachant pas qui doit hériter du salut, il est important que chaque chrétien puisse témoigner en espérant atteindre ainsi un des élus. Bien sur, cette démarche n’a pas de sens puisque les élus étant inconditionnellement sauvés, peu importe l’intervention des hommes.
    Une autre hypothèse (à laquelle je pense vous adhérerez) serait de dire que dans sa volonté Dieu a choisi des hommes et des femmes pour propager sa parole, là encore indépendamment de leur volonté (où ce qu’ils pensent être leur volonté), et qu’ainsi il ne peut pas y avoir de chrétienté inactive comme nous le constatons depuis plus de 2000 ans puisque telle est la volonté de Dieu que les élus soient sauvés (entre autre) par l’évangélisation.

    Dès lors à quoi rime, dans ce cadre, de tels verset:
    – Matthieu 28:19 « Allez, faites de toutes les nations des disciples […] »
    – Jean 12:32 « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi »
    – Jean 3:16 « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »
    – Deutéronome 30:19 « Je prend aujourd’hui les cieux et la terre à témoin contre vous, que j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. » ?

    J’imagine que d’autres verset pourraient appuyer mon interrogation mais en voici quelques uns. Jésus dupe-t-il lorsqu’il demande à ses disciples de faire de toutes les nations des disciples ? (puisqu’il s’agit d’un ordre impossible). Est-il menteur lorsqu’il dit qu’il attirera tous les hommes à lui ? Que penser de l’emploi du terme « quiconque » qui laisse supposer que n’importe quel homme est en mesure de prendre part au salut ? Enfin, le choix laissé dans le verset du Deutéronome est-il illusoire ? Si oui, comment avoir confiance ?

    Excusez-moi pour ce méli-mélo de questions, loin de moi l’idée d’offenser mais même si elles semblent directes, elles sont telles que je me les pose.

    Enfin dernière chose, qui vous semblera peut-être farfelue: y a-t-il selon vous une possibilité pour que la vision calviniste et arminienne puisse coexister dans la volonté divine, d’une manière qui nous dépasserait pour le coup complètement ? En effet, à l’étude, les deux me semblent terriblement solide.

    Soyez béni,

    Paul.

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    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      Bonjour,
      Très rapidement.
      Pour ce qui est de l’évangélisation, la prédestination n’implique en rien que notre évangélisation soit inutile. Effectivement, nous sommes appelés à prêcher à tout le monde, et la question de qui répondra est dans les mains de Dieu, pas les nôtres: c’est lui qui change les coeurs. Vous dites d’une personne élue qu’elle sera sauvée « peu importe l’intervention des hommes »; non, si cette personne est prédestinée à être sauvée par le moyen de l’évangile prêché par un homme, alors il est faux de dire « peu importe l’intervention des hommes ». Maintenant, il reste vrai que s’il s’agit juste de prêcher l’évangile, alors Dieu n’a pas besoin de nous: il est bien capable de se révéler à un Saul de Tarse directement. C’est juste que dans sa sagesse, il a décidé de faire de nous ses ambassadeurs pour le message. Gloire à lui.
      Pour les versets qui parlent de faire de toutes les nations des disciples, je doute que le texte requière qu’il soit possible de convertir absolument tous les individus d’une nation. C’est impossible que l’on soit Arminien ou Calviniste. Vous dites qu’un commandement impossible à tenir est absurde, mais la bible en contient bien d’autres: « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »; nul n’affirme que c’est possible pour un fils d’Adam de vivre un vie parfaite; et pourtant Dieu nous tient responsables de nos actes, et coupables de notre échec.
      Le contexte de Jean 12 parle des Grecs cherchant Jésus, et il est bien plus probable de lire la réponse de Jésus comme une affirmation du fait qu’il était venu pour les brebis perdues d’Israël, et que c’est seulement lorsqu’il sera élevé sur la croix qu’il attirera à lui tous les peuples: les Juifs d’abord, et les Grecs ensuite.
      Dans Jean 3:16, même si le mot « quiconque » était dans le Grec (ce qui n’est pas le cas, littéralement, le verset dit « tous ceux qui croient »), ça ne voudrait pas dire que le périmètre de ceux qui croient n’est pas dans les mains de Dieu. Le verset n’affirme donc ni ne renie une vue ou une autre sur le libre arbitre.
      Enfin, le « choix » dans Deutéronome n’est pas illusoire. Le Calviniste n’affirme pas du tout que nos choix sont illusoires, uniquement qu’ils sont déterminés dans la providence de Dieu, et que ces deux choses sont compatibles. Evidemment les arminiens protestent et trouvent ces deux choses incompatibles, mais il ne suffit pas de présupposer l’incompatibilité, puisqu’elle est au coeur du désaccord: il faut l’étayer.
      Voila.
      Pour ce qui est de votre dernière question, la réponse est malheureusement non. Il n’y a pas de possibilité logique de compromis sur la question, puisqu’il s’agit d’une question qui n’admet qu’un oui ou un non: soit Dieu détermine l’issue de nos choix libres, soit Dieu ne détermine pas l’issue de nos choix libres. Soit le libre arbitre est compatible avec le déterminisme, soit le libre arbitre n’est pas compatible avec le déterminisme; mais il n’y a pas de juste milieux. Il est donc permis de dire « je ne sais pas qui a raison et qui a tort », mais il est incohérent de dire « tout le monde à raison ».
      Blessings,
      Guillaume.

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  5. fille du roi
    fille du roi dit :

    Il est bien de sonder les mystères de Dieu tel que l’élection mais pourvu que Dieu révèle ce qu’il en est réellement car en vérité lui seul sait ce qu’il en est réellement.
    Je pense qu’aucune de ces prémisse n’est exacte du moins parfaitement ! Car tout les attributs de Dieu et sa volonté parfaite ne sont pas pris en compte .

    Ce que Dieu veut c’est que les hommes soient sauvés . Oui nous sommes libres et responsables devant Dieu , c’est biblique . Dieu n’a pas crée des automates qu’il dirige comme des pantins et torture selon son bon gré . Dieu n’est pas un fou tyran sado maso . Dieu veut simplement vivre une relation avec l’homme qui l’acceptera en tant que Seigneur et Sauveur dans sa vie . C’est pour cela que Jésus est venu pour réconcilier L’HOMME et non pas « l’élu » avec lui. Et puis tout homme est une élection de Dieu . Dieu veut que les justes soient sauvés mais que le méchant qui ne veut pas se détourner de ses mauvaises voies assument en récoltant ce qu’il a semé : la mort éternelle ! . Dieu a mal lorsqu’il voit l’homme péché parce qu’il sait que l’homme va en Enfer mais je peux vous dire que Dieu pleure plus que l’on ne peut l’imaginer pour tout ces hommes qui vont en Enfer , il ne s’en réjouit pas.. Dans ce cas la il ne nous aurait même pas créer ! Ou sinon il est complètement haut perché ce qui est loin d’être le cas comme le montre sa création. Dieu aime tellement l’homme mais c’est l’homme qui ne l’aime pas !! Si Dieu nous a créer c’est pour un but il ne l’a a fait comme cela juste pour le fun, il veut nous partager cet amour qu’il a en lui et qu’il est parce qu’avant d’être quoi que ce soit Dieu est AMOUR avant tout !!! Dieu n’a pas créer l’Enfer pour les hommes à la base mais pour Satan et ses anges, mais il ne faut pas oublier que c’est l’homme qui a choisi par son péché de se retrouver la bas ! Car le SALAIRE du péché c’est la mort . C’est un dû .
    La lettre tue mais l’Esprit vivifie , alors laissons le St Esprit nous enseigner et nous révéler les mystères et les grandeurs de Dieu !! Qui revient bientôt . Soyons Prêts . Dieu vous aimes et tout ce qu’il veut c’est que vous soyez sauvés . Aucun de nous n’est plus « élu » qu’un autre … disposez seulement vos cœurs c’est ce que Dieu veut que vous lui ouvrez votre cœur et cela dépend de vous pas de lui . Car il ne force personne . Même s’il sait toutes choses à l’avance sa ne veut pas dire qu’il les a déterminées à l’avance… Mais il connait les choix de l’homme à l’avance c’est différents !

    Sur ce : Bonne soirée. et que Dieu vous garde et vous comble de sa bonté et son amour parfait qui je le répète est accessible à celui qui l’accepte et pas à une élite, dite « élu » , Christ est mort non pas pour les juifs seulement ou les grecs ou les noirs ou autres mais pour l’HOMME . Tout est dit je pense … A nous de choisir ou l’on veut aller. Si l’on veut comprendre ce qu’il veut dire par élection demandons lui et il nous expliquera parfaitement !!

    Répondre
  6. Laurent
    Laurent dit :

    Bonjour Guillaume, aurais-tu des livres/articles à me conseiller sur le sujet du compatibilisme ? Tant le compatibilisme théologique et biblique (celui qui est lié à l’élection de Dieu) que tout autre compatibilisme (lié à n’importe quel déterminisme) car j’ai lu que plusieurs philosophes non chrétiens comme Thomas Hobbes (et d’autres je ne me rappelle plus) étaient compatibilistes.

    A noter qu’on m’a déjà conseillé le Freedom of the will de Jonathan Edwards.

    Grâce et paix.

    Laurent Dv

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    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      Bonjour,
      Un nouveau livre important sur la question et par des philosophes chrétiens de calibre vient de sortir: « Calvinism & the problem of evil » édité par Johnson et Alexander. Excellente ressource.

      Répondre
  7. kombila
    kombila dit :

    La Bible est complet dans les enseignements qu’elle prodigue… Moi personnellement je ne me confits que à la Lumière de la parole de Dieu. Et rien d’autre tout raisonnement intellectuel philosophique. Théologique. N’a pas grand intérêt pour moi. Je garde ma foi sur Jésus Christ qui est le chemin la vérité et la vie. Et de marché en OBÉISSANCE à sa Parole.

    Répondre
  8. Alfredo
    Alfredo dit :

    Bonjour Guillaume

    merci pour cet excellent article !

    Petite question (sérieuse) : sais-tu si tu fais partie des élus ? Et si oui, pour qu ‘elle(s) raison(s) ?

    Merci

    Répondre
    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      Bonjour. Oui, je dis savoir faire partie des élus. Pour quelle raison? Parce que j’ai placé ma foi en Christ pour le pardon de mes péchés, et l’Esprit témoigne à mon Esprit que je suis un fils de Dieu. C’est je le crois une connaissance proprement basique, produite par le témoignage de l’Esprit Saint (comme le formulerait Alvin Plantinga).

      Répondre
      • Alfredo
        Alfredo dit :

        Merci Guillaume

        Mais comment peux-tu en être sûr ? Je m ‘explique : lorsqu’ on prend connaissance de la « prédestination », on pourrait en quelque sorte »s’auto-convaincre » qu ‘il faut mettre sa foi en l’ œuvre de Christ et se dire qu’ ainsi, on est finalement du bon côté (un peu le « pari  » de Pascal) ?!

        Répondre
        • Guillaume Bignon
          Guillaume Bignon dit :

          Bonjour. Le savoir ne requiert pas la certitude absolue et indubitable. « on pourrait » se tromper, « on pourrait » aussi avoir la mauvaise religion, « on pourrait » être un cerveau dans un bocal stimulé par des électrodes, mais ces simples possibilités ne font rien pour empêcher notre savoir du contraire.
          Ma connaissance du fait que je sois sauvé, par la foi en Jésus, selon les écritures saintes qui témoignent de la vérité de Dieu, n’est pas, de manière similaire, empêchée par l’existence de simples possibilités théoriques.
          Gloire à Dieu.

          Répondre
  9. Ariel Allemand
    Ariel Allemand dit :

    Bonjour M. Bignon,
    J’ai pu assister cette fin de semaine du 18 mars dernier à la conférence axiome. D’abord merci pour votre travail pour l’apologétique. Par contre, je suis assez sceptique de la position Caliviniste. N’y a-t-il pas la possibilité que Dieu, selon romains 9 ait déterminé de faire miséricorde et de condamner certains individus et/ou certains peuples (comme l’élection du peuple juif), mais que ce ne soit pas, de manière générale ou absolu, le plan de Dieu pour les individus? Je vois dans la doctrine écrite par l’apôtre une continuité jusqu’au chapitre 11 où à mon avis, Paul conclut son élaboration du plan de Dieu pour le salut des hommes. Dieu a choisi Israël et certains individus à l’intérieur du peuple pour diriger l’histoire du monde à la crucifixion de Christ. Et Romains 11 conclut. «Il a enfermé tous les hommes dans la désobéissance afin de faire miséricorde à tous». Je vous rappelle ici romains 9 qui dit «Dieu fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.» Donc, il a fait miséricorde a qui il a voulut et il a endurcit qui il a voulu pour faire miséricorde à tous.
    Je tiens à admettre ici que je crois que Dieu a la pré-science de chacun de nos choix. Mais étant donné son intemporalité, je crois qu’on peut accorder pré-science et libre arbitre, sans nécessairement y ajouter le déterminisme. J’admets que je ne suis pas rendu à ce niveau philosophiquement.

    Répondre
    • Guillaume Bignon
      Guillaume Bignon dit :

      Bonjour,
      Merci pour vos encouragements et votre retour.
      Je pense que l’élection au salut telle qu’elle est enseignée dans le Nouveau Testament et Romains 9 en particulier est individuelle et personnelle, mais effectivement, certains Arminiens interprètent l’élection comme étant générale (« corporate » en anglais).
      Pour une discussion du point de vue Calviniste, vous pouvez lire John Piper « The Justification of God ». Pour une perspective Arminienne, et d’autres en débat, il y a un livre « Perspectives on Election: 5 views », édité par Chad Owen Brand.
      Philosophiquement parlant, je suis personnellement d’accord que le libre arbitre libertarien est compatible avec la divine pré-science. Et je ne pense même pas qu’il faille affirmer que Dieu est hors du temps pour que les deux soient cohérents. Ces questions sont assez indépendantes.

      Répondre
  10. COURTOIS
    COURTOIS dit :

    Bonjour,

    J’ai lu attentivement les réponses, merci à Guillaume, car ses réponses sont un appuis, et d’une grande intelligence, d’où, l’inspiration divine évidente.
    A mon avis le libre arbitre n’existe pas. Dieu laisse à l’homme l’expérience qu’il fait, comme Dieu lui même fait l’expérience par l’amour de la jalousie. De la justice et de la colère.
    Dieu n’a pas choisi de faire de la vie de l’homme ce qu’elle est, donc, il ne donne pas ce choix à l’homme; Car le premier  » faux choix » fut de la séduction. La séduction tue le choix. On ne choisit pas d’être séduit, on est séduit ou pas. Comme on ne choisit pas d’aimer, on aime ou pas. Croire que l’on décide de cela dénature l’amour même. On aime sans pouvoir résister. Si on résiste, c’est croire que l’on a un pouvoir en ce sens. Lorsque l’on arrête d’aimer quelqu’un, c’est par ce qu’il n’y a pas de rencontre possible. C’est qu’il n’y a pas d’appartenance et d’identification. Ca ne raconte rien.
    Le premier homme a t-il choisi d’être tenté? ou a t-il été tenté car il était victime de la jalousie d’un ange? Si le premier homme savait ce qu’il engendrerai l’aurai t-il fait? Peut-être que oui, car en effet, l’homme a été trompé. La surveillance n’est pas un contrôle, mais de l’amour. Ce n’est pas là, un manque de liberté, mais un enfant peut-il choisir d’être prudent si il ignore le danger? Le premier homme scelle le destin du choix. Il fait ici l’éloge de sa capacité a défier le parent, le Père. Il affirme, qu’il peut sans Dieu , agir et faire, et que cela est bon pour lui. Le mal affirme même, que l’on peut choisir de ne pas aimer Dieu. Car c’est une obligation. Cela revient à dire: est-on obligé d’aimer ses parents si on les juges réducteurs? car le jugement de l’homme tombe en même temps que le jugement que l’on fait à Dieu.
    Dieu lorsqu’il vit avec le premier homme , l’expérience de la désobéissance, Il se sépare de l’homme, et lui offre une nouvelle expérience. L’expérience de sa faiblesse, de son conflit. Dieu permet le conflit avec lui, il permet aussi que l’on soit indigné de ce malheur qui est l’injustice. Car nous lui imposons cette expérience si il rétabli le lien avec nous. Comme les adolescents défient leurs parents, pour se faire. Mais l’éducation est bien le socle de la fondation, et de la construction. A t-on été assez aimé pour savoir que l’on ne choisit pas d’être aimé, on est aimé. Quoi qu’il en soit. L’amour inconditionnel ne pose aucune conditions justement. Mais l’amour éduque, afin que par intelligence, nous savons que c’est ce dont nous avons besoin et c’est ce qui nous fortifie le plus. L’amour que l’on nous porte.
    C’est alors, complexe, car la nature pécheresse de l’homme est une réalité à laquelle Dieu doit faire face. Dieu offre la liberté, et pour autant, pas le choix. Car l’homme choisi par nature de s’adapter au monde. Dieu sépare, met à part, coupe le rapport au monde. Il décide de s’imposer comme une nouvelle expérience, pour que l’homme comprenne naturellement, et qu’il accepte de se soumettre à un être supérieur. Lorsqu’un homme est appelé, a t-il demandé qu’on l’appelle? Parfois l’homme appelle et ça ne réponds pas. Comme un enfant appelle son parent qui ne réponds pas lorsque cela devient un commerce. Dieu tu me dois de me répondre puisque je t’appelle et que tu dois prendre soin de moi, c’est ton devoir et ta responsabilité. Si un enfant s’adresse ainsi à son parent que fera ce parent qui l’aime? Il lui apprendra ceci : si je te donne des soins, de l’attention, ce n’est pas tant que je te le dois, c’est que cela m’apporte du plaisir, et de l’amour. J’aime t’aimer et cela me plait. Mais ce n’est pas par ce que tu es mon enfant que je t’aime, c’est par ce que tu crois en nous, en notre amour, et que tu nous fait confiance, tu ne défies pas constamment notre amour. Il ne t’entrave pas, bien au contraire, il te laisse l’expérience du savoir que c’est bon et nécessaire. Si l’amour devient un chantage, il n’est plus libre. Il devient une obligation, et c’est laid. Dieu décide , comme un parent, mais pour autant, ne te prive pas de l’expérience de comprendre que sans lui, c’est forcément, moins bien.
    Tout comme : un enfant décide t-il de naître? Ou est-ce la cause du rapport sexuel?
    La liberté est précieuse à Dieu. Mais le libre arbitre n’existe pas puisque nous sommes dans un monde de tentation, on décidera toujours par nature, ce que nous connaissons le mieux, et ce qui existe devant soi. En nous même. Nous pouvons tout, et nous avons la responsabilité de nos actes. L’édification de l’homme, qui voudrait par sa responsabilité, recevoir les lauriers, les récompenses, les droits, les conforts.
    Si Dieu décidait de cela, alors, l’adage de  » tu as ce que tu mérites » serait vrai. La foi n’est pas un mérite, c’est un don généreux. Dieu choisit, l’homme non. L’homme vit et s’adapte à son époque, sa condition; L’homme a un contentieux avec Dieu, il veut être Dieu. Il veut tout, car Dieu lui a tout donné. Alors il réclame tout. Dieu réponds ceci : si je te donne de l’amour, tu en fera de l’arrogance, si je te donne le savoir tu en fera de la puissance. Si je te laisse le libre choix, tu ira naturellement vers ce que tu connais, et tu voudra la victoire, la guerre peut-être? Pour affirmer ton pouvoir. Tu choisira par nature, l’envie et le désir. Le maintenant , tout de suite.
    Alors, Dieu choisit, avant même, la naissance, car il est exclus de choisir par soi même ce que l’on ignore et ce que l’on ne voit pas, ne ressens pas.
    Dieu reste attentif à l’homme dans son expérience. Car il n’est pas exclus non plus, que l’homme découvrant le monde, ne puisse s’y adapter. L’homme comprendra d’abord, et ce qu’il comprendra, fera sa disposition. Dieu ne reconnait pas ce qui sont obligé. Le libre arbitre est vrai pour ceux qui pensent à tort, que l’on choisit l’amour. Ou pas. Le libre arbitre est vrai pour ceux qui pensent que l’on a le droit de dire non à un paysage sublime, de dire non à la bonté, à la bienveillance, à l’esprit, Que l’on a le droit de rejeter ce qu’il y a de plus merveilleux. Disant que l’on sait par nous même cela et que Dieu n’a rien à faire dans cette expérience. Comme un adulte qui s’affranchit en opposition pour se sentir libre. Car l’opposition n’est pas une liberté, c’est un ancrage. Je me construit en opposition, donc sous influence de cette opposition; Cette opposition est un droit que l’on arrache à la protection et la surveillance. Le libre arbitre c’est le droit de mal choisir, et de le défendre. De se séparer de Dieu à notre tour. Par arrogance. Si Dieu tu sépares, moi aussi, je te sépare. Comme ci, là encore, c’est nous qui choisissons.
    Car l’homme qui choisit , ne veux pas être surveillé et jugé. Le droit de ne pas être d’accord avec la puissance et la lumière est un droit accordé par Dieu. Dieu vient lorsque tu es misérable, dépourvus, abattue, lorsque tu abdiques en quelques sortes. car tu découvres véritablement que l’on est esclaves de nos vices et non libre de les vivres. Lorsque tu comprends que ne pas choisir Dieu, c’est être esclave du monde et de ses dérèglements. Lorsque tu réalises, que par toi même, ce que tu peux , c’est tout juste dire « non » et qu’ensuite, tu es esclaves de ce non. Auquel il faut donner de la contenances. Tu raisonnes comme un homme pour comprendre Dieu. Alors qu’il faut comprendre Dieu, pour raisonner. Donc  » tuer le vieil homme » afin de choisir de laisser Dieu choisir, car c’est véritablement plus prudent.
    Si je suis fait d’amour, je n’ai pas de mérite, car le mérite n’est pas pour Dieu important. Ce qui compte, c’est de vouloir avec lui l’amour et la lumière. Dieu participe en cela. Il t’orientes comme un père oriente son enfant. Et l’enfant naturellement ressens si il est en danger ou pas par son instinct. C’est en étant aimé par Dieu, qu’on l’aime. Non par ce que c’est un choix. Dieu ne forme pas en remplissant le cœur d’un homme avec du sable et de l’eau. Il vide le contenant , et le rempli entièrement de sa gloire. Ce n’est pas avec des raisonnements de ce monde qu’on peut être enfant de Dieu. Mais en étant d’accord avec lui. Le monde ne vaux pas Dieu, et le monde n’a pas tenu ses promesses, Dieu oui;
    Dieu sépare, divise, il ne compose pas avec le monde, il déclare ce monde, le monde du démon.
    Il connait l’homme, et c’est par ce qu’il le connait qu’il le sait incapable de se séparer par lui même. Car l’homme ne peut se séparer de ce qu’il voit, de ce qu’il croit.
    L’homme est esclave du mal, et il se dit libre dans ce choix?

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