Quand l’apologétique ne peut se passer de l’éthique (partie 2)

INTRODUCTION

Nous avons vu dans la première partie de cet article que des liens existent entre l’apologétique et l’éthique. Nous y avons brossé un tableau du présuppositionalisme afin de montrer la réalité de ces liens. Nous considérerons dès à présent la nature de ces liens. Nous examinerons la façon dont l’éthique a des implications apologétiques et, inversement, la façon dont l’apologétique a des implications éthiques. Mais tentons d’abord de circonscrire notre sujet à l’aide des questions suivantes :

  • Si, comme nous l’avons vu dans la première partie de cet article, toute attaque à l’encontre de la foi biblique est fondamentalement de nature éthique, est-il juste d’affirmer que le moyen de défense de cette même foi doit aussi se situer sur un plan éthique?
  • En plus d’être une défense raisonnée du christianisme (ce qui est tout à fait correct), l’apologétique doit-elle être une défense éthique de la foi chrétienne?
  • Est-il même possible de défendre le christianisme de façon éthique?
  • À l’inverse, est-il légitime de dire que des implications apologétiques découlent de l’éthique?
  • Une éthique chrétienne peut-elle et doit-elle faire œuvre apologétique?

Nous répondons par l’affirmative à toutes ces questions. Nous croyons en effet que l’apologétique et l’éthique sont inséparables. Nous examinerons d’abord le rôle que joue l’amour, fondement de l’éthique chrétienne, dans la démarche apologétique. Nous considérerons ensuite la vie de l’apologète comme critère de vérification. Nous aborderons également la question de la place que tient la doctrine biblique dans la défense de la foi chrétienne. Viendra enfin une section qui expliquera comment l’apologétique est l’affaire de tous les chrétiens.

Amour et apologétique

Selon nous, le chrétien doit défendre la foi qu’il professe non seulement en faisant la démonstration intellectuelle que sa foi repose sur de solides arguments, mais également en menant une vie sainte pour démontrer la véracité de cette foi. Une des caractéristiques d’une vie sainte, c’est l’amour pour Dieu et le prochain (1 Jean 2.9-11). Comme le fait remarquer C. Spicq, la dilection fraternelle (dilection: amour spirituel et pur) est au cœur de la morale chrétienne:

L’institution chrétienne se résume en deux articles principaux, chacun récapitulant la foi et la morale: croire au Christ (…) et manifester de la dilection fraternelle[1].

Mais l’amour dont il est question dans le Nouveau Testament ne se distingue pas uniquement par la morale qu’il récapitule. Il dévoile également une facette apologétique : il sert de tremplin à la proclamation de la foi. Même Jésus a insisté sur l’implication apologétique de l’amour, lorsqu’il a fait l’éloge de l’amour fraternel comme outil de persuasion:

C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres (Jean 13.35)[2].

L’amour chrétien sert donc la proclamation du message évangélique et, par ricochet, sa défense. Au sens de la Bible, aimer, c’est « apologiser »!

Curieusement, certains apologètes redoutent que cette invitation à l’amour fraternel comme outil de persuasion les contraigne à renoncer à leur arsenal d’arguments rationnels et à n’avoir d’autre choix que de défendre la foi en sortant de leur fourreau « l’épée de bois » qu’est leur vie sanctifiée. Il se trouve en effet certaines personnes qui dénoncent toute forme de défense rationnelle de la foi, ce qui explique l’origine de cette crainte qu’il arrive à des apologètes d’exprimer. Cependant, une telle crainte donne la fâcheuse impression qu’une vie sainte n’a que peu ou très peu de poids dans la balance des preuves en faveur du christianisme et qu’elle ne peut donc pas contribuer à la tâche apologétique!

Soyons cependant assurés de ceci: l’amour que Jésus réclame des siens ne s’oppose pas à la défense rationnelle de la foi. Bien au contraire, cet amour trace le chemin qui mène à l’arène de la lutte apologétique. En effet, l’apologète doit être animé d’un amour similaire à celui qui a jadis inspiré Dieu à lutter contre Jacob, allant même jusqu’à lui infliger une blessure, afin de mieux le rallier à sa cause (Genèse 32.25-33). Un tel amour, certes marqué par la lutte, est pourtant d’une tendresse inouïe, puisqu’il est entièrement mû par une affection sincère et désintéressée; il s’agit d’un amour dont l’intention n’est rien d’autre que le salut de celui qui bénéficie de cet amour (au v. 30, alors qu’il attribut un nom à l’endroit où il a livré un combat contre Dieu, Jacob s’écrira: « J’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée »). C’est un amour qui s’efforce de gagner l’autre et non de triompher de lui, qui s’intéresse à l’autre au lieu de lui opposer une défense opiniâtre.

L’amour dont parle Jésus n’est donc pas un amour qui nous tient éloignés des « champs de bataille ». Ce n’est pas un amour qui commande que l’on se retire dès le moment où il faut débattre de la foi. Et ce n’est certainement pas un amour qui interdit au croyant de faire usage d’arguments rationnels pour défendre la foi et tenter de convaincre les adversaires. Cet amour, celui-là même qui fonde l’éthique chrétienne, a des visées apologétiques: c’est un amour qui peut convaincre les hommes à se décider pour l’Évangile. En revanche, il s’agit d’un amour dans lequel la discipline apologétique doit faire pénétrer profondément ses racines. En effet, s’il entend gagner le cœur de ses adversaires, l’apologète doit faire preuve de cet amour et leur manifester toute la douceur dont un tel amour est capable. Il doit les gagner en faisant d’abord la démonstration communautaire de cet amour persuasif qui unit les croyants. Mais il faut aussi qu’il conquière leur cœur en leur témoignant un même amour, comme Paul et Pierre exhortent les croyants à le faire:

Il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité (2 Timothée 2.25).

Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous (1 Pierre 3.15).

Celui qui porte le message

John Frame, apologète présuppositionaliste, dit ceci :

Pour déterminer si quelqu’un connaît Dieu, nous ne nous contentons pas de lui donner un examen écrit, nous examinons sa vie[3].

C’est affirmation est fondamentale: elle met en évidence l’implication éthique de l’apologétique. Nous sommes confrontés ici à un fait incontestable : les non-croyants examinent la vie de ceux et celles qui prêchent l’Évangile. Mais cette affirmation suscite également une question: comment examine-t-on la vie d’un chrétien? Comment savoir si le chrétien a « passé le test »? Bref, quels sont les critères d’évaluation qui permettent de vérifier que l’Évangile transforme vraiment la vie des croyants? Et s’il en existe, où les trouve-t-on? Notre conviction est que non seulement ces critères d’évaluation existent, mais aussi qu’ils se trouvent dans l’Écriture. Il s’agit de critères que le croyant et l’incroyant peuvent connaître au moyen de la prédication de l’Évangile. Examinons plus en détail ce point.

L’annonce aux pécheurs du jugement de Dieu, accompagnée du message de la grâce qui leur est offerte en Jésus-Christ, les place devant toute la turpitude de leurs fautes. Mais du coup, cette annonce impose aussi un standard moral que le croyant est tenu de respecter, dans sa communauté de foi et devant les pécheurs auxquels il annonce l’Évangile. En effet, si le croyant est lui-même esclave du péché, de quel droit peut-il prêcher au monde la délivrance du péché? Une telle prédication soulèverait à coup sûr de sérieux doutes quant à l’efficacité du message de délivrance proclamé. Car l’Évangile est un message de délivrance. Lorsque le pécheur reçoit ce message par la foi, il se voit libérer de la puissance du péché, de sorte qu’il peut se mettre humblement et entièrement au service de son créateur. Il est désormais un croyant. Ce nouveau statut s’accompagne cependant de fonctions que le croyant ne peut passer sous silence: il est un héraut de la foi, un ambassadeur pour Dieu, comme le dira l’apôtre Paul (2 Corinthiens 5.20). Le chrétien vit dans ce monde pour y proclamer un message de pardon et de délivrance. La question urgente est donc la suivante: le chrétien est-il lui-même la preuve vivante que l’Évangile qu’il annonce libère véritablement le pécheur des chaînes qui le lient au péché? Démontre-t-il, par un comportement empreint de charité chrétienne et de piété, l’efficacité libératrice de la vérité qu’il proclame? Bref, vit-il ce qu’il prêche[4]?

À la défense de la doctrine biblique

Le chrétien vit-il ce qu’il prêche? Cette question ouvre l’horizon de ce que nous entendons par les implications éthiques de l’apologétique. Elle signifie que le chrétien doit vivre sa vie en conformité avec l’éthique chrétienne qui découle de la doctrine biblique dont il fait l’apologie. Car selon l’apologétique présuppositionaliste, c’est la doctrine biblique qui doit être défendue[5]. Or la doctrine (la théologie) ne se défend pas uniquement sur la base de preuves ou de faits censés être à la disposition tant de l’incroyant que du croyant. Celle-ci se défend également sur le plan de l’éthique. Ce n’est pas par accident que l’apôtre Paul parle de « la doctrine conforme à la piété » , exhortant du même coup Timothée à vivre conformément à cette doctrine (1 Timothée 6.3). En plus de l’exhorter à veiller sur son enseignement (1 Timothée 4.13-16), il lui enjoint de poursuivre les vertus les plus nobles tels la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience et la douceur (1 Timothée 6.11). Paul lui demande également de pratiquer ce qu’il a entendu et vu de lui : « Retiens dans la foi et dans l’amour qui est en Jésus-Christ, le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. » (2 Timothée 1.13) Et il ajoute : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir et qui dispense avec droiture la parole de la vérité. » (2 Timothée 2.15) En un mot, la vie de Timothée doit traduire l’enseignement qu’il prodigue aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants. Sa vie doit être une apologie de la doctrine biblique qu’il enseigne! On le voit, la doctrine biblique, l’éthique et l’apologétique sont comme trois sœurs inséparables; l’action de l’une mobilise les deux autres.

Puisque l’apologétique puise sa source dans la doctrine biblique, il s’ensuit que le croyant, chaque fois qu’il marche en conformité avec cette doctrine, pose une action éthique qui devient à son tour une implication apologétique. Autrement dit, ce n’est pas seulement en parole que l’apologète peut défendre la doctrine biblique, mais aussi par son témoignage de vie. La doctrine biblique que l’apologète entend défendre n’est aucunement déconnectée d’une action engagée et d’une ligne de conduite morale. Bien au contraire, cette doctrine enseigne aux hommes qu’ils doivent en tout temps vouer une obéissance entière et inconditionnelle au Dieu de la Bible. Cet enseignement est très concret et s’incarne dans la vie quotidienne des croyants. Pour cette raison, la foi chrétienne ne se défend pas uniquement sur la base de la raison. On la défend également lorsque notre cœur bat au rythme de l’Évangile. Le christianisme affirme que Dieu agit puissamment en l’homme en transformant progressivement (et parfois abruptement) ce dernier à l’image de son Fils. Serait-il légitime que des chrétiens évoquent cette puissance transformatrice de Dieu lorsqu’ils prêchent l’Évangile aux pécheurs alors que ces derniers ne parviennent même pas à en discerner l’efficacité dans la vie de ces chrétiens? Qui ajouterait foi à une telle « bonne nouvelle » et à un tel message de liberté ? Ne dirait-on pas, à juste titre d’ailleurs, qu’il s’agit d’un message creux, sans âme ni substance?

Une apologétique à la disposition de tous les chrétiens

Certains croyants s’imaginent que l’éthique est l’affaire de tous les croyants, alors que la tâche apologétique revient aux spécialistes, notamment aux évangélistes et aux théologiens. Rien n’est plus faux. Tous les croyants peuvent se consacrer à la tâche apologétique. Certains, il est vrai, se débrouillent mieux que d’autres dans le maniement des arguments rationnels en faveur de la foi chrétienne. Mais un fait demeure: tous les chrétiens peuvent manifester par leur conduite que l’Évangile de Jésus-Christ rend vraiment l’homme libre à l’égard de la puissance du péché. Tous ne sont pas des apologètes au sens restreint du terme; tous les chrétiens possèdent cependant dans leur arsenal apologétique une arme efficace dont le nom est sainteté. Un incroyant refusera peut-être d’accorder crédit à la foi chrétienne parce que le christianisme ne le convainc guère sur le plan intellectuel. Par contre, si on lui présente le témoignage d’une vie chrétienne sainte et irréprochable, il éprouvera sans doute un peu plus de difficulté à trouver à redire de la foi chrétienne. Cela pourrait même semer la confusion dans son esprit (Tite 2.6-8), voire le mener à la foi. En reconnaissant que l’apologétique est avant tout une défense éthique du christianisme, cette discipline devient du coup l’affaire de tous ceux et celles qui font profession de vivre pour Christ.

Il est vrai que certaines attaques dirigées contre le christianisme sont de nature exégétique et doctrinale. Dans de pareils cas, les spécialistes bibliques sont certainement plus aptes à défendre rationnellement la doctrine biblique. C’est pourquoi Paul recommandera à Tite d’établir des anciens qui s’attacheront « à la parole authentique telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs » (Tite 1.9). Il est cependant important de faire remarquer que Paul ordonne à Tite de choisir parmi les frères des hommes qui sont irréprochables (Tite 1.6). Il exhortera même Timothée à élire à la charge d’évêque ceux qui reçoivent un bon témoignage de ceux du dehors (1 Timothée 3.7). La saine doctrine est d’une importance capitale, on ne saurait le nier. Et cela est d’autant plus vrai lorsque l’on considère le zèle et la fermeté avec lesquels les ministres de Dieu doivent être en mesure de la défendre. Mais cette défense doctrinale de la foi doit, selon le Nouveau Testament, reposer entièrement sur un fondement éthique, c’est-à-dire sur le témoignage d’une vie pieuse et irréprochable[6].

CONCLUSION

Comme nous l’avons établi dans le présent article, l’apologétique est l’affaire de tous les chrétiens. Cela est vrai non seulement parce que l’éthique a des implications apologétiques, mais aussi parce que l’apologétique repose sur un fondement éthique. D’ailleurs, ces deux disciplines sont si étroitement liées, qu’il est difficile de dire laquelle des deux précède l’autre. En réalité, on ne peut déterminer laquelle sert de préalable à l’autre. Ce qui nous fait dire que l’apologétique n’est pas sans l’éthique et que l’apologétique n’est pas sans l’éthique. Et toutes deux, bien entendu, ont pour fondement la doctrine biblique (la théologie).

Lorsque le croyant prend conscience de l’importance que sa vie revêt dans la défense de la foi chrétienne, il devient plus attentif à la façon dont il se conduit. S’il est un apologète aguerri, il aura sans doute l’impression d’ajouter à son arsenal apologétique un nouveau fer de lance, à savoir la sainteté. Quant au croyant qui n’ose pas s’aventurer dans une défense plus rationnelle de la foi, il se réjouira à l’idée que sa vie peut efficacement contribuer à la défense de la foi chrétienne.

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[1] C. SPICQ, Théologie morale du Nouveau Testament, Tome II, Paris, J. Gabalda et Cie Éditeurs, 1965, p. 509.

[2] Lorsqu’il commente ce passage, Carson ne passe pas à côté du caractère apologétique du commandement nouveau (l’amour) dont parle Jésus: « Le commandement nouveau (…) est aussi un privilège qui, bien vécu, proclame le vrai Dieu face au monde qui observe. »; D. A. CARSON, Évangile selon Jean, Trois-Rivières, Éditions Impact, 2011, p. 635.
[3] John M. FRAME, The Doctrine of the Knowledge of God, Phillipsburg, Presbyterian and Reformed Publishing Co., 1987, p. 44. « To determine if someone knows God, we do not merely give him a written exam; we examine his life. »
[4] Bien entendu, nous ne pensons pas que les chrétiens doivent d’abord atteindre la perfection avant de pouvoir défendre et démontrer l’authenticité du christianisme sur la base d’une éthique chrétienne. Cela est d’ailleurs impossible tant et aussi longtemps que notre habitat sera ce corps mortel. Cependant, notre approche souligne fortement la responsabilité morale du croyant devant ses semblables. Sa vie est le reflet de ses croyances.
[5] Cette approche apologétique s’inscrit d’ailleurs dans la notion van tillienne de cohérence que nous avons abordée dans la première partie de cet article.
[6] Les théologiens et les apologètes sont donc également tenus de vivre pieusement, surtout s’ils veulent défendre la saine doctrine.

LES BRANCHES DE L’APOLOGÉTIQUE CHRÉTIENNE : UN SURVOL

Comme les autres écrivains de cette série ont fait remarquer, l’apologétique chrétien n’est autrement que la présentation des raisons pour croire les déclarations de la Christianisme. L’apologétique est la tentative, systématique, de donner un répons à celui qui demande la raison pour l’espérance qui est en nous.[1] À chaque fois qu’on cherche à donner ce répons, que ce soit par un témoignage personnel de comment Dieu aurait changé nos vies, ou que ce soit en présentant des preuves pour l’existence de Dieu ou pour la crédibilité de la Bible, on est en train de faire l’apologétique. Déjà, dans ces trois exemples d’un apologétique, nous voyons qu’il y a des différents types de réponse qui peuvent être donnés. De plus, on peut aussi voir que ces différentes réponses se relient à des types de connaissance différents. Dans ce bref article de blogue j’aimerais présenter un survol des différents domaines de l’apologétique, et comment chaque personne peut faire l’apologétique chrétien d’une manière ou d’un autre.

La Christianisme affirme la vérité d’un grand nombre de propositions. Pour être Chrétien on doit non seulement avoir la foi en Jésus-Christ, pour la justification devant Dieu, et le salut de la colère de Dieu, mais, en plus, pour être capable de faire ceci, on doit, au moins, croire, et si possible, savoir, que ces affirmations sont vraies. Certaines des déclarations de la Christianisme ne peuvent pas être connues et doivent être acceptées par la foi, par exemple, que Jésus est né d’une vierge, que Jésus est Dieu, que Dieu est trois personnes en une nature, etc. D’autres déclarations de la Christianisme peuvent être soit démontrer fausse ou démontrer vrai, par exemple, que Jésus est un véritable personnage historique, que Dieu existe, que Dieu est éternelle, immuable, parfait, etc. L’apologétique Chrétien est capable de défendre la vérité de ces dernières, et présenter des arguments qui démontrent que c’est raisonnable de croire les propositions qui sont sujettes de foi seule (même si on ne peut pas démontrer qu’ils sont vrais sans aucun doute). L’apologétique chrétien a aussi un rôle à jouer pour démontrer l’erreur des autres religions, des fausses philosophies, et des pensées qui vient en contre des déclarations de la Christianisme. Regardons les différents domaines de l’apologétique Chrétien, et comment ils avancent une défense de la foi chrétienne.

L’apologétique Chrétien peut être divisé dans les catégories suivantes : existentielle ou culturelle, scientifique, philosophique, historique, archéologique, théologique, et biblique.

Un apologétique existentiel ou culturel est une défense de la foi chrétienne à partir de l’expérience de l’existence humaine. Techniquement ce type d’apologétique pourrait tomber sous le domaine de l’apologétique philosophique, mais c’est assez important qu’il mérite être mentionné à part. Dans ce domaine d’apologétique on fait appelle à comment l’homme est dans sa vie, et comment sa façon d’être démontre la vérité de la Christianisme. On peut présenter des témoignages personnels pour démontrer comme la Christianisme à changer nos vies. On démontre que ce que la Bible enseigne au sujet de l’expérience humaine est vrai, c’est-à-dire, l’homme est pécheur et dépravé ; l’homme ne semble pas être capable de se sortir de son propre trou toute seul ; l’homme sans Dieu perdre le sens de la vie et tends vers le nihilisme ; l’homme, par sa façon d’être et sa façon de parler, démontre qu’il recherche un être transcendant, etc. Deux apologistes qui sont connues pour un apologétique existentielles ou culturelles sont Francis Schaeffer et Ravi Zacharias.[2]

Un apologétique scientifique présente une défense de la foi à partir des différents domaines des sciences naturelles. Un apologétique scientifique peut défendre le christianisme de plusieurs manières. On peut utiliser la science pour démontrer que les déclarations des autres religions et philosophies sont en erreur, par exemple, plusieurs domaines de la science peuvent se rallier pour essayer de démontrer que l’universel aurait, nécessairement, un début ; que le matérialisme philosophique n’est pas capable d’expliquer plusieurs phénomènes importants des êtres vivants ; que certaines déclarations des autres religions sont impossibles, scientifiquement ; etc. On peut aussi utiliser la science pour démontrer la vérité des déclarations bibliques qui touchent à la science. Par exemple, la zoologie peut certaine des déclarations en Job 38-41 ; la géographie peut examiner les déclarations géographiques de la Bible pour démontrer qu’ils sont exacts ; la médecine peut examiner certains récits bibliques, comme la mort de Jésus sur la croix, pour démontrer que ce que la Bible dit est exact ; la physique peut considérer les miracles et leur possibilité, ainsi que des questions au sujet de Dieu et sa relation avec le temps, ainsi qu’avec les âmes, etc. ; la psychologie peut défendre la perspective biblique de la nature humaine comme étant un être spirituelle ;[3] et la biologie végétale peut considérer les affirmations bibliques qui mentionnent les plantes pour démontrer qu’il n’y a pas d’erreur. Il y a plusieurs scientifiques qui ont examiné les récits de la Bible pour les défendre, ou qui démontrent l’erreur des croyances autres que la Christianisme, comme Stanley L. Jaki,[4] Francis S. Collins,[5] John Polkinghorne,[6] Del Ratzsch,[7] Robert Jastrow,[8] et Michael J. Behe.[9]

Un apologétique philosophique présente une défense de la Christianisme à partir des domaines de la philosophie. Un des premières personnes de présentées un apologétique philosophique était l’apôtre Paul, dans sa prédication aux philosophes à l’aréopage,[10] dans son enseignement à Lystre,[11] et dans son épître aux Romains.[12] La philosophie, par définition, n’est autrement que la recherche active de la vérité entamée par une personne qui est prête à suivre la vérité là où elle l’amène. Le mot philosophie peut, aussi, faire référence aux principes qu’une personne accepte concernant la vie, la réalité, son identité, et son but, mais ceci n’est qu’un deuxième sens du mot. Un apologétique philosophique peut défendre la Christianisme en démontrant que les objets de foi (l’incarnation de Jésus, la trinité, etc.) ne sont pas incohérents, même si on ne peut pas démonter qu’ils sont vrais, ou les comprendre comme il faut. La philosophie peut aussi présenter des arguments pour démontre, par exemple, que Dieu existe ;  que Dieu est éternel, immuable, parfait, bon, tout connaissant, tout-puissant, transcendant et immanente à sa création ; que l’être humain est un être composé de matière et d’esprit ; qu’il y a des normes morales qui doivent être respectées ; que le fait qu’il y a le mal dans le monde ne démontre pas que Dieu n’existe pas ; etc. La philosophie aide à mieux comprendre la parole de Dieu en donnant à l’interprète l’outil de la logique qui le permettre de mieux analyser les paroles écrites de la Bible. L’apologétique philosophique fait aussi un apologétique en démontrant que les autres religions, visions du monde, fausses philosophies, etc. sont en erreur, incohérente, ou contradictoire en soi. Aussi, la philosophie peut aider la théologienne à mieux formuler les doctrines chrétiennes. Ceci n’est qu’une liste incomplète de comment la philosophie apologétique défend, rends fort, et protège les doctrines chrétiennes. Il y a de plus en plus de philosophes chrétiens qui utilisent la philosophie pour défendre la foi chrétienne. Ce qui est souvent oublié est que même des grands théologiens comme Augustine, Jean Calvin, Thomas d’Aquin, Anselm, les théologiens Cappadocians, etc., utilisé la philosophie pour bâtir et défendre les doctrines principales de la foi chrétienne. Voilà quelques philosophes chrétiens qui ont offert un apologétique philosophique dans le 20e et présent siècle : William Lane Craig,[13] Paul Copan,[14] Norman Geisler,[15] C. S. Lewis,[16] John Warwick Montgomery,[17] et Alvin Plantinga.[18]

Un apologétique historique cherche à démontrer la crédibilité des affirmations historiques de la Christianisme. Un des premières personnes de présentées un apologétique historique, dans l’histoire de la Christianisme était l’apôtre Pierre, lors de la première prédication chrétienne sur le jour de Pentecôte.[19] On pourrait aussi mentionner Luc, l’apôtre Jean, et l’apôtre Paul qui ont aussi fait l’apologétique historique.[20] Par exemple, la Christianisme affirme qu’il y avait un homme – Jésus – qui a vécu au début de notre ère, qu’il est mort autour de l’an 30, et qu’il est ressuscité de la mort 3 jours après. Le christianisme affirme que tous les événements, que l’Ancien Testament affirme sont réellement arrivés dans l’histoire, ont vraiment eu lieu, comme, par exemple, le déluge, les voyages d’Abraham, la captivité d’Israël en Égypte et leur exode d’Égypte, le royaume de David et de Salomon. Le christianisme affirme, aussi, que les voyages de Paul ont eu lieu, que les expériences qu’on mentionne dans les actes des apôtres ont vraiment eu lieu, etc. Ce sont toutes des affirmations historiques qui peuvent être étudiées et démontrer par les historiens. Lorsqu’on affirme que ces événements historiques ont vraiment eux lieu, et qu’on cherche à le prouver par les recherches historiques, on fait l’apologétique historique. Il y a plusieurs érudits qui font l’apologétique historique, comme, N. T. Wright,[21] A. N. Sherwin-White,[22] Edwin M. Yamauchi,[23] K. A. Kitchen,[24] Ronald Nash,[25] Ben Witherington III,[26] Michael Grant,[27] Gary Habermas,[28] J. Gresham Machen,[29] et Richard Bauckham.[30]

Un apologétique archéologique est une branche de l’apologétique historique qui cherche à démontrer, par l’archéologie, que la Bible est crédible. Les archéologues défendent la Bible en démontrant, premièrement, qu’aucune découverte archéologique n’a jamais démontré une erreur dans les affirmations biblique, et, deuxièmement, que les découvertes archéologiques viennent démontrer la crédibilité de la Bible. Les archéologues regardent les affirmations bibliques concernant les lieux historiques (par exemple, les villes, les temples, les autels, les lieux des nations qui sont mentionnés dans la Bible), les coutumes culturelles (par exemple, les habitations, les manières de cuisiner, les occupations des peuples mentionnés, les titres des dirigeants des pays), les grands événements mentionnés (comme les guerres, les voyages, etc.), etc. L’archéologie réussie à non seulement défendre les affirmations de la Bible, mais a aussi aidé à la bonne interprétation de la parole de Dieu (par exemple, de comprendre comment un berger dans le temps de Jésus travailler peut nous aider à comprendre les exemples ou paraboles dans lequel un berger est le sujet). Il y a une multitude d’archéologues qui ont défendu la Christianisme, comme, K. A. Kitchen,[31] Edwin Yamauchi,[32] C. H. Irwin,[33] Kathleen Kenyon,[34] E. M. Blaiklock,[35] William M. Ramsay,[36] et Colin Hemer.[37]

Un apologétique théologique est la défense de véritables doctrines chrétiennes contre les faux docteurs. Le premier apologète de présenter un apologétique théologique était l’apôtre Paul, qui, dans quasiment toutes ses lettres aux églises, défend la vérité chrétienne contre ceux qui voudrait le tordre. Noté par exemple son affirmation en Galates 1, « Nous l’avons dit précédemment, et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! »[38] Il doit y avoir un apologétique chrétien pour chaque branche de la théologie, et, en réalité, nous voyons les théologiens qui travaillent fort pour défendre les doctrines comme la divinité de Jésus, la justification par la foi seule en Jésus-Christ seul, la doctrine de la trinité,[39] l’inspiration de la parole de Dieu, etc. C’est ceci le type d’apologétique le plus fait par les grands penseurs chrétiens. Quasiment tous les théologiens de l’église, dès début jusqu’aujourd’hui ont fait l’apologétique théologique, y compris, Athanase,[40] Augustin,[41] Jean Chrysostome,[42] Thomas d’Aquin,[43] Jean Calvin, Martin Luther, Charles Hodge, B. B. Warfield,[44] etc. Nous pourrions aussi donner des exemples d’apologètes théologiques contemporains, en nommant, Norman Geisler,[45] R. C. Sproul,[46] William Lane Craig,[47] Robert M. Bowman,[48] John Piper,[49] N. T. Wright.[50]

Finalement, il y a l’apologétique biblique qui cherche à défendre la Bible elle-même. Sous cette catégorie on retrouve ceux qui analyse les manuscrits en rapport avec les éléments matériels des manuscrits (le nombre de manuscrits, la corruption ou préservation des manuscrits, les langages utilisés pour les écrire et copiés, etc.), et avec les éléments textuels des manuscrits (c’est-à-dire, la composition de chaque livre, le temps de rédaction, la cohérence intérieure de chaque texte, etc.) pour démontrer qu’il n’y a pas d’erreur ni contradiction dans la Bible ; pour démontrer que les manuscrits sont réellement écrits par ceux à qui on attribue les manuscrits ; pour démontrer que chaque livre du canon devrait être dans le canon ; et, en général, pour démontrer que la Bible aux complètes est digne de confiance et démontre une cohérence incontestable. On retrouve aussi l’exégèse des textes qui cherche à expliquer et défendre la bonne interprétation des textes bibliques. Toutes ceux qui, en faisant l’interprétation de la Bible, propose une interprétation d’un groupe de versets, et qui défendre cette interprétation (si leur interprétation donne le vrai sens du texte) est en train de faire l’apologétique biblique. Quasiment tous les chrétiens qui ont essayé de lire et expliquer la Bible ont engagé dans ce domaine d’apologétique (si tu lis un verset, et donne une raison pour croire qu’il devrait être interprété d’une certaine façon, alors tu as fait l’apologétique biblique), mais on pourrait nommer quelques apologètes bibliques renommés comme Bruce Metzger,[51] F. F. Bruce,[52] David Alan Black,[53] et D. A. Carson.[54]

Dans cet article nous n’avons même pas grafigné la surface des domaines de l’apologétique chrétienne. Le but de cet article est de démontrer qu’il y a plusieurs moyens de donner une réponse de l’espérance que nous avons, et qu’à chaque fois qu’on donne des raisons pour croire une des multiples vérités de la Christianisme on est en train d’offrir une « apologie » – une défense – de la foi chrétienne. Les sciences de nature, les domaines de la philosophie, l’expérience humaine, et les domaines de l’histoire, l’analyse des textes et manuscrits, et l’archéologie peuvent offrir des éléments importants qui, ensemble, présentent une multitude de bonnes raisons pour croire la parole de Dieu. Le défi qui est devant chaque chrétien est de chercher, à la mesure qu’on est capable, d’offrir des raisons à chaque personne qui demande au sujet de l’espérance qui est en nous.[55] Ceci devrait, aussi, encourager les chrétiennes qui sont en train de poursuivre des études post-Cégep (ou secondaire) de rechercher l’excellence dans leurs domaines de recherche, et d’utilisé leurs domaines de recherche pour défendre la Christianisme.

 


[1]1 Pie. 3 :15.

[2]On ne veut pas dire, par ceci, qu’ils ne font pas l’apologétique d’autres manières. Cf. Francis Schaeffer, Démission de la raison, trad. Pierre Berthoud, 5e éd. (Genève : Maison de la Bible, 1993). Francis Schaeffer, Dieu : Illusion ou réalité? (Aix en Provence : Éditions Kerygma, 1989). Ravi Zacharia, L’homme peut-il vivre sans Dieu?, trad. Antoine Doriath (Marne-La-Vallée Cedex 2, France : Éditions Farel, 1997).

[3]Cf. Malcom Jeeves, Minds, Brains, Souls and Gods: A Conversation on Faith, psychology and neuroscience (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2013). Mario Beauregard & Denyse O’Leary, The Spiritual Brain: A Neuroscientist’s Case for the Existence of the Soul (New York: Harperone, 2008). Ce livre est écrit par un Québécois qui enseigne, présentement, en Arizona.

 [4]Stanley L. Jaki, Miracles and Physics, 2e éd. (Front Royal, VA: Christendom Press, 1999). Cf. Frank J. Tipler, The Physics of Immortality: Modern Cosmology, God and the Resurrection of the Dead (New York: Doubleday, 1994).

 [5]Francis S. Collins, The Language of God: A Scientist presents Evidence for Belief (New York: Free Press, 2006). Ce livre défend la Christianisme à partir de l’ADN.

 [6]John Polkinghorne, The Way the World is: The Christian perspective of a scientist (Louisville: Westminster John Knox Press, 2007).

 [7]Del Ratzsch, Science & Its Limits: The Natural Sciences in Christian perspective (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2000).

 [8]Robert Jastrow, God and the Astronomers (New York : W. W. Norton & Company, 1978).

 [9]Michael J. Behe, Darwin’s Black Box: The Biochemical Challenge to Evolution (New York: Free Press, 2003).

 [10]Actes 17 :16-34.

 [11]Actes 14 :15-18.

 [12]Rom. 1 :19-20, 2 :14-15.

[13]William Lane Craig, Foi Raisonnable : Vérité chrétienne et apologétique, trad. Christiane Pagot et Gérald Pech (Villefranche d’Albigeouis, France : Les éditions La Lumière, 2012).

[14]Paul Copan & William Lane Craig, eds., Come Let Us Reason: New Essays in Christian Apologetics (Nashville, TN: B&H Academic, 2012).

 [15]Norman L. Geisler, Christian Apologetics (1976; repr., Grand Rapids, MI : Baker Book House, 2007). Norman Geisler & Peter Bocchino, Unshakable Foundations: Contemporary Answers to Crucial Questions About the Christian Faith (Minneapolis: Bethany House, 2000).

 [16]C. S. Lewis, Les Fondements du Christianisme, trad. Aimé Viala (1979; repr., Valence Cedex, France : Éditions de la Ligure pour la Lecture de la Bible, 2007).

 [17]John Warwick Montgomery, ed., Christianity for the Tough Minded: Essays Written by a Group of young scholars who are totally convinced that a spiritual commitment is intellectually defensible (Minneapolis: Bethany Fellowship, 1973).

 [18]Alvin Plantinga, Warranted Christian Belief (Oxford: Oxford University Press, 2000). Alvin Plantinga, God, Freedom, and Evil (Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans Publishing, 1977).

 [19]Actes 2:14-36.

 [20]Luc 1:1-4, Jn. 20: 30-31, 1 Jn. 1:1-4, 1 Cor. 15:1-8.

 [21]N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God (Minneapolis: Fortress Press, 2003).

 [22]A. N. Sherwin-White, Roman Society and Roman Law in the New Testament (1963; repr., Oxford : Oxford University Press, 2000).

 [23]Edwin M. Yamauchi, Persia and the Bible (Grand Rapids, MI: Baker Book House, 1990).

 [24]K. A. Kitchen, Ancient Orient and Old Testament (1966; repr., Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 1975).

 [25]Ronald H. Nash, The Gospel and the Greeks: Did the New Testament Borrow from Pagan Thought?, 2nd ed. (Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 2003).

 [26]Ben Witherington III, The Jesus Quest: The Third Search for the Jew of Nazareth, 2nd ed. (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1997).

 [27]Michael Grant, Jesus: An Historian’s Review of the Gospels (New York: Charles Scribner’s Sons, 1977).

 [28]Gary R. Habermas, The Historical Jesus: Ancient Evidence for the Life of Christ (1996; repr., Joplin, Missouri : College Press Publishing Co., 2008). Gary R. Habermas & Kenneth E. Stevenson, Verdict on the Shroud: Evidence for the Death and Resurrection of Jesus Christ (Ann Arbor, MI: Servant Books, 1981).

 [29]J. Gresham Machen, The Origin of Paul’s Religion: A Classic Defense of Supernatural Christianity (1923; repr., Birmingham, Alabama: Solid Ground Christian Books, 2006). J. Gresham Machen était professeur à Princeton avant d’aider dans la fondation de Westminster Theologial Seminary.

 [30]Richard Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses: The Gospels as Eyewitness Testimony (Grand Rapids, MI : Wm. B. Eerdmans Publishing, 2006).

 [31]K. A. Kitchen, The Bible in its World: The Bible & Archaeology Today (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1977).

 [32]Edwin Yamauchi, The Stones and The Scriptures (Philadelphia, PA: J. B. Lippincott Co, 1972).

 [33]C. H. Irwin, The Bible, The Scholar and the Spade: A Summary of the Results of Modern Excavation and Discovery (London: The Religious Tract Society, 1932).

 [34]Kathleen Kenyon, Archaeology in the Holy Land, 3rd ed. (London: Ernest Benn Limited, 1970).

 [35]E. M. Blaiklock, The Archaeology of the New Testament (1970; repr., Grand Rapids, IL : Zondervan Publishing House, 1977).

 [36]William M. Ramsay, St. Paul The Traveler and Roman Citizen, 15th ed., ed. Mark Wilson (Grand Rapids, MI: Kregel Publications, 2001).

 [37]Colin J. Hemer, The Book of Acts in the Setting of Hellenistic History, ed. Conrad H. Gempf (Winona Lake, IN: Eisenbrauns, 1990).

 [38]Gal. 1 :9.

 [39]James R. White, The Forgotten Trinity: Recovering the Heart of Christian Belief (Minneapolis: Bethany House, 1998).

 [40]Athanase, Contre ceux qui juge de la vérité par la seule autorité de la multitude, trad. M. le roi abbé de Hautefontaine (MDCXXX).

 

[41]Augustine, De Trinitate.

[42]Jean Chrysostome, Le Christ est Dieu, en Les œuvres complètes de S. Jean Chrysostome, trad. L’abbé J. Bareille (Paris : Librairie de Louis Vivès, 1865), 1 :478-499.

 [43]Thomas d’Aquin, Summa Contra Gentiles.

 [44]B. B. Warfield, The Inspiration and Authority of the Bible, ed. Samuel G. Craig (Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 1979).

[45]Norman L. Geisler, éd., Inerrancy (1980; repr., Grand Rapids, MI : Zondervan, 1982).

[46]R. C. Sproul, Scripture Alone: The Evangelical Doctrine (Phillipsburg, NJ : P&R Publishing, 2005).

 [47]William Lane Craig, The Only Wise God: The Compatibility of Divine Foreknowledge and Human Freedom (1987; repr., Eugene, OR : Wipf & Stock, 2000). William Lane Craig, Time and Eternity: Exploring God’s Relationship to Time (Wheaton, IL: Crossway, 2001).

 [48]Robert M. Bowman, Jr. & J. Ed Komoszewski, Putting Jesus in His Place: The Case for the Deity of Christ (Grand Rapids, MI: Kregel, 2007).

 [49]John Piper, The Future of Justification: A Response to N. T. Wright (Wheaton, IL: Crossway, 2007).

 [50]N. T. Wright, Justification: God’s Plan & Paul’s Vision (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2009).

 [51]Bruce Manning Metzger, The Text of the New Testament: Its Transmission, Corruption and Restoration (Oxford: Oxford University Press, 1964). Bruce M. Metzger, The New Testament: Its Background, Growth, & Content, 3rd ed. (Nashville, TN: Abingdon Press, 2003). Bruce M. Metzger, The Canon of the New Testament: Its Origin, Development, and Significance (Oxford: Clarendon Press, 1997).

 [52]F. F. Bruce, Les documents du Nouveau Testament : Peut-on s’y fier?, trad. Marie-Anne Chevreau (Trois-Rivières, QC : Publications Chrétiennes, 2008). F. F. Bruce, The Canon of Scripture (Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 1988).

 [53]David Alan Black, New Testament Textual Criticism: A Concise Guide (1994; repr., Grand Rapids, MI : Baker Book House, 1996).

 [54]D. A. Carson, Exegetical Fallacies, 2nd ed. (1996; repr., Grand Rapids, MI: Baker Book House, 2007).

[55]1 Pie. 3 :15.

Pourquoi étudier la Philosophie?

Pourquoi est-ce qu’on voudrait étudier la philosophie? Il me semble que c’est tout théorique, mais pas en toute pratique.

Je veux éliminer ta peur tout de suite. Mais pour faire ça, il faut faire un peu de philosophie. La philosophie est l’amour de la sagesse. Qu’est-ce que la sagesse? Il y a plusieurs réponses à cette question, ils reviennent tous à la connaissance des causes. Tu vas dire, ça n’a aucun rapport, la sagesse est en rapport avec comment bien vivre sa vie, et, selon les proverbes la sagesse commence avec la crainte (ce qui veut dire, respecte) de Dieu. Tu dirais vrai, mais tu n’irais pas assez loin. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on dit que quelqu’un sait comment vivre? On est en train de dire qu’il sait comment il devrait agir dans chaque circonstance, et ce qu’il devrait poursuivre comme étant bons. Cette connaissance est une connaissance des causes de l’action. C’est à dire, un personne qui sait ce qui est bon, et donc, digne d’être poursuivit, est une personne qui connaît les causes finales de l’action qui devrait être poursuivit par l’être humaine. S’il sait, en plus, comment les atteindre, alors il connaît les causes formelles et matérielles de l’action. Donc, un homme qui est sage en rapport avec l’action morale est un homme sage.

Mais je veux aller plus loin. Qui est l’homme le plus sage: l’homme qui connaît les choses qui sont contingentes (une chose contingente est une chose qui étant, peux ne pas être), ou l’homme qui connaît les choses qui sont nécessaires? Les choses contingentes peuvent arrêter d’exister, mais les choses nécessaires doivent toujours être, et ne cesseraient jamais d’exister. Donc, la connaissance des choses nécessaires est plus certaine, la connaissance des choses contingentes cesse (à parte dans la mémoire) une fois que les choses contingentes cessent d’exister.

Les actions humaines ne sont que des états d’être contingentes, ils passent avec le moment, et la connaissance sur comment agir dans circonstance 1 s’appliquerait pas nécessairement dans circonstance 2, 3, 4, n (‘n’ égal à l’infinité).

Mais quelles sont les choses nécessaires? Il existe’il des choses nécessaires? Il y a deux types (au moins) de nécessité: Nécessité absolue et nécessité relative.

La nécessité absolue s’applique à tout ce qui ne peut pas être autrement. Peu importe la situation, il n’y a rien qui peut le changer. D’habitude quand on parle de la nécessité absolue on parle surtout de Dieu (techniquement je devrais démontrer ceci, mais, je n’ai pas le temps de faire ça ici, et je l’ai déjà fait ici, et ici), et de tout ce qui trouve sa fondation dans l’être (que Dieu est par nature), comme les lois de l’être (principe d’identité, principe de non-contradiction, principe de causalité, etc.), etc.

La nécessité relative s’applique à tout ce qui, relatif aux circonstances, doit arriver (ou être) comme il est. Il pourrait avoir des situations dans lequel une chose qui est relativement nécessaire est autre, mais, étant donné les circonstances, il doit arriver comme ceci. Je me demande si, peut-être les natures de toutes les choses qui existent sont nécessaires de cette façon. C’est-à-dire, est-ce que Dieu aurait pu décider que la nature humaine soit autre; ou qu’il n’y aurait pas de nature humaine? Si oui, alors la nature humaine est nécessaire relativement à ce que Dieu la créée comme ça.

Donc, de ce qu’on vient de voir, la nature humaine, l’étude de l’être, et l’existence de Dieu, entres-autres, sont des choses qui sont nécessaires. L’homme qui les connaît serait l’homme le plus sage, parce que sa connaissance ne pourrait jamais lui être enlevée, et sa connaissance ne pourrait jamais changer, à moins que Dieu lui-même change (ce qui d’après la bonne philosophie thomistico-aristotélicienne n’est pas possible!).

Donc, la sagesse est de connaître Dieu, de connaître les natures des choses qu’il a créées, etc. La philosophie est l’amour de la sagesse, et donc de ces choses. On découvre ces choses principalement à travers les raisonnements humains (l’utilisation de l’intellect que Dieu nous a donné) au sujet de la création de Dieu, en rapport avec la parole de Dieu. Donc, d’étudier la philosophie est une des choses les plus importantes qu’une humaine pourrait faire. En l’étudiant, tu t’approches de Dieu. Non seulement est-ce que la philosophie t’aide à devenir sage en action, mais la philosophie t’aide aussi à mieux connaître Dieu. D’ailleurs, selon la bonne philosophie, et selon la Bible, la connaissance (la bonne doctrine) précède toujours des bonnes actions. Celui qui ne sait pas ce qui est le bon, ne pourrait pas le poursuivre que par accident, mais on n’appellerait pas une personne comme ceci une personne sage, ni morale, ni comme Christ. Pour être une humaine sage, morale, et comme Christ on doit connaître celui qui nous a créée, qui nous soutiens à chaque moment, qui est mort pour nos péchés, et qui nous a aimé.

Bon, alors, la philosophie est importante à étudier, nécessaire, même; mais, est-ce que c’est plus important que la théologie? Non. Ce n’est pas la bonne question. La question est, est-ce qu’on peut faire (étudier) la théologie sans la philosophie? Là la réponse est aussi non. Pourquoi? Est-ce que la Bible définis (une définition distingue un être de toutes autres choses, en démontrant son genre et sa différence propre) ce que c’est une “nature”, une “essence”, un “esprit”, “la matière”, etc.? Non, la Bible s’attend à ce qu’on sache déjà ce que ces termes veulent dire. Comment est-ce qu’on sait qu’est-ce que ces termes veulent dire? On fait la philosophie! Est-ce que ces termes sont importants pour l’étude de la Bible? Oui. Comment? Qu’est-ce que la “nature” du péché? Ou la “nature” de Dieu? Comment est-ce possible que Jésus soit au même temps Dieu et homme? La Bible dit que Dieu est esprit. Est-ce qu’un esprit à l’aire comme un Fantôme? Est-ce qu’un esprit à un intellect, volonté, des émotions? Est-ce qu’on peut faire mal à un esprit? Est-ce qu’un esprit à des bras, mains, yeux? Mais, la Bible dit que Dieu à des yeux, des mains, des bras, qu’il marché avec Adam et Ève dans le jardin. On me dirait que ceci n’est qu’un langage métaphorique ou symbolique. Pourquoi? Parce que Dieu est esprit? Mais qu’est-ce qu’un esprit, et pourquoi est-ce qu’un esprit ne peut pas avoir des bras, des yeux, etc.? Tu vois ce que je veux dire? La Bible ne répond pas à ces questions, mais, pour bien comprendre la Bible, on doit avoir une réponse à ces questions. Les réponses de ces questions sont des réponses qui sont, en partie, proprement philosophiques.

Je n’ai même pas mentionné le fait que pour comprendre la Bible on doit savoir comment utiliser la logique, on doit savoir les principes d’interprétation, on doit connaître les principes de langage. Ce sont toutes des choses qui sont proprement l’étude de la philosophie. La logique est l’étude de la relation des termes dans une affirmation, et la relation des affirmations dans un argument, démontrant ce qui peut être dit, et ce qui ne peut pas être dit. L’utilisation de la logique est nécessaire pour bien communiquer. Les principes d’interprétation sont des règles de l’interprétation d’un texte. Certaines disent qu’on les trouve dans la Bible, mais comment est-ce qu’on les a trouvés dans la Bible si avant de les trouver on ne savait pas comment interpréter la Bible? Vois-tu le problème? Pour pouvoir bien interpréter la Bible, tu dois déjà connaître les principes d’interprétation. Mais si les principes d’interprétation sont dans la Bible, alors comment est-ce qu’on va réussir à les sortir de la Bible quand on doit être capable d’interpréter la Bible pour les sortir? Ce sont toutes des questions philosophiques.

Donc, veux-tu bien comprendre la Bible? Étudie la philosophie!

Mais, je dois donner un avertissement. Étudie la bonne philosophie. Aristote a fait remarquer que si les fondations ne sont pas bonnes, alors toute l’entreprise va échouer. Il y a beaucoup de fausses philosophies, il faut que tu apprendre la vérité, ou, au moins, comment atteindre la vérité. Comment faire ça? Attache-toi à un philosophe chrétien est apprendre de lui. Déménage s’il faut, mais trouve un philosophe chrétien et soumettre toi à lui. Augustine a fait remarquer qu’avant qu’on puisse connaître, on doit premièrement croire. Croire pour comprendre, c’est une phrase célèbre d’Augustine. Le point? Pour apprendre, tu dois te soumettre à celui qui sait. Tu veux savoir comment conduire une voiture? Tu te fais enseigner par quelqu’un qui sait. Tu veux savoir comment réparer cette voiture? Tu t’en va voir un garagiste, et tu lui demandes de te démontrer. Malgré ce que notre société (et souvent, même, nos églises) aimerait nous faire croire, on doit être enseigné pour savoir comment bien penser. Donc, trouve quelqu’un qui sait, et soumettre toi. Éventuellement, tu vas être capable non seulement de le dépassé, mais, en plus, de l’aider à avancer! Croire pour comprendre.

Aussi publier sur ma blogue: http://philosopherdhaines.blogspot.ca/2013/12/pourquoi-etudier-la-philosophie.html

QU’EST-CE QUE L’HERMÉNEUTIQUE ?

Écrit par Gilles Despins

Le mot ‘herméneutique’ est tiré du mot grec herméneia qui signifie ‘interprétation’. Il se réfère à la discipline d’interprétation du texte biblique et aux règles qui dirigent ce processus. Ces règles sont reliées aux mots du texte, à la structure, à la forme littéraire, au contexte et à l’arrière-plan. L’herméneutique est particulièrement déterminée par les présupposés concernant l’inspiration de la Bible et son inerrance[1]. L’herméneutique peut aussi être fortement sous l’influence des présupposés de l’interprète concernant les alliances bibliques, les différentes dispensations et la distinction entre Israël et l’Église.

 Mais c’est en fait notre herméneutique qui devrait déterminer notre système théologique. L’application de principes herméneutiques appropriés renforcera l’objectivité, forçant l’interprète à mettre de côté ses tendances. L’utilisation générale de l’Ancien Testament par Christ et les apôtres laisse comprendre qu’ils l’ont interprété dans son sens normal, c’est-à-dire avec une herméneutique littérale grammaticale-historique et ce, de manière cohérente.

 

L’HERMÉNEUTIQUE LITTÉRALE GRAMMATICALE-HISTORIQUE

Ceci signifie que la Bible devrait être interprétée et comprise dans son sens normatif, en appliquant les règles suivantes : 

  1. Culture – l’arrière-plan historique et culturel.
  2. Interprétation littérale – le sens d’un mot est déterminé par son usage normal.
  3. Contexte – l’étude d’un passage dans le paragraphe, dans le chapitre, dans le livre, et dans la Bible.
  4. Passages parallèles et cohérence théologique – il n’y a pas de contradiction dans la Bible.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’HERMÉNEUTIQUE LITTÉRALE ET L’HERMÉNEUTIQUE ALLÉGORIQUE ?

L’herméneutique littérale cherche à interpréter les mots dans leur sens normal, selon leur usage normal. À l’opposé, l’herméneutique allégorique “cherche à attribuer aux mots un sens secondaire qui n’est pas exprimé par les mots.”[2] Avec ce genre d’approche, il n’y a pratiquement aucune limite à l’interprétation: on peut faire dire au texte ce qu’on veut qu’il dise. Il n’y a probablement pas de meilleure façon pour justifier des concepts théologiques et des doctrines que d’interpréter le texte allégoriquement. Mais les concepts théologiques et les doctrines doivent provenir d’une approche herméneutique correcte; il faut chercher ce qui sort du texte et non pas ce que nous voulons y trouver.L’approche littérale grammaticale-historique reconnait également les formes littéraires particulières, les figures de style, et le symbolisme; mais ils sont facilement identifiables à l’intérieur de leur contexte. Il est probablement exagéré de qualifier l’interprétation allégorique comme étant ‘satanique’, comme Calvin l’a fait[4], mais elle doit être rejetée en raison de son incohérence.

 

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’HERMÉNEUTIQUE LITTÉRALE ET L’HERMÉNEUTIQUE DE LA SPIRITUALISATION ?

L’allégorisation et la spiritualisation sont souvent confondues. Il est vrai que ces deux méthodes utilisent l’interprétation non-littérale des mots mais elles sont quand même distinctes. Christopher Cone a écrit: “Alors que l’herméneutique allégorique cherche en fait à résoudre les difficultés textuelles soulevées par l’interprétation littérale, la spiritualisation cherche un sens plus profond dans le texte et utilise la méthode allégorique pour y arriver.”[5] La spiritualisation est particulièrement utilisée dans la prophétie, ce qui résulte en un manque d’objectivité.

 

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’HERMÉNEUTIQUE LITTÉRALE ET L’HERMÉNEUTIQUE DU GENRE ?

L’importance de l’étude de la forme littéraire est reconnue par tous les étudiants et érudits de la Bible. La Parole de Dieu nous est parvenue dans plusieurs formes littéraires. Scot McKnight écrit: “Les différents genres méritent tous leur propre manuel de principes d’interprétation.  Mais il ne fait aussi aucun doute que l’analyse grammaticale, les études de mot, la critique textuelle et le contexte culturel et historique doivent tous être considérés peu importe la forme littéraire”[6]. Bien que le genre soit important dans l’herméneutique, il ne doit pas être le principal facteur d’interprétation. L’approche littérale grammaticale-historique doit être constamment utilisée, peu importe la forme littéraire.



[1] L’inerrance des Saintes Écritures signifie que la Bible, ou plutôt, les manuscrits qui sont à l’origine de la Bible, ne contiennent aucune erreur, parce qu’ils ont été directement inspirés. Par contre, la copie et la traduction des manuscrits, étant exécutés par la science et la main de l’homme, ne sont pas absolument exempts d’erreurs. Mais il faut avouer que les erreurs dues à l’intervention humaine sont généralement de peu d’importance. Ces erreurs ne concernent pas les doctrines essentielles de la foi. Elles sont particulièrement mineures et en petit nombre.

[2] Couch, Mal,  AN INTRODUCTION TO CLASSICAL EVANGELICAL HERMENEUTICS, p.37.

[3] Ibid., p.37.

[4] Enns, P. P., THE MOODY HANDBOOK OF THEOLOGY, p.447.

[5] Cone, Christopher, PROLEGOMENA, p.138.

[6] McKnight, S., INTRODUCING NEW TESTAMENT INTERPRETATION, p.9.

 

Le livre de Daniel: Le livre charnière de la bible.

La semaine prochaine je serai au camp des ados à Villa de Brome (www.villadebrome.com) où je suis directeur depuis quelques années. Cette année le Seigneur m’a mis à coeur de prêcher sur le livre de Daniel en parallèle avec les 10 commandements. Les gens (et les jeunes connaissent peu Dieu) et je trouve que méditer sur les dix commandements nous plongera dans le caractère de Dieu.

Somme toute, je vais faire quelque chose que j’ai repoussé depuis des années : prêcher sur Daniel. Quand j’étais petit le livre de Daniel était mon préféré. Les rêves fantastiques, la fosse au lion, la fournaise ardente, Dieu qui répond aux prières… Daniel est le héro de bien des jeunes. Mais Daniel est aussi, dans sa deuxième partie, l’un des livres les plus compliqués de l’Ancien Testament.

Il y a quelques années, lors de mes réflexions sur la foi j’en étais venu à la conclusion que le christianisme vivait ou tombait avec le livre de Daniel. Pourquoi ? Parce que peu de livres de l’AT sont aussi important pour le Nouveau Testament.

Jésus y puise l’image du Fils de l’homme, qui, dans Daniel 7 reçoit la gloire et l’honneur de l’Ancien des jours (pourtant, Dieu ne partage sa gloire avec aucun autre selon Ésaïe). Nous y avons donc la divinité de Jésus dans l’Ancien Testament, le titre messianique le plus important (le Fils de l’homme) et Jésus lui-même puise dans Daniel pour faire référence à un événement futur (Matthieu 24.15 – en parlant de l’abomination de la désolation) et au retourdu Fils de l’homme sur la terre. Somme toute, Jésus se réfère au livre de Daniel comme venant de la personne de Daniel et y assoit et sa christologie et son eschatologie (doctrine des temps de la fin).

Le plus fascinant avec le livre de Daniel c’est qu’il prédit avec une grande exactitude près de 4 siècles d’histoire. (Il prédit la successions des empires babyloniens, mèdes et perses, grecs (Alexandre le Grand )et le puissant empire romain). C’est assez surprenant si le livre est écrit aux alentours de 537 BC.

Mais non seulement cela, mais il prédit aussi l’année de l’arrivée du Messie (le début du ministère de Jésus) et le fait qu’il sera retranché (mis à mort).

Quel est le problème alors ? C’est tout à fait extraordinaire ! Si le livre de Daniel est bien et bel écrit en 537, nous avons là une preuve quasi-irréfutable de la véracité du christianisme. Il ne s’agirait plus de foi (sans voir) mais de mettre notre confiance dans les faits.

Le problème c’est qu’en regardant le livre de Daniel des théologiens non-croyants (c’est une paradoxe intéressant quand on y réfléchit) ont avancé ce raisonnement : “1) Des prophéties ultra-précises avant les faits c’est impossible. 2) Daniel présente des prophéties ultra-précises donc 3) Daniel doit être écrit APRÈS les faits (donc aux alentours de 165 BC).

Par contre, si Daniel a été écrit en 165 BC, après les faits, Jésus se serait trompé (notamment en attribuant le livre à Daniel).

Le problème de cette thèse (dite maccabéenne car il y est cru que le livre daterait de l’époque des Maccabées (aux alentours de 164 BC) est que si on ne peut pas être sûr à 100% (linguistiquement parlant ou au point de vue manuscrit) quand entre le 6ème et 2ème siècle BC le livre a été écrit, une chose que nous sommes sûrs c’est qu’il a été écrit bien avant la venue de Jésus.

Les théologiens non-croyants sont donc pris avec cette question : “1) Le livre est incontestablement écrit avant la venue de Jésus. 2) Le livre prédit la date du début de ministère de Jésus donc 3) Le livre comporte une prophétie exacte ultra-précise”. Les théologiens non-croyants partent avec un présupposé de base : “Le surnaturel n’existe pas”. Il s’agit là d’un présupposé qui n’est pas prouvé.

Somme toute, la thèse maccabéenne ne résoud pas le problème pour lequel la thèse maccabéenne a émergé. D’autre part, outre un présupposé contre le surnaturel, rien n’empêche dans les évidences une rédaction du livre au 6ème siècle avant Jésus-Christ. Je tends donc à croire que nous avons là une preuve extraordinnaire du fait que le christianisme est vrai et que le Dieu qui s’y révèle est le seul vrai Dieu.

Jean-Sébastien Morin, 2008