L’apologétique philosophique est le domaine de l’apologétique chrétienne qui défend la foi chrétienne à partir des principes de la philosophie. On peut considéré, entre autres, l’existence de Dieu, la trinité et pourquoi il y à quelque chose au lieu de rien.

Est-il rationnel de croire en Dieu sans avoir un (bon) argument?

L’intérêt principal d’un Apologète chrétien consiste en général à établir que le christianisme est vrai, c’est à dire, qu’il est vrai que Dieu existe, qu’il a créé l’univers, et qu’il s’est révélé spécialement à sa création à travers la Bible (Ancien et Nouveau Testaments), ultimement pour entrer dans sa création en la personne de Jésus de Nazareth, afin de sauver les hommes de leur péché par sa mort et sa résurrection.

Toutes ces propositions sont essentielles à la vérité du christianisme. Mais, qu’elles soient vraies ou pas, ces propositions importantes présentent une autre question pour le penseur chrétien: est il ‘raisonnable’ de les croire vraies? Est-il raisonnable de croire que Dieu existe, qu’il a créé l’univers, etc…?

Il se pourrait très bien que même si ces protableaupositions s’avéraient être vraies, personne ne pourrait réellement le savoir ou être rationnellement justifié dans ces croyances. En conséquence, le sceptique se voit souvent demander des arguments. Il demande que le Chrétien fasse plus qu’énoncer sa croyance en Dieu, et qu’il offre des arguments logiques pour soutenir rationnellement ses croyances. Ce souci fait l’objet d’un argument déductif contre la rationalité de la foi chrétienne, formulé plus ou moins comme cela:

Prémisse 1 – Il n’est rationnel de croire une proposition p que si l’on possède un argument (ou une preuve) en faveur de p

Prémisse 2 – Il n’y a pas d’argument ou de preuve en faveur du christianisme

Conclusion 3 – Par conséquent, il n’est pas rationnel de croire au christianisme.

Cet argument est valide logiquement, c’est à dire que si les deux prémisses sont vraies, sa conclusion s’ensuit logiquement, et le Christianisme est prouvé irrationnel (à défaut d’être prouvé faux, quoi que ces deux problèmes ne soient pas incompatibles).

Le problème de cet argument, cela dit, c’est que non-seulement il n’est pas établi que ses deux prémisses soient vraies, mais ces deux-ci sont même toutes les deux fausses!

La prémisse 2 prétend qu’il n’y a pas d’argument ou de preuve en faveur du christianisme. C’est une croyance malheureusement très populaire à la limite du slogan, répété ad-nauseam par une culture fondamentalement séculière, mais il témoigne d’une ignorance profonde de la discipline de l’apologétique chrétienne. Il se trouve qu’il y a de nombreux et excellents arguments logiques défendus par des philosophes parfaitement compétents (anciens et contemporains) en faveur des croyances fondamentales du christianisme énoncées ci-dessus: l’argument cosmologique, l’argument téléologique, l’argument moral, l’argument ontologique, l’argument transcendant, etc.. Ces différents arguments feront sans doute l’objet d’autre postes sur ce site, et donc leur défense n’est pas le but du présent article. Ils sont listés ici uniquement afin de challenger en principe la prémisse 2 de l’argument ci-dessus, comme étant tout au moins présomptueuse, si ce n’est prouvée fausse.

Notre intérêt pour l’heure, en revanche, se situe autour de la prémisse 1: est il vrai qu’il n’est rationnel de croire une proposition que si l’on possède un argument (ou une preuve) en sa faveur?

Ma réponse est non. Tout d’abord, cette prémisse ne nouscercle-vicieux est pas démontrée de manière indépendante. Que dirait le sceptique pour établir de manière non-circulaire que la prémisse 1 est vraie? Il n’y a pas grand-chose à dire en sa faveur. C’est déjà un problème, certes. Mais de manière plus fondamentale, cette prémisse n’est pas juste infondée, elle se trouve être démontrablement fausse, et ce pour deux raisons relativement imparables.

Tout d’abord, elle est prouvée fausse par l’existence d’une multitude de contre-exemples relativement unanimes. Il y a un grand nombre de propositions diverses et variées en faveur desquelles nous n’avons pas de bon argument (pour certaines, un tel argument serait même tout bonnement impossible), mais qui pourtant sont parfaitement raisonnables, et tout individu en possession de ses facultés rationnelles peut être justifié en les croyant vraies. Ce genre de croyance a été nommé “proprement basique” par les philosophes qui travaillent dans la discipline de l’épistémologie (la science qui s’intéresse à la connaissance, ou “comment sais-ton ce que l’on sait?”) Ce sont des croyances que l’on accepte naturellement, plus ou moins comme points de départ, ou fondation rationnelle pour d’autres croyances, et qui sont tout à fait raisonnables à adopter même en l’absence d’arguments en leur faveur. Voici au moins 4 exemples de familles de propositions qui ont été suggérées comme bon candidats pour une telle croyance “proprement basique”:

1- Les lois de la logique. Ces lois, incluant la loi de l’identité, la loi de non-contradiction, la loi du milieu exclu, les lois d’inférence logiques (modus ponens, modus tollens, syllogisme disjonctif, syllogisme hypothétique, etc..) sont toutes absolument fondamentales pour toute discussion rationnelle dans quelque discipline que ce soit. Elles sont non-seulement raisonnables elles-mêmes, mais elles sont même la fondation de toute rationalité. Et pourtant, il n’y a pas d’argument qui établisse leur vérité indépendamment. Un tel argument serait tout bonnement impossible, étant donné qu’un argument présuppose la logique: un argument présupposerait donc ce qu’on souhaiterait ici établir. Les lois de la logique sont donc un excellent exemple de proposition non-prouvée (même impossible à prouver) par un argument, et pourtant on ne peut plus raisonnable.

2- Les vérités métaphysiques (ou ontologiques)

Ces vérités, telles qmatrixue “Le monde extérieur existe vraiment”, ou “il y a d’autres âmes que moi”, ou “le passé est réel, l’univers n’est pas apparu il y a une minute avec une apparence d’âge”, sont toutes proprement basiques. Encore une fois, elles ne sont pas prouvables par arguments. Il est impossible de prouver que le monde extérieur existe, démontrant que je ne suis pas un cerveau dans un bocal stimulé par un savant fou, ou bien juste un corps dans la Matrice, stimulé pour penser que le monde virtuel que j’appréhende est vrai. Ma croyance proprement basique dans le fait que le monde extérieur existe vraiment n’est pas prouvable par argument, mais elle est des plus raisonnables.

3- Les vérités d’éthique, ou de morale

Les propositions exprimant la moralité objective (ou l’immoralité objective) de certaines actions sont également probablement proprement basiques. Les propositions “il est objectivement immoral de torturer un enfant pour le plaisir”, ou “il est objectivement immoral d’exterminer les juifs et les gitans”, ou “il est objectivement immoral d’être raciste” sont des propositions plausiblement vraies, et il est impossible de prouver par un argument indépendant que les immoralités qu’elles communiquent ne sont pas en fait subjectives, juste une question de préférences personnelles, telles que “Une glace au chocolat est meilleure qu’une glace à la vanille”. Les vérités objectives de ces propositions morales sont perçues directement, basiquement dans le contexte de l’expérience morale humaine, et il n’y a pas plus de raison de douter de leur vérité objective, qu’il n’y a de raisons de douter de l’existence du monde physique que l’on perçoit proprement, basiquement par nos 5 sens. Ces vérités d’éthique, pour ceux qui les croient, constituent donc un autre contre-exemple pour la prémisse 1 ci-dessus.

4- Les vérités d’esthétique.

Le beau et le moche, tout comme le bien et le mal, sont des considérations plausiblement basiques. Leur vérité objective est évidemment une matière de controverse, particulièrement disputée entre les théistes et les athées, mais s’il existe des jugement esthétiques objectifs (ou au moins si certains d’entre eux sont objectifs), alors notre connaissance de leur vérité est aussi proprement basique.

Si ne serait-ce qu’une seule de ces 4 catégories de vérités proprement basiques s’avère être telle, alors la prémisse 1 ci-dessus sera réfutée: il sera prouvé faux qu’un argument ou preuve est nécessaire pour croire rationnellement une proposition.

Mais plus fondamentalement, la deuxième raison de rejeter la prémisse 1 de l’argument ci-dessus est encore plus affligeante, et pour cause: la prémisse 1 se réfute elle même!

Elle annonce qu’il n’est pas raisonnable de croire une proposition sans avoir un argument ou preuve en sa faveur. Mais existe-t-il un argument ou preuve en sa faveur à elle? Pas du tout. Elle énonce un standard épistémologique purement arbitraire, sans justification, et un qui comme expliqué ci-dessus, s’avère être particulièrement mauvais. De ces considérations, il s’ensuit que la prémisse 1, par son propre standard, n’est pas raisonnable. A la bonne heure!

Par conséquent, quelque soit le statut de la prémisse 2, la prémisse 1 ayant été prouvée fausse, l’argument ci-dessus tentant d’établir que le christianisme n’est pas raisonnable, se trouve réfuté.

Alors évidemment, il ne s’ensuit pas que le christianisme est par là prouvé cross_fieldvrai ou raisonnable. La question reste à poser: est-ce que le Christianisme est effectivement proprement basique, de la même manière que les propositions offertes ci-dessus? C’est une affirmation forte d’un bon nombre de philosophes chrétiens, qui affirment qu’il est possible de croire (et d’être justifié rationnellement! en croyant) en Dieu, non pas sur la base d’un argument purement logique, mais sur la base d’une expérience immédiate du Dieu vivant, dont l’Esprit Saint témoigne directement à notre esprit, de la vérité du christianisme: que Dieu existe, qu’il s’est révélé en la personne de Jésus, et que par la foi en lui, nous recevons le pardon gratuit de nos péchés: “Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ” (Romains 5:1) Cette position est tout à fait compatible avec la conviction qu’il y a bel et bien d’excellents arguments convaincants en faveur du christianisme, mais si ces croyances sont également proprement basiques, alors ces arguments ne sont que la cerise sur le gâteau épistémologique d’une croyance bien raisonnable en un Dieu qui se révèle à ceux qui le cherchent. “Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur” (Jérémie 29:13).

 

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Note: pour aller plus loin dans les sujets abordés par cet article, vous pouvez par example consulter le travail de William Lane Craig pour une défense des arguments traditionnels en faveur du christianisme, ainsi que son exposition des types de propositions proprement basiques énoncées ci-dessus; et pour une défense de la croyance en Dieu de manière proprement basique, consultez Alvin Plantinga, et son travail sur la notion de ‘Warrant’, ainsi que sa réfutation du “fondationnalisme classique”

 

Pourquoi étudier la Philosophie?

Pourquoi est-ce qu’on voudrait étudier la philosophie? Il me semble que c’est tout théorique, mais pas en toute pratique.

Je veux éliminer ta peur tout de suite. Mais pour faire ça, il faut faire un peu de philosophie. La philosophie est l’amour de la sagesse. Qu’est-ce que la sagesse? Il y a plusieurs réponses à cette question, ils reviennent tous à la connaissance des causes. Tu vas dire, ça n’a aucun rapport, la sagesse est en rapport avec comment bien vivre sa vie, et, selon les proverbes la sagesse commence avec la crainte (ce qui veut dire, respecte) de Dieu. Tu dirais vrai, mais tu n’irais pas assez loin. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on dit que quelqu’un sait comment vivre? On est en train de dire qu’il sait comment il devrait agir dans chaque circonstance, et ce qu’il devrait poursuivre comme étant bons. Cette connaissance est une connaissance des causes de l’action. C’est à dire, un personne qui sait ce qui est bon, et donc, digne d’être poursuivit, est une personne qui connaît les causes finales de l’action qui devrait être poursuivit par l’être humaine. S’il sait, en plus, comment les atteindre, alors il connaît les causes formelles et matérielles de l’action. Donc, un homme qui est sage en rapport avec l’action morale est un homme sage.

Mais je veux aller plus loin. Qui est l’homme le plus sage: l’homme qui connaît les choses qui sont contingentes (une chose contingente est une chose qui étant, peux ne pas être), ou l’homme qui connaît les choses qui sont nécessaires? Les choses contingentes peuvent arrêter d’exister, mais les choses nécessaires doivent toujours être, et ne cesseraient jamais d’exister. Donc, la connaissance des choses nécessaires est plus certaine, la connaissance des choses contingentes cesse (à parte dans la mémoire) une fois que les choses contingentes cessent d’exister.

Les actions humaines ne sont que des états d’être contingentes, ils passent avec le moment, et la connaissance sur comment agir dans circonstance 1 s’appliquerait pas nécessairement dans circonstance 2, 3, 4, n (‘n’ égal à l’infinité).

Mais quelles sont les choses nécessaires? Il existe’il des choses nécessaires? Il y a deux types (au moins) de nécessité: Nécessité absolue et nécessité relative.

La nécessité absolue s’applique à tout ce qui ne peut pas être autrement. Peu importe la situation, il n’y a rien qui peut le changer. D’habitude quand on parle de la nécessité absolue on parle surtout de Dieu (techniquement je devrais démontrer ceci, mais, je n’ai pas le temps de faire ça ici, et je l’ai déjà fait ici, et ici), et de tout ce qui trouve sa fondation dans l’être (que Dieu est par nature), comme les lois de l’être (principe d’identité, principe de non-contradiction, principe de causalité, etc.), etc.

La nécessité relative s’applique à tout ce qui, relatif aux circonstances, doit arriver (ou être) comme il est. Il pourrait avoir des situations dans lequel une chose qui est relativement nécessaire est autre, mais, étant donné les circonstances, il doit arriver comme ceci. Je me demande si, peut-être les natures de toutes les choses qui existent sont nécessaires de cette façon. C’est-à-dire, est-ce que Dieu aurait pu décider que la nature humaine soit autre; ou qu’il n’y aurait pas de nature humaine? Si oui, alors la nature humaine est nécessaire relativement à ce que Dieu la créée comme ça.

Donc, de ce qu’on vient de voir, la nature humaine, l’étude de l’être, et l’existence de Dieu, entres-autres, sont des choses qui sont nécessaires. L’homme qui les connaît serait l’homme le plus sage, parce que sa connaissance ne pourrait jamais lui être enlevée, et sa connaissance ne pourrait jamais changer, à moins que Dieu lui-même change (ce qui d’après la bonne philosophie thomistico-aristotélicienne n’est pas possible!).

Donc, la sagesse est de connaître Dieu, de connaître les natures des choses qu’il a créées, etc. La philosophie est l’amour de la sagesse, et donc de ces choses. On découvre ces choses principalement à travers les raisonnements humains (l’utilisation de l’intellect que Dieu nous a donné) au sujet de la création de Dieu, en rapport avec la parole de Dieu. Donc, d’étudier la philosophie est une des choses les plus importantes qu’une humaine pourrait faire. En l’étudiant, tu t’approches de Dieu. Non seulement est-ce que la philosophie t’aide à devenir sage en action, mais la philosophie t’aide aussi à mieux connaître Dieu. D’ailleurs, selon la bonne philosophie, et selon la Bible, la connaissance (la bonne doctrine) précède toujours des bonnes actions. Celui qui ne sait pas ce qui est le bon, ne pourrait pas le poursuivre que par accident, mais on n’appellerait pas une personne comme ceci une personne sage, ni morale, ni comme Christ. Pour être une humaine sage, morale, et comme Christ on doit connaître celui qui nous a créée, qui nous soutiens à chaque moment, qui est mort pour nos péchés, et qui nous a aimé.

Bon, alors, la philosophie est importante à étudier, nécessaire, même; mais, est-ce que c’est plus important que la théologie? Non. Ce n’est pas la bonne question. La question est, est-ce qu’on peut faire (étudier) la théologie sans la philosophie? Là la réponse est aussi non. Pourquoi? Est-ce que la Bible définis (une définition distingue un être de toutes autres choses, en démontrant son genre et sa différence propre) ce que c’est une “nature”, une “essence”, un “esprit”, “la matière”, etc.? Non, la Bible s’attend à ce qu’on sache déjà ce que ces termes veulent dire. Comment est-ce qu’on sait qu’est-ce que ces termes veulent dire? On fait la philosophie! Est-ce que ces termes sont importants pour l’étude de la Bible? Oui. Comment? Qu’est-ce que la “nature” du péché? Ou la “nature” de Dieu? Comment est-ce possible que Jésus soit au même temps Dieu et homme? La Bible dit que Dieu est esprit. Est-ce qu’un esprit à l’aire comme un Fantôme? Est-ce qu’un esprit à un intellect, volonté, des émotions? Est-ce qu’on peut faire mal à un esprit? Est-ce qu’un esprit à des bras, mains, yeux? Mais, la Bible dit que Dieu à des yeux, des mains, des bras, qu’il marché avec Adam et Ève dans le jardin. On me dirait que ceci n’est qu’un langage métaphorique ou symbolique. Pourquoi? Parce que Dieu est esprit? Mais qu’est-ce qu’un esprit, et pourquoi est-ce qu’un esprit ne peut pas avoir des bras, des yeux, etc.? Tu vois ce que je veux dire? La Bible ne répond pas à ces questions, mais, pour bien comprendre la Bible, on doit avoir une réponse à ces questions. Les réponses de ces questions sont des réponses qui sont, en partie, proprement philosophiques.

Je n’ai même pas mentionné le fait que pour comprendre la Bible on doit savoir comment utiliser la logique, on doit savoir les principes d’interprétation, on doit connaître les principes de langage. Ce sont toutes des choses qui sont proprement l’étude de la philosophie. La logique est l’étude de la relation des termes dans une affirmation, et la relation des affirmations dans un argument, démontrant ce qui peut être dit, et ce qui ne peut pas être dit. L’utilisation de la logique est nécessaire pour bien communiquer. Les principes d’interprétation sont des règles de l’interprétation d’un texte. Certaines disent qu’on les trouve dans la Bible, mais comment est-ce qu’on les a trouvés dans la Bible si avant de les trouver on ne savait pas comment interpréter la Bible? Vois-tu le problème? Pour pouvoir bien interpréter la Bible, tu dois déjà connaître les principes d’interprétation. Mais si les principes d’interprétation sont dans la Bible, alors comment est-ce qu’on va réussir à les sortir de la Bible quand on doit être capable d’interpréter la Bible pour les sortir? Ce sont toutes des questions philosophiques.

Donc, veux-tu bien comprendre la Bible? Étudie la philosophie!

Mais, je dois donner un avertissement. Étudie la bonne philosophie. Aristote a fait remarquer que si les fondations ne sont pas bonnes, alors toute l’entreprise va échouer. Il y a beaucoup de fausses philosophies, il faut que tu apprendre la vérité, ou, au moins, comment atteindre la vérité. Comment faire ça? Attache-toi à un philosophe chrétien est apprendre de lui. Déménage s’il faut, mais trouve un philosophe chrétien et soumettre toi à lui. Augustine a fait remarquer qu’avant qu’on puisse connaître, on doit premièrement croire. Croire pour comprendre, c’est une phrase célèbre d’Augustine. Le point? Pour apprendre, tu dois te soumettre à celui qui sait. Tu veux savoir comment conduire une voiture? Tu te fais enseigner par quelqu’un qui sait. Tu veux savoir comment réparer cette voiture? Tu t’en va voir un garagiste, et tu lui demandes de te démontrer. Malgré ce que notre société (et souvent, même, nos églises) aimerait nous faire croire, on doit être enseigné pour savoir comment bien penser. Donc, trouve quelqu’un qui sait, et soumettre toi. Éventuellement, tu vas être capable non seulement de le dépassé, mais, en plus, de l’aider à avancer! Croire pour comprendre.

Aussi publier sur ma blogue: http://philosopherdhaines.blogspot.ca/2013/12/pourquoi-etudier-la-philosophie.html

La logique et (est?) Dieu

Il y a une idée qui circule dans la pensée commune aujourd’hui : qu’il n’y a aucun lien entre Dieu et la logique! Certaines, qui ne croient pas que Dieu existe, semblent attaquer l’existence de Dieu avec l’idée que si Dieu n’est pas capable de contourner ou briser les lois de la logique, alors il n’est pas Dieu. (C’est l’assomption qui est en arrière de la question, “Est-ce que Dieu peut créer une roche qui est tellement grande qu’il ne pourrait pas l’élever?”) Il y a certaines, de l’autre côté, qui croient que Dieu existe et qui pensent que Dieu n’est pas “obligé” de “respecter” les lois de la logique. On nous dit que Dieu n’est pas restreint par les lois de la logique. La question que nous allons aborder dans cette article est la question de la relation entre Dieu et la logique. Pour aborder cette question il faut premièrement comprendre qu’est-ce que la logique, et qu’est-ce que la fondation de la logique. Nous allons être capable, en suite, de répondre à la question, qu’est-ce que la relation entre Dieu et la logique.

La logique pourrait être décrite comme la science de la réflexion. C’est l’étude de ce qui constitue un bon ou un mauvais raison, et les erreurs de la réflexion. Les principes de la logique nous aident à ordonner nos pensées, et d’être cohérente dans nos affirmations et arguments. Les règles de la logique ont un rapport avec les concepts et la relation entre les concepts. Il y a plusieurs types de relations qui puissent obtenir entre les concepts, et ces relations dépendent de l’affirmation en question. Certaines propositions affirment un terme d’un autre, par exemple, “Les chats ont quatre jambes.” Dans une relation de ce type, possession d’un attribut, le “ont” est utilisé pour dire que l’attribut “avoir quatre jambes” obtient chez les chats. (Les conjugaisons du mot avoir, en français, sont souvent utiliser pour attribuer une propriété à un sujet. On pourrait changer la phrase ci-haut pour dire « les chats sont doué de quatre jambes. ») D’autres propositions affirment une relation de causalité, connexion, ou exclusion (par exemple, si x, alors y. x et y. x ou y.) La logique nous explique comment ces types de propositions peuvent être affirmé, et comment nous pourrions les mettre en relation, mais, la logique ne nous informe pas de la vérité des affirmations. Si la logique nous informe que deux termes ne peuvent pas être mis en relation, alors ce n’est pas possible qu’ils nous conduisent à la vérité. C’est à dire, si la relation de deux termes, ou de deux propositions est illogique, alors l’affirmation qu’ils ont une telle relation ne dit pas la vérité. De l’autre côté, il y a plusieurs types de propositions qui ne peuvent pas être analysées par la logique, comme les questions (« Qu’est-ce que tu fais demain? »), comme des déclarations d’émotions (“Je suis contente.” ou “Je suis triste.”), des ordonnances (“Va dans ta chambre!” “Lire ton livre!” ou “Donne ta vie au Seigneur.”), ou des déclarations de préférence (“Je suis partiel à la pizza toute garnie.” ou “J’aime ce chandail.”). Quoi que la logique ne peut pas analyser ces déclarations, comme telles, la logique peut nous dire que, “Si tu es heureux, alors c’est tu n’es pas malheureux dans la même façon.” C’est-à-dire, c’est une contradiction d’affirmer, pour les mêmes raisons, et dans le même sens, “je suis et je ne suis pas contente”, “Va dans ta chambre, et ne va pas dans ta chambre”, et “J’aime, et je n’aime pas, la pizza toute garnie.” Pourquoi? Il y a trois lois principales de la logique, qui sont les fondements de la science de la logique, de toute interaction dialectique et de toute communication, et qui nous donnent la base par lequel on est capable de juger chaque proposition et argument. La loi de la non-contradiction, quand c’est appliquer à une proposition, nous explique qu’on ne peut pas affirmer A et non-A dans le même sens. Par exemple, c’est une contradiction d’affirmer que “Dieu est”, et, avec le même sens de “est”, que “Dieu n’est pas”. La deuxième loi de la logique est ce qu’on appelle la loi d’identité, et, appliquer à des propositions, elle nous démontre que l’affirmation A est l’affirmation A. La troisième loi de la logique est la loi de l’exclusion de l’intermédiaire, c’est-à-dire, soit A ou non-A, il n’y a pas d’autre possibilité. Ces trois lois donnent la fondation pour tout le reste des principes de la logique. Nous pourrions ajouter une quatrième loi, la loi de la causalité, c’est-à-dire, l’effet n’est pas plus, en nature, que sa cause. (On peut dire ce loi de plusieurs façons, Peter Kreeft l’explique comme ceci, « tout ce qui agit ou qui change a un raison ou cause qui explique pourquoi il agit ou change. »[1] W. Norris Clarke l’exprime comme ceci, « Chaque être qui n’a pas, en lui-même, la raison suffisant pour son propre existence doit avoir un cause efficient adéquate. »[2] Toutes les règles de la logique découlent de ces quatre principes. Sauve que, même si on sait que la logique est basée sur ces quatre lois, nous avons un autre problème. Les règles de la logique trouvent leur fondation dans les lois fondamentales de la logique, mais d’où viennent ces lois?

Le problème qu’on doit aborder, est, est-ce que la logique est descriptive de nos pensées, ou est-ce que c’est normatif? C’est-à-dire, la logique n’est-il qu’une description de comment nous pensons, comme les lois de la nature qui ne sont que des descriptions de ce qui se passe, mais qui, même en tant que “loi”, ne sont que basé sur induction à partir de nos observations de ce monde, ou, est-ce que la logique nous démontre comment penser, comme la conception commune des lois morales, qui ne sont pas des descriptions de ce qu’on fait, mais des lois qui nous indique ce qu’on doit faire? La première option, que la logique n’est que la description de comment nous pensons, nous laisse avec une logique qui pourrait changer si notre façon de penser change. De plus, si la logique n’est qu’une description de comment nous pensons, alors Dieu n’a aucun rapport avec la logique, et nous ne pourrions pas appliquer des descriptions de comment l’être humain pense à Dieu, ni pour le limiter, ni pour dire comment il est. Donc, si la première option est le cas, alors ça pourrait arriver que pour une personne Dieu existe, mais que pour une autre personne il n’existe pas. Ou, que la chaise sur laquelle je suis assis existe, pour moi, mais qu’elle n’existe pas pour toi. Mais, même si la deuxième option est vraie, nous avons toujours la question, qu’est-ce que le fondement de la logique?

Les lois fondamentales de la logique ont souvent étaient nommé des lois de la pensée, mais, pour être plus exacte ça serait mieux de les nommer les lois de l’être.[3] Les lois fondamentales de la logique sont des lois qui se basent sur l’être en tant qu’être. La raison pour laquelle ils s’appliquent à nos pensées est que nos pensées sont de l’être. La première chose qui se présente à l’intellect est un être, une chose qui existe. Après avoir reconnu l’existence de quelque chose on se demande, et on cherche à savoir, ce que c’est (sa nature ou essence). Les lois fondamentales de la logique ne sont pas normatives pour l’être, ils sont intrinsèques à l’être, mais ils sont normatifs pour nos pensées, parce que nos pensées sont toujours jugées par ce qui est – par l’être. Par exemple, c’est vrai, absolument, qu’un être est, où qu’il n’est pas, mais pas les deux en même temps et dans le même sens – la loi de la non-contradiction. Ceci n’est pas un concept dans nos pensées, c’est une loi d’être, et il n’y a aucune façon de le contredire sans démontrer que c’est vrai. Ceci est aussi vrai des autres lois que nous avons mentionnées ci-haut. Une chose est ce qu’il est – la loi d’identité. Une chose est, où il n’est pas, il n’y a pas des gradations d’existence. C’est normal de dire qu’une chaise est plus ou moins rouge, ou qu’une personne est plus ou moins grande, mais on reconnait tous l’incohérence dans l’affirmation que la chaise est plus ou moins. Sois que la chaise est, ou il n’est pas, il n’y a pas d’entre-deux – la loi de l’exclusion de l’intermédiaire. Finalement, chaque effet est causé par quelque chose, qu’on observe la cause ou non. Si cette dernière est fausse, alors on verrait des choses qui surgissent en existence sans raison, et la science ne serait pas possible. Poof, un lion vient d’apparaitre à côté de toi. Poof, un bâtiment vient de remplacer, sans cause, la forêt qui était la voilà deux seconds. On reconnait tous que des choses qui existent reçoivent leur existence d’un autre. Donc, ces lois trouvent leurs fondations dans l’être.

Si Dieu existe (pour cette réflexion je vais assumer que Dieu existe),[4] alors Dieu n’est pas seulement un être parmi tant d’autres, seulement meilleurs et plus puissant, au contraire, Dieu est, par nature. C’est-à-dire, l’essence de Dieu est acte – existence pure. Si Dieu est acte pur – existence – alors les lois de la logique trouvent leur fondation en Dieu lui-même. Donc, si on revient aux questions de départ, est-ce que Dieu peut faire ce qui est illogique? Si ce que nous avons vu ci-haut est vrai, alors la réponse est non (un miracle n’est pas illogique, seulement inexplicable, il y a une grande différence).[5] De dire que Dieu pourrait faire quelque chose d’illogique serait de dire que Dieu peut agir contre sa propre nature. Ça serait l’équivalent de l’affirmation, “Dieu peut mentir”, “Dieu peut mourir”, ou “Dieu peut commettre l’adultère”. Tout comme Dieu ne peut pas changer ni mentir, Dieu ne peut pas faire quelque chose d’illogique. « Des miracles pourraient arriver; les lois fondamentales de l’univers pourraient être mises de côté par le créateur de l’univers; mais même le créateur ne peut pas violer les lois de la logique. Si Dieu existe, les lois de la logique sont des lois de la nature divine. Même Dieu n’est pas capable d’exister et de ne pas exister en même temps. »[6]

 


[1]Peter Kreeft, Socratic Logic, ed. Trent Dougherty, 3.1 ed. (South Bend, IN: St. Augustine’s Press, 2010), 221.

[2]W. Norris Clarke, The One and the Many : A Contemporary Thomistic Metaphysics (2001; repr., Notre Dame : University of Notre Dame Press, 2007), 180.

 [3]Cf. Kreeft, SL, 359.

[4]Peter Kreeft note que, « Ce n’est pas claire sur quelle réalité ces lois se dépendent si Dieu n’existe pas; mais, le fait demeure qu’ils sont des vérités éternelles, nécessaires, et inchangeables. Si Dieu existe, ces lois décrivent la nature de Dieu. (Kreeft, SL, 190.) »

[5]Cf. Kreeft, SL, 190.

 [6]Kreeft, SL, 195.