N’importe quel sujet d’apologétique chrétienne qui est difficilement catégorisée.

Histoire de l’Apologétique Chrétienne

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Cette hiver, on vous invite à prendre un cours de 12-13 sessions à la Faculté de Théologie Évangélique – Acadia, sur l’Histoire de l’Apologétique Chrétienne, avec David Haines (BTh., M.A., PhD. Candidat) membre de l’Association Axiome. Il se tiendra à partir du 22 Janvier tous les vendredi soirs de 18h30 à 21h30. Ce cours est accrédité et peut être transféré dans n’importe quel autre programme d’étude à n’importe quelle université au Québec et ailleurs.

Dans ce cours nous allons être introduit à la défense de la foi chrétienne à travers les siècles : histoire des personnages, leurs approches apologétiques, et leurs arguments. Nous allons regarder non-seulement les apologètes les plus connus tels qu’Anselme, Augustine, Thomas d’Aquin, C. S. Lewis, et Cornelius Van Til ; mais, aussi, les apologètes moins connus mais aussi intéressants tels qu’Aristide (le premier apologète chrétien), Pierre Martyr Vermigli (le théologien et apologète qui a influencé Jean Calvin), et beaucoup d’autres. De plus, David vous fera part des entrevues qu’il a faites avec plusieurs apologètes vivants, tel que Norman Geisler, Richard Swinburne, etc.

Pour vous inscrire au cours contactez la Faculté au (514) 526 2003.

Les femmes « dans » la bible (Partie 1): Une réponse à ceux qui pensent que la bible dénigre les femmes!

Ce que je m’apprête à faire est dangereux, c’est-à-dire, écrire un article sur la valeur des femmes dans la bible. Nous sommes en terrain glissant, car nous entendons tellement de préjugés et de critiques que souvent on considère comme vraie, tel que « que la bible donne peut de valeur à la femme ». Mais j’aimerais donner une réponse à ce préjugé. Au contraire, la bible accorde une grande valeur aux femmes.

Plusieurs mouvement aujourd’hui attaque directement l’identité féminine ou la déforme complètement. Encore dernièrement, j’entendais une entrevue ou on a discuté de la femme dans les religions. Et lors de l’entrevue on a parlé de la création (dans la Genèse) et on nous traitait de fondamentaliste et la bible, disait-on, est le pire livre religieux et le plus détaillé concernant l’identité de la femme. Du point de vue de la bible, d’après ce point de vue, la femme est inférieure depuis le début. Après tout, elle est tirée de l’homme, et cela la rend inférieur!

Je ne veux pas minimiser les actes de tous les groupes à travers le temps qui ont réduit les femmes à un simple objet ou encore sur le dos de la bible ont justifié des actes qui sont carrément aberrants. Et il faut le dire. Mais cela n’est pas le fruit d’une conception biblique.

Quelques réflexions :

  1. Ce genre de commentaire reflète premièrement une ignorance du contexte et un rejet du texte dans son contexte littéraire.
  2. Cela souligne une ignorance du genre littéraire et mène à de mauvaises interprétations, si au minimum, ils ont lu le texte.
  3. En plus d’être tendancieux, c’est le genre d’argument qui est orienté vers un préjugé que l’on qualifie de religieux et comme c’est religieux c’est nécessairement dévalorisant pour les femmes.
  4.  On nous demande d’accepter comme vraie[1] leur conclusion humaniste, sans même nous démontrer soit que nous avons tords ou encore qu’ils ont raison. C’est toujours facile de prendre des extrêmes et de ridiculiser les chrétiens.
  5. Souvent, la ligne de pensée est fortement influencée et dirigée par l’image véhiculée dans la tradition ou la culture, sans référence au texte. Autrement dit, on interprète la bible avec le Journal de Montréal.

1reréfutation : C’est hors contexte

Dans le contexte de Genèse 2 : Dieu a d’abord créé Adam et là placé seul dans le jardin et lui a donné son commandement de ne pas manger le fruit (2.16-17). Puis au verset 18 il dit :

« L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide qui sera son vis-à-vis. » (2.18)

Cela indique que Dieu a créé Adam comme un être de communication et de partage. Dieu nous a créés pour être des communicateurs et ce dont une personne a besoin dans le contexte de ce chapitre, c’est d’une autre personne avec qui il peut partager l’amour de Dieu. Et comme il ne trouve pas dans la création, Dieu va lui apporter comme un cadeau (2.22). Il faut que l’autre soit autre et non pas un animal (2.19-20). Il y a une très grande différence entre contempler une aurore boréale avec votre conjoint et l’observation du même phénomène avec votre chien.

J’attire votre attention sur 2.23 :

« Et l’homme dit : Cette fois c’est l’os de mes os, La chair de ma chair. C’est elle qu’on appellera femme. Car elle a été prise de l’homme. »

1)      La femme est de même nature que l’homme.

2)      La joie subjective d’Adam en face de celle qui os de ses os. Nous avons tendance à lire ce passage comme si c’était le texte le plus monotone qui soit. Mais il y a un contraste établi avec sa recherche avec les animaux. Si on lit le verset « littéralement »[2] :

« WATATOW… TU M’AS-TU VU LA BEAUTÉ… WOW »

Et de là, la bible tire la conclusion[3] sur le mariage de l’union avec elle. Dieu a créé l’homme et de là il a tiré la femme et lui a amené une femme devant lui pour découvrir c’est quoi être une seule chair dans une communion vivante. Il quittera son père et sa mère, parce que Dieu lui  amené quelqu’un d’autre[4] (2.24).

Bien qu’il existe plusieurs débats sur le genre littéraire (poésie, historique, symbolique, etc.) ça n’importe peu pour voir que le texte est empreint d’amour de l’homme envers sa femme et de Dieu envers sa création. Nous devons donc rejeter les arguments faciles hors contexte pour penser que Dieu n’accorde pas valeur à la femme à partir de ces textes.

 

2e réfutation : C’est illogique

Le raisonnement dans la Genèse est le suivant :

1)      Tout ce qui est créé dans l’image de Dieu à une grande valeur

2)      La femme est créée dans l’image de Dieu

3)      Donc, la femme a une grande valeur

 

Ce qui est créé à l’image de Dieu dans la bible a une grande valeur et le texte est clair sur cela et il donne plusieurs indications à cet effet[5]. Il est donc capable de relation, de communication et de connaissance. Et le texte est clair que ce n’est pas seulement l’homme qui porte l’image de Dieu, mais « homme et femme » (1.27). En plus, cela indique une valeur, une importance et une dignité égale et l’auteur va ajouter à deux reprises que la femme est son « vis-à-vis » (2.18, 20), littéralement « face à face ». L’auteur rend clair que nous sommes égaux dans notre nature, mais différent dans notre expression. Nous sommes donc complémentaires.[6] Homme et femme reflètent de manière différente, pour ainsi dire, l’image de Dieu.

 

Conclusion :

Mes conclusions sont simples et directes :

 

  1. On doit rejeter l’idée que « le livre de la Genèse dit que la femme est inférieure à l’homme. » C’est hors contexte et illogique.
  2. On ne doit pas baser notre jugement sur un préjugé fallacieux et tendancieux.
  3. On doit dénoncer les extrémistes chrétiens ou autres, qui voudraient diminuer la femme en importance, en stature ou en valeur.


[1] En philosophie, on parle d’une  « pétition de principe ».

[2] Blague… C’est pour noter la joie d’Adam.

[3] 2.24 commence par « C’est pourquoi » s’appuyant sur le verset 2.23.

[4] Le verset à la base du mariage.

[5] 1)          Dans la progression du texte, la création de l’homme est le pinacle de la création.

2)            Il est le seul à qui est introduit de façon personnelle de la part de Dieu. « Faisons l’homme à notre image »

3)            Dans les versets 1.26-27, « image de Dieu » revient à 3 reprises.

4)            Utilisation d’un terme différent pour créer l’homme. Il désigne un potier qui façonne l’argile de ses mains.

5)            Il est donné la place de direction sur la création

6)            Il est consacré un chapitre supplémentaire sur leur création avec plus de détails.

[6] C’est ce que l’on appelle le complémentarisme, qui dit que nous sommes égaux dans notre nature et différent en notre expression. Homme et femme sont complémentaire et non en opposition.

« Déplorer des ‘chrétiens’ et apprécier Michel Onfray » : une conclusion optimiste – Partie 12 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 11

Nous voici arrivés à la dernière partie de ma critique, et il me reste pourtant de larges quantités de notes sur le matériel historique discuté par Michel Onfray concernant les chrétiens dans l’histoire. Tâchons ainsi d’être bref, car j’aimerais conclure ci-dessous sur une note plus personnelle. Onfray dédie une large portion de son livre à expliquer tout le mal qu’ont fait les croyants dans l’histoire de la planète. vadorL’apôtre Paul est contre l’éducation, bête, et lui même non éduqué (p.183-184), Jean Chrysostome justifie la violence physique (p.196-197), Augustin en prend pour son grade également, accusé de justifier « le pire dans l’église » (p.244), Constantin est superstitieux, infanticide et uxoricide (p.187-192), Adolf Hitler est un « disciple de St Jean » (p.216), le Vatican collabore avec les Nazis (p.237) ; Onfray blâme les chrétiens pour Hiroshima (p.247), l’esclavagisme moderne (p.247), le colonialisme (p.250), et passe en revue : « l’inquisition, la torture, la question ; les Croisades, les massacres, les pillages, les viols, les pendaisons, les exterminations ; la traite des Noirs, l’humiliation, l’exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes, des enfants ; les génocides … » etc. etc. (p.235) Vous voyez le genre. Plutôt que d’écrire une dizaine de pages supplémentaires en traitant chaque accusation individuellement, je souhaite simplement faire quelques remarques générales importantes, pour répondre au cœur de l’argument unique qu’Onfray applique à différents individus au fil des siècles. Il s’agit en fait d’un argument déductif qui dit cela :

1 – Si des chrétiens font du mal, cela reflète négativement sur le christianisme

2 – Ces gens sont chrétiens,

3 – Ces gens ont fait du mal,

4 – Conclusion : cela reflète négativement sur le christianisme

L’argument est logiquement valide : si les prémisses 1, 2 et 3 sont vraies, alors la conclusion 4 s’ensuit. La réponse du chrétien va alors avoir plusieurs composantes disponibles:

Rejeter 2, rejeter 3, ou accepter 4 et le déplorer.

augustinePour Adolf Hitler, par exemple, il est clair qu’il n’est pas chrétien si le mot est défini un tant soit peu bibliquement. Pour d’autres tels qu’Augustin, il n’est pas net qu’ils soient coupables des maux qu’Onfray leur prête, et étant donné qu’il ne nous donne pas de référence en bas de page, il est difficile de vérifier. Et enfin, pour d’autres chrétiens qui ont effectivement agi de triste manière, le chrétien moderne se doit d’admettre que l’histoire de l’église n’est pas toute rose, et que même ses héros du passé sont des pécheurs ayant besoin du pardon de Jésus. Rien de cela ne discrédite la Bible, l’existence de Dieu, ou la divinité de Jésus, et je peux me joindre à Michel Onfray dans un bon nombre de ses critiques historiques.

Ceci étant dit, il me faut tout de même ajouter que son analyse est entièrement polarisée et ‘quelque peu’ diabolisante. Si les péchés des chrétiens reflètent négativement sur le christianisme, leurs bonnes œuvres devraient être prises en compte au même titre, mais ce n’est pas Michel Onfray qui vous parlera de la fondation chrétienne des hôpitaux, des universités, et de leur participation massive à l’aide humanitaire. Le traité d’athéologie vous parle des vilains chrétiens de l’histoire, mais où sont les Martin Luther King, les Dietrich Bonhoeffer et les William Wilberforce ? L’argument fonctionne dans les deux sens.

Par ailleurs, la prémisse 3 de l’argument ci-dessus présuppose que des chrétiens ont fait du mal. Du vrai mal. Or, un peu plus tôt dans cette critique, lorsque nous discutions de l’argument moral pour l’existence de Dieu, nous remarquions que si Dieu n’existe pas, alors il n’existe pas de valeurs morales objectives. Il s’ensuit donc que si des chrétiens on fait du mal, objectivement, alors il existe au moins certaines valeurs morales objectives par lesquelles Onfray juge les chrétiens, et donc Dieu existe. L’argument n’est donc pas disponible pour un athée cohérent.

Enfin, il reste une accusation proférée par Onfray avec laquelle le vrai chrétien ne peut qu’être d’accord : il dénonce la pratique de forcer la conversion : « obligation pour les païens de se faire instruire dans la religion chrétienne, puis d’obtenir le baptême sous peine d’exile ou de confiscation de leurs biens ; interdiction de revenir au paganisme pour les convertis à la religion d’amour ; » (p.198-199)

MEDION DIGITAL CAMERAMa réponse est sans équivoque : « Oui ! », toutes ces choses sont mauvaises et, j’ajoute, entièrement incompatibles avec le christianisme biblique. On ne peut pas faire un chrétien par coercition. Un chrétien est un pécheur qui se repent sincèrement de son péché, et place sa foi sincère en Jésus, pour recevoir son pardon gratuitement, par la foi et non pas par les bonnes œuvres. Il s’ensuit que par définition, le choix de devenir chrétien doit être complètement libre, sinon ce n’est pas une foi qui sauve. Le chrétien partage avec joie les raisons pour lesquelles il est chrétien, il explique en termes clairs l’enjeu de la question (la vie éternelle !), et il encourage le non-croyant à recevoir ce pardon gratuit (quelle bonne nouvelle !), mais en aucun cas ne doit il forcer qui que ce soit. J’espère que cette critique du traité d’athéologie aura été comprise dans cet esprit : une offre d’arguments rationnels pour encourager le lecteur, et une invitation au lecteur à réfléchir librement à ces choses : si le christianisme est vrai, l’enjeu est énorme.

A bon entendeur.

onfrayEnfin, permettez-moi de conclure sur une note positive. Après 12 parties d’une critique passées à dire du mal des arguments invalides de Michel Onfray, j’aimerais finir par dire du bien de l’homme, que j’apprécie en fait beaucoup. Il est souvent bien sympathique, il s’exprime de manière captivante, il aime la langue française et l’emploie joliment, et l’histoire de sa vie est tout simplement fascinante. En bref, je dois confesser être un fan (est-ce si terrible d’apprécier grandement quelqu’un avec qui l’on est fondamentalement en désaccord ?)

Je me permets d’ajouter que la plupart de ses adversaires qui le critiquent, même sur le sujet de l’athéisme, offrent des arguments que je trouve affligeants, et Onfray les démolit habituellement dans ses interviews avec brio, en offrant souvent les réponses exactes que j’aurais offertes moi même si j’étais un athée. Le monsieur a de la répartie ! J’espère donc que les arguments que j’ai offerts dans cette critique aient été d’un autre calibre, et sans avoir la prétention de penser que Michel Onfray les lira, je me prête à croire qu’ils auraient un meilleur effet.

Mais est-ce naïf de penser qu’un athée célèbre, publié sur le sujet, puisse changer d’avis sur la question ? À cela, je répond que ce ne serait pas la première fois. Le plus célèbre philosophe athée du siècle dernier, Antony Flew, sous le poids des arguments (particulièrement l’accord fin des constantes de l’univers, mentionné dans cette critique), a fini par changer d’avis, et annoncer sa croyance en un créateur de l’univers. Un de mes bons amis philosophes chrétiens, David Wood, est un ancien athée psychopathe, condamné pour tentative de meurtre barbare, qui a découvert le Jésus de l’évangile en prison, et s’engage maintenant en débats académiques sur la vérité du christianisme. Et enfin, je suis moi-même ancien athée, devenu chrétien et philosophe académique par un concours de circonstances improbables, et une réflexion sur les documents du Nouveau Testament. Alors si Dieu peut rattraper l’apôtre Paul, ou Antony Flew, ou David Wood, ou moi même, pourquoi pas Michel Onfray ?

…Et pourquoi pas vous, cher lecteur ?

Amicalement,

Guillaume Bignon, Mai 2015.

« Interdiction d’interdire ? » : christianisme et moralité sexuelle – Partie 11 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

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<<< Partie 10

Une chose est sûre, Michel Onfray ne partage pas la vue chrétienne de la moralité en général, et certainement pas sa moralité sexuelle en particulier. Le sujet pourrait être laissé de côté dans cette critique qui se focalise plutôt sur les arguments pour et contre le christianisme, dans la mesure où « je n’aime pas ses interdits » n’est pas vraiment un argument contre le christianisme, mais les critiques trouvées dans le « traité d’athéologie » sur le sujet relèvent tellement de l’absurde, qu’elles méritent une réponse, ne serait-ce que pour corriger les distorsions et clarifier la vue chrétienne pour le lecteur intéressé.

Commençons donc par les accusations d’Onfray les plus faciles à réfuter, à savoir celles qui reprochent au christianisme d’enseigner des choses qui lui sont en fait complètement étrangères. Michel Onfray répète à tout va que le christianisme hait la vie, les femmes, le corps, et le sexe. Je ne sais pas où il va chercher tout cela, et les preuves supportant la thèse brillent par leur absence, mais la rhétorique coule à flots ; il écrit : « Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ;  haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine du corps, des désirs, des pulsions. » (p.103-104 et 4ème  de couverture). Il répète page 109 que le christianisme voit le corps comme impur et mauvais, en page 254 que le christianisme hait les femmes, le sexe et la chair, et en page 142 que le christianisme implique la haine des femmes, « à quoi on ajoute la haine de tout ce qu’elles représentent pour les hommes : le désir, le plaisir, la vie. »

C’est du grand n’importe quoi. D’après le christianisme, le sexe a été créé et ordonné par Dieu, est une bonne chose, et est proprement célébré dans le cadre du mariage et son union d’amour inconditionnel entre les époux. Dans 1 Cor. 7, Paul instruit les corinthiens que les époux ne doivent pas se priver mutuellement de sexe, sauf d’un commun accord, pour un temps défini, pour s’engager dans la prière, par exemple, avant de se retrouver dans l’intimité sexuelle maritale impérative. Dans l’Ancien Testament, le livre du cantique des cantiques est un poème imagé, parfois bien explicite sur la joie  des époux procurée par la beauté et le plaisir trouvé dans le corps de l’autre ; et enfin le livre des proverbes (chapitre 5) dit ceci : « fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce: sois en tout temps enivré de ses charmes (certaines traductions disent « de ses seins »), sans cesse épris de son amour. »

mosesHeston2703_468x611Alors si les encouragements sont aussi explicites, pourquoi Onfray écrit-il si négativement ? Parce que le christianisme ne permet pas la promiscuité sexuelle absolue. Ce n’est probablement pas son opinion réelle (j’aime mieux lui donner le bénéfice du doute), mais dans ses écrits, Michel Onfray semble n’accepter aucune restriction morale dans le domaine ; en page 105, il se plaint de la « kyrielle des interdits », et critique la religion du fait qu’elle affirme des distinctions entre le licite et l’illicite, et fasse des interdits. Mais distinguer le licite et l’illicite, et faire des interdits, c’est la nature même de la moralité ! Notez bien, il ne se plaint pas uniquement que les interdits chrétiens soient différents des siens, il se plaint ici des interdits chrétiens du fait qu’ils soient des interdits. Aucune limite à la moralité sexuelle ne semble être tolérée ; il déplore (p.146) : « la famille, le mariage, la monogamie, la fidélité, autant de variations sur le thème de la castration ». C’est tout bonnement ahurissant: pour éviter l’appellation de castrat, apparemment il faut s’engager dans la promiscuité totale, la polygamie, et l’infidélité. Je passe, merci bien.

Dans son élan de rhétorique, Michel Onfray en vient (probablement pas intentionnellement) à insulter toutes les femmes qui ne se livrent pas à cette promiscuité totale, lorsqu’il dit : « De manière générale, tout mépris des femmes—auxquelles on préfère les vierges, les mères, et les épouses—va avec un culte de mort » (p.254)

familyPlusieurs réponses. Tout d’abord, oui, je préfère ma femme à celle du voisin. Et oui, je suis heureux qu’elle m’ait fait de beaux enfants; comment serait-ce un « culte de mort » que de se réjouir de mes bébés et au contraire, de leurs vies qui se multiplient ? Et puis, quelle serait l’alternative ? Pour Onfray, aimer les femmes serait-ce la promiscuité, le célibat et l’infertilité ou l’avortement ? Enfin, notez bien qu’il dit « auxquelles on préfère… », et non pas « parmi lesquelles on préfère… », une formulation qui implique apparemment que les vierges, les mères et les épouses ne sont pas de vraies femmes. Merci pour elles.

Onfray se plaint ensuite que le christianisme interdise l’activité homosexuelle, mais là encore, la désinformation est affligeante, lorsqu’il annonce : « les trois monothéismes condamnent à mort les homosexuels. Pour quelles raisons ? Parce que leur sexualité interdit—jusqu’à maintenant…—les destins de père, de mère, d’époux et d’épouse, et affirme clairement la primauté et la valeur absolue de l’individu libre » (p.144) D’abord, la peine capitale pour cette offense dans l’Ancien Testament s’inscrivait dans un contexte judiciaire israélite théocratique, et n’est pas directement applicable dans le contexte de la nouvelle alliance et dans une société démocratique moderne. Alors certes, la prohibition morale demeure, mais certainement pas pour les raisons qu’Onfray cite. La pratique homosexuelle, tout comme l’adultère ou la fornication, est rejetée comme immorale simplement parce qu’elle va à l’encontre du dessein de Dieu pour le sexe : il s’agit de sexe extra-marital, allant en plus contre nature, et donc inapproprié. Alors évidemment, ce genre de restrictions morales sexuelles qui étaient complètement évidentes pour nos grands-parents, ont la vie dure depuis la révolution sexuelle des années 60, mais les restrictions morales sont là non pas pour étouffer et frustrer, mais bel et bien pour préserver la pureté du sexe entre époux engagés à s’aimer l’un l’autre inconditionnellement et exclusivement. Rejeter tous les interdits, ce n’est pas la « liberté » de l’individu, c’est l’anarchie.

foetus-8-moisMichel Onfray mentionne ensuite l’avortement, se plaignant que l’église l’interdise, car soi-disant, « la famille fonctionne en horizon indépassable, en cellule de base de la communauté. » (p.144). N’importe quoi. L’opposition à l’avortement n’est pas motivée par l’importance d’avoir des enfants, mais par le devoir de ne pas les tuer une fois qu’ils sont conçus et vivants ! Si le fœtus en développement est un être humain vivant, et qu’il est immoral de tuer un être humain innocent, il s’ensuit logiquement qu’il est immoral de tuer un fœtus après la conception, quelle que soit sa localisation géographique (dans l’utérus ou pas).

Pour compléter sa critique de la sexualité chrétienne, Michel Onfray s’attaque enfin à la source majeure, l’apôtre Paul, et essaie d’en faire un maniaque impuissant masochiste. Je n’exagère pas ! Il nous dit que sa conversion « relève de la pure pathologie hystérique », et Onfray dresse son « diagnostic médical », « manuel de psychiatrie, chapitre des névroses, section des hystériques. » (p.176). Évidemment, le texte ne supporte en rien cette thèse farfelue, mais le lecteur attentif relèvera aisément le double standard ironique de l’analyse historique offerte par Michel Onfray : apparemment on n’a pas suffisamment de sources historiques pour savoir que Jésus existait, mais on en a suffisamment sur Paul pour lui faire un diagnostic de psychanalyse à une distance de 2000 ans !

st-paulOnfray se lance ensuite dans des spéculations irresponsables au sujet de la fameuse « écharde » que Paul dit avoir demandé en vain au Seigneur de lui retirer, et que Dieu lui a laissée, pour le garder humble, et pour lui rappeler que la grâce divine était suffisante (2 Cor. 13). La vérité est que personne ne sait en détail de quoi il s’agissait, le détail était visiblement moins important pour Paul que la leçon théologique qu’il en tirait. Onfray prétend alors savoir qu’il s’agissait d’impuissance sexuelle, puisque Paul « a honte » de donner des détails (p.178). Pure spéculation. Deux pages plus tard (p.180), il présume alors ouvertement que Paul est impuissant et incapable d’avoir une femme, exhibe « une misogynie causée par l’impotence » (p.181), et l’accuse enfin d’être masochiste car il se réjouit de ses blessures. N’importe quoi. Lorsque Paul raconte ses persécutions et partage sa joie, il se réjouit de l’avancée de l’évangile permise par ses souffrances, pas de ses blessures comme un fin en soi.

En conclusion, le sujet de la moralité sexuelle dans le traité d’athéologie est abordé de manière complètement irresponsable, et l’ouvrage d’Onfray exhibe une animosité remarquable, qui bien que compréhensible (il n’est jamais agréable de s’entendre dire que notre pratique sexuelle est immorale), n’est pas rationnelle. Je termine ainsi avec une répétition de l’argument moral pour l’existence de Dieu, défendu dans une partie précédente de cette critique. Nous voyions alors que si Dieu n’existait pas, il n’existerait pas de valeurs morales objectives ; mais qu’il existe bien des valeurs morales objectives, impliquant logiquement que Dieu existe.

L’affirmation chrétienne devient alors éminemment raisonnable : si Dieu existe et son dessein détermine les valeurs morales qui régissent la vie humaine, il va de soi que cela inclut les valeurs morales sexuelles. Ainsi, s’il y a une façon moralement bonne de s’engager dans le sexe, Dieu étant son créateur, il est probablement dans notre intérêt de suivre son opinion…

>>> Partie 12

« Confusion matérielle » : La matière, l’immatériel, et le matérialisme – Partie 9 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 8

Si aucune critique moderne de la religion n’est complète sans l’allégation usuelle qu’un  soi-disant conflit ouvert existe entre la religion et la science, le traité d’athéologie de Michel Onfray ne fait pas défaut à la règle. Il nous dit, (p.122) qu’ « En matière de science, l’Église se trompe sur tout depuis toujours : en présence d’une vérité épistémologique, elle persécute le découvreur », avec Galilée en « emblématique représentant de la haine de l’Église pour la science et du conflit entre Foi et Raison » (p.125).

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Il ajoute (en p.135) que « Les monothéismes n’aiment pas l’intelligence, les livres, le savoir, la science ». Je note en passant que si les croyants monothéistes sont tels que Michel Onfray nous l’annonçait, des mineurs mentaux, leur dédain de l’intelligence et de la science n’est pas particulièrement surprenant, mais ne revenons pas sur le sujet des insultes personnelles généralisées, et voyons plutôt exactement quelles thèses (scientifiques ou métaphysiques) sont supposées être en conflit avec la religion.

Michel Onfray mentionne les découvertes des grecs, disant que la religion les condamne universellement : « Tourner le dos aux acquis de ces recherches, agir comme si ces trouvailles n’avaient jamais eu lieu, reprendre les choses à zéro, c’est pour le moins stagner, entrer dans un dangereux immobilisme ; pour le pire, pendant que d’autres avancent, reculer à vive allure et se diriger aveuglément vers les ténèbres dont, par essence et par définition, toute civilisation essaie de s’affranchir pour être. Le refus des Lumières caractérise les religions monothéistes : elles chérissent les nuits mentales utiles pour entretenir leurs fables. » (p.121-122) L’accusation est claire : il s’agit d’un obscurantisme obstiné qui refuse d’accepter l’évidence des découvertes scientifiques, anciennes et/ou modernes. Voyons donc quelles preuves Onfray fournit pour étayer cette affirmation.

Il commence par une section importante sur le « matérialisme », dans laquelle il affirme que « l’une des lignes de force de ce tropisme anti-science » est la « condamnation constante et acharnée des hypothèses matérialistes » (p.122). Je n’ai aucune idée de ce qu’il entend par « constante et acharnée », mais oui, le théiste par définition rejette le matérialisme. Le matérialisme est la thèse qui dit que la matière est la seule chose qui existe. Comme Dieu n’est pas fait de matière (Il est immatériel), le théiste, lorsqu’il affirme l’existence de Dieu, s’engage logiquement à dire qu’il existe au moins une entité réelle au delà du monde matériel. La grande majorité des théistes affirment aussi que les personnes humaines ne sont pas que matérielles : elles ont un corps matériel, mais leur âme, ou esprit, locus de leur conscience, est un composant immatériel. Cette thèse, appelée « dualisme », requiert donc aussi un rejet du matérialisme. Jusque là, tout va bien. Le problème est que la section sur le sujet dans le traité d’athéologie est intitulée « Le déni de la matière ». Onfray confond le déni du matérialisme et le déni de la matière. Il comprend bien que l’existence de Dieu ou de l’âme requiert un rejet du matérialisme, car « si tout est composé de matière, l’âme, l’esprit, les dieux le sont aussi » (p.123), mais il ajoute l’affirmation absurde que les monothéismes ont « une forte détestation pour la matière et le réel, donc toute forme d’immanence » (p.135). N’importe quoi. Bien sûr que les chrétiens affirment la matière. Leur affirmation que quelque chose d’autre existe aussi, ne veut évidemment pas dire qu’ils refusent le fait que la matière existe !

Ceci étant, quelles raisons Michel Onfray nous donne-t-il en favmatiereeur du matérialisme ? Il dit que « L’agencement de ces atomes rend compte de la constitution de toute matière, donc du monde » (p. 123). Ce « donc » est injustifié, c’est une pétition de principe, ou raisonnement circulaire. Il présuppose ce qui doit être démontré, à savoir que le monde se réduit à la matière. Il continue : « le matérialisme constitue la bête noire du christianisme depuis les origines. L’Église ne recule devant rien pour discréditer cette philosophie cohérente qui rend absolument compte de tout le réel » (p.123). Encore une fois, la prétendue capacité du matérialisme à rendre absolument compte de tout le réel n’est qu’une affirmation insupportée. Onfray nous dit que le matérialisme est une philosophie « cohérente ». Le problème est que la cohérence n’implique pas la vérité. Les affirmations « Je suis un adulte américain » et « j’ai le droit de voter aux États-Unis » sont cohérentes, mais elles sont toutes deux fausses : je suis français, je n’ai pas le droit de voter aux États-Unis. Lorsqu’Onfray nous dit que l’Église ne « recule devant rien » pour discréditer le matérialisme, je ne sais pas forcément à quoi il fait référence, mais pour ma part, pour discréditer la thèse, j’offre des arguments. J’ai déjà défendu dans cette critique l’argument moral pour l’existence de Dieu, l’argument évolutionnaire de Plantinga contre le naturalisme, certains autres arguments classiques ont été mentionnés tels que l’argument cosmologique, l’argument ontologique, ou les cinq voies de Thomas d’Aquin ; si ne serait-ce qu’un seul de ces arguments est valable, il s’ensuit logiquement que le matérialisme est faux.

Michel Onfray semble penser qu’une des raisons principales de la réjection chrétienne du matérialisme est que cette thèse exclut la transsubstantiation (p.126-129). Personnellement, j’ai déjà affirmé dans une partie précédente que cette doctrine n’était ni chrétienne ni biblique, ce n’est donc pas ma motivation à moi, alors je passe sur la question, et je profite plutôt de l’occasion pour offrir un argument supplémentaire en réfutation du matérialisme, basé sur la loi logique de la non-distinguabilité des identiques. fingerprintCette loi de logique toute simple dit que si deux choses sont identiques, alors toutes les propriétés de l’une sont des propriétés de l’autre. Exemple, « le mari de Katherine Bignon » et « l’auteur de cette critique » sont identiques, et donc tout ce qui est vrai de l’un est vrai de l’autre : le mari de Katherine Bignon s’appelle Guillaume, l’auteur de cette revue s’appelle Guillaume. Le mari de Katherine Bignon mesure 1m94, l’auteur de cette revue mesure 1m94, etc… et si l’on trouvait une seule chose vraie au sujet du mari de Katherine Bignon qui n’est pas vraie au sujet de l’auteur de cette revue, il s’ensuivrait logiquement que ces deux ci ne sont en fait pas identiques après tout. Rien de cela n’est sérieusement disputable. Appliquons alors le principe à la personne humaine : le matérialiste affirme qu’une personne, comme toute autre chose selon lui, est uniquement matérielle ; la personne doit donc être identique avec son corps physique. Le problème c’est qu’il y a un bon nombre de propriétés de la personne qui ne sont pas partagées avec son corps physique : l’intentionnalité, la subjectivité, les émotions, sont toutes des propriétés de la personne, mais ne sont pas des propriétés du corps physique. Quand je suis joyeux, c’est moi qui suis joyeux, ce n’est pas mon cerveau qui est joyeux. Quand je pense à Paris qui me manque, je pense à ce sujet, mais mon cerveau n’a pas cette intentionnalité : un morceau de matière ne peut pas être « au sujet » d’un autre morceau de matière. De même, j’ai conscience d’exister et d’être conscient, ce n’est pas mon corps qui a conscience d’exister. Toutes ces propriétés de la personne qui ne sont pas des propriétés du corps démontrent qu’une personne n’est pas identique à son corps, et donc que le matérialisme est faux. Il ne rend pas compte de tout le réel (indépendamment de l’existence de Dieu).

Michel Onfray discute enfin des conséquences de la question. Quelle différence cela fait-il que le  matérialisme soit vrai ou faux ? De manière surprenante, il dit que la négation du matérialisme mène au désespoir : « L’espoir d’un au-delà, l’aspiration à un arrière-monde génèrent immanquablement le désespoir ici et maintenant » (p.136-137). Mais bien au contraire, le fait que ce monde ne soit pas la fin de toute chose est une condition nécessaire pour justifier l’espoir ultime. titanicAucun chrétien digne du nom ne se dit « j’ai une autre vie dans le futur hors de ce monde, alors je peux gâcher celui-ci ». Au contraire, la vie après la mort, par définition, fournit au chrétien l’espoir que ses actions dans ce monde auront un impact éternel. Alors évidemment, en aucun cas l’espoir chrétien ne démontre par lui seul qu’un autre monde existe bien, mais l’allégation que le rejet du matérialisme mène au désespoir est démontrablement fausse. Au contraire, le désespoir provient du matérialisme et de la mort. Elle est inévitable, il n’y a aucun espoir d’y échapper. Et si la mort est la fin de toutes choses, c’est le grand effaceur qui empêche la vie humaine d’avoir un sens objectif. Quelle différence entre une voie ou une autre dans ce monde s’il est voué à la destruction ? Tout ce qu’on fait alors est semblable à la personne qui réorganise les chaises sur le pont du Titanic. Le projet est futile, car le navire est en train de couler et tout va relativement bientôt être annulé, annihilé.

En conclusion et pour résumer, le matérialisme qu’Onfray suggère être une bonne raison de rejeter le théisme s’avère être : 1-présupposé et non prouvé, 2-réfuté par tous les arguments théistes offerts ou mentionnés jusqu’ici, 3-réfuté par l’existence de l’âme supportée par l’argument sur la non-distinguabilité des identiques, et 4-incompatible avec tout espoir ultime, du fait qu’il exclue la possibilité que nos actions aient des répercutions au delà de nos courtes vies sur cette terre. En bref, le matérialisme n’est effectivement pas une option pour le chrétien, mais ce n’est donc clairement pas une grosse perte, intellectuelle ou existentielle.

Dans la partie suivante, nous regarderons les thèses scientifiques plus précises que Michel Onfray pense être établies par la science moderne et incompatibles avec le christianisme.

>>> Partie 10

« Hormis toutes nos preuves, il n’y a aucune preuve » : Inventer un débat impossible sur l’existence de Jésus – Partie 8 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 7

Dans les parties précédentes de cette critique, nous remarquions que Michel Onfray niait l’existence de débats académiques sérieux sur les arguments logiques concernant l’existence de Dieu. Ils ont lieu à grande échelle dans la littérature académique, sont vivement encouragés par les philosophes chrétiens de calibre, et Onfray niait leur existence. Sur le sujet vers lequel on se tourne maintenant, l’existence de Jésus de Nazareth, Michel Onfray fait le contraire : il n’y a pas de controverse agitée dans les milieux académiques sur la question, et Michel Onfray en invente une. Il revendique la thèse « mythiste », plus populaire sur l’internet que dans les presses académiques, qui affirme que Jésus de Nazareth n’a jamais existé, et que les documents historiques relatant son existence sont des documents mythologiques fictionnels, semblables aux mythes païens relatant les histoires de « l’Ulysse d’Homère, l’Apollonios de Tyane de Philostrate, ou l’Encolpe de Pétrone . . . héros de péplum ». (p.164)

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Onfray n’offre pas vraiment d’argument en faveur de cette thèse, mais il déclare que la question de l’existence de Jésus est un « débat impossible », et procède ainsi (p.158) : « laissons aux amateurs de débats impossibles à conclure la question de l’existence de Jésus et attelons-nous à celles qui importent : qu’en est-il de cette construction nommée Jésus ? pour quoi faire ? dans quels desseins ? afin de servir quels intérêts ? qui crée cette fiction ? de quelle manière ce mythe prend-il corps ? comment évolue cette fable dans les siècles qui suivent ? » En bref, Onfray nous dit vouloir sauter le débat car il est impossible, présuppose que sa position est correcte, et ensuite spécule sur les intentions des supposés inventeurs de Jésus. Il n’y a pas grand-chose que je puisse réfuter ici !

Quelques phrases tentent cependant de soutenir la thèse, alors passons-les en revue. Il nous dit (p.157) « L’existence de Jésus n’est aucunement avérée historiquement. Aucun document contemporain de l’événement, aucune preuve archéologique, rien de certain ne permet de conclure aujourd’hui à la vérité d’une présence effective. » Le problème avec cet argument, c’est que l’absence en question est la même pour un nombre incalculable de personnes historiques dont l’existence ne fait pas l’ombre d’un doute. Ces exigences ne sont pas raisonnables. Il n’y a aucune raison de penser que l’existence de Jésus rende probable que l’on ait des « preuves archéologiques ». Alors de manière plus raisonnable, qu’a-t-on au sujet de Jésus ? On a des documents historiques relatant son existence, écrits à des dates très proches de sa vie (bien qu’écrits quelques dizaines d’années après sa mort, et donc pas de son vivant ; mais il est rare de raconter historiquement la mort d’un individu avant sa mort !) avec du matériel provenant de différentes sources indépendantes, dans des écrits chrétiens, juifs, et païens.

josephusQue fait Michel Onfray de tout ce matériel historique (d’une abondance rare pour une personne relativement obscure et si ancienne que Jésus de Nazareth) ? Il le rejette exhaustivement. Le matériel juif (Flavius Josèphe) et païen (Suétone, Tacite) est rejeté avec une accusation générale d’interpolation (p.159-160) : les chrétiens auraient soi-disant tout fabriqué, et inséré leur Jésus dans les manuscrits de ces historiens juifs et romains. Mais l’affirmation est bien trop rapide. A ma connaissance, aucun historien (athée ou pas) spécialisé sur ces auteurs n’admet un tel scepticisme radical. Il est généralement reconnu que le texte de Josèphe contient une interpolation partielle car il est improbable qu’un juif déclare que Jésus fût le Messie comme le fait ce texte ; mais les érudits spécialistes de Josèphe (non-chrétiens !) affirment essentiellement tous que le passage n’est pas complètement interpolé, et qu’au minimum il fait bien référence à Jésus de Nazareth et aux évènements que ce dernier a causés en Judée au premier siècle. Quant à Suétone et Tacite, l’accusation d’interpolation est entièrement injustifiée. Il n’y a aucune raison textuelle ou contextuelle de douter des passages, et il est même improbable de penser que des chrétiens auraient inséré ces textes qui sont insultants vis-à-vis de Jésus et de ses disciples.

Mais de toutes façons, nos sources historiques principales et certainement les plus fiables sur Jésus de Nazareth sont les documents chrétiens : les quatre biographies anciennes de Jésus qui ont été plus tard regroupées sous une même couverture sous les noms de Matthieu, Marc, Luc et Jean, ainsi que les épîtres de Paul, Pierre, Jean, Jacques, relatant les traditions chrétiennes anciennes au sujet de Jésus. Onfray les rejette d’un tour de main puisqu’écrits par les chrétiens à qui on ne peut apparemment pas faire confiance, mais même là, sa thèse à leur sujet semble incohérente. Il nous dit que toutes leurs histoires ne sont que des « fables », mais qu’ils les croient honnêtement : « La création de ce mythe est elle consciente chez les auteurs du Nouveau Testament ? Je ne le crois pas …  Marc, Matthieu, Jean et Luc ne trompent pas sciemment . . . Aucun n’a rencontré physiquement Jésus. » (p.169) Le problème est que ces auteurs, dans leur texte, prétendent au contraire nous rapporter précisément un témoignage oculaire, le leur ou celui des disciples mêmes de Jésus. Matthieu et Jean sont des Apôtres, Luc et Marc sont leurs compagnons. Paul connaissait l’apôtre Pierre lui même, ainsi que Jacques (le frère de Jésus, lui-même un non-croyant jusqu’à ce que Jésus lui apparaisse en personne après sa résurrection). Étant donné que ces individus n’avaient rien à gagner, et tout à perdre en prêchant la résurrection de Jésus ; et que certains ont même perdu la vie pour cela, Onfray sent bien qu’il est improbable de dire qu’ils trompent sciemment, mais alors il n’est pas plus probable de dire qu’ils se trompent honnêtement sur un élément aussi fondamental que l’existence même de leur maître et Seigneur Jésus Christ ! Par ailleurs, s’ils copient soi-disant les mythes païens de l’époque pour créer un héros de péplum, comment pourraient-ils rester honnêtes dans leurs affirmations qu’il s’agit de la vérité historique sur les évènements relatés ? (cf. Luc 1) La thèse mythiste est aussi complètement improbable du fait que les juifs du premier siècle, fidèles à la Torah, haïssent le polythéisme de leurs voisins païens, et n’auraient jamais adopté leurs histoires idolâtres pour concocter leur version chrétienne à la sauce Jésus.

ehrmanOnfray conclut que la question de l’existence de Jésus est tellement controversée que le débat fait rage «  sans qu’aucune conclusion définitive n’apparaisse et n’emporte définitivement l’avis général » (p.160) A ce niveau, c’est de la désinformation : « l’avis général » ne fait aucun doute ; la presque totalité des érudits spécialistes publiés dans des revues académiques (incluant bien-sûr les athées et les ultra-libéraux, sceptiques radicaux) sur le sujet, maintiennent l’existence de Jésus. La position mythiste sceptique est tellement minoritaire que de l’appeler « marginale » est encore un euphémisme monumental. Même un polémiste tel que Bart Ehrman, critique textuel du Nouveau Testament, et auteur de nombreux livres attaquant tous les aspects imaginables du christianisme, s’est senti obligé d’écrire un livre pour défendre le fait que Jésus existait, et affirmer que la position mythiste est embarrassante. Alors évidemment, on ne détermine pas la vérité en comptant les têtes, mais le débat n’est clairement pas celui qu’Onfray nous dépeint.

eccehomoDans son attaque de la fiabilité des textes chrétiens, Michel Onfray avance alors quelques allégations d’erreurs historiques, mais elles trouvent toutes aisément des réponses. Il trouve improbable que Pilate, « un gouverneur haut de gamme de l’Empire romain » s’occupe de Jésus, mais c’est au contraire aisément explicable par le fait que Pilate cherche à éviter l’émeute qui se profile dans sa province lorsque les foules s’emparent de Jésus. Onfray nous dit que « Pilate ne peut être procurateur selon le terme des évangiles, mais préfet de Judée, car le titre de procurateur apparaît seulement vers 50 de notre ère » (p.172). C’est correct, sauf qu’aucun des évangiles n’appelle Pilate « procurateur » ! Il est appelé « gouverneur » en Mat. 27 :15, ἡγεμών (hégémon), ce qui est l’équivalent grec du latin praefectus. Onfray nous dit que Pilate n’était pas doux, mais cruel et cynique. Là encore, les évangiles ne le disent pas doux non plus, ils disent simplement qu’il objecte initialement aux demandes de crucifixion ; il n’est en effet pas disposé à se faire manipuler par les foules pour tuer Jésus sans preuves. Le portrait brutal de Pilate est par ailleurs donné par Luc lui-même dans une autre anecdote mentionnant un massacre (Luc 13 :1). Onfray trouve ensuite la crucifixion invraisemblable, car « à l’époque, on lapide les juifs, on ne les crucifie pas » ; c’est encore historiquement incorrect : les juifs étaient crucifiés à tout bout de champ dans l’antiquité, l’historien John Dickson dit même que c’était probablement le peuple le plus crucifié de l’histoire ancienne. Onfray continue : « la crucifixion suppose une mise en cause du pouvoir impérial, ce que le crucifié ne fait jamais explicitement » (p.173). Oui, Jésus ne le fait jamais ; en d’autres termes, il est innocent. Mais c’est l’accusation qui est portée contre lui, il est donc parfaitement logique que lorsqu’on le condamne (à tort !) ce soit le châtiment prévu pour ce chef d’accusation. Enfin, Onfray dit qu’après la crucifixion, une « mise en tombeau est exclue. Fictions… » Mais au contraire, il y a des exemples chez Philon d’Alexandrie et Flavius Josèphe de crucifiés mis en tombe.

pierreEn bref, l’analyse historique de Michel Onfray est irresponsable, et le chrétien qui fait confiance au témoignage historique des documents du Nouveau Testament est largement dans son droit, et intellectuellement justifié. Ces documents historiques sont tôt, multiplement attestés, concèdent parfois des faits embarrassants attestant de leur sincérité, une sincérité qui est en outre demandée par le témoignage des martyrs allant jusqu’à la mort en proclamant leur témoignage du Seigneur ressuscité : nul ne maintient jusqu’à la mort une proclamation dont on l’accuse, s’il sait qu’il s’agit d’une fable de son invention.

Alors évidemment, aucune des ces preuves historiques n’est entièrement irréfutable. Tout peut être nié avec un peu de mauvaise volonté, en élevant simplement le niveau de scepticisme mis en œuvre lors de l’étude de ces textes historiques ; mais la question se pose alors : ce scepticisme est-il justifié, et est-il appliqué sur toute la ligne par Michel Onfray au sujet d’autres personnes historiques d’antiquité? C’est à mon tour de douter.

>>> Partie 9

« Moins catholique et plus chrétien que le Pape » : sophisme épouvantail, catholicisme, et l’évangile – Partie 6 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 5

Jusqu’ici, cette critique s’est focalisée sur les arguments concernant l’existence de Dieu en général, sans inclure de thèse particulièrement controversée sur la nature de ce Dieu. Cela permit d’établir qu’aucun argument de Michel Onfray ne supportait l’athéisme avec succès, et que plusieurs d’entre eux offraient même les prémisses d’arguments convaincants en faveur de l’existence de Dieu.

Nous en arrivons maintenant à la critique plus spécifique offerte par Michel Onfray, à l’encontre des trois monothéismes :  le judaïsme, l’islam et le christianisme.

epouvantailEn tant que chrétien moi même, je n’ai aucun intérêt à défendre le judaïsme et l’islam dans les domaines où ils contredisent ce que je crois être la vérité chrétienne, mais même pour ce qui est du christianisme, il est maintenant important de prendre un moment pour préciser de quoi il s’agit, car les critiques de Michel Onfray concernant le christianisme ne peuvent avoir de succès que si elles ont bel et bien le christianisme pour cible. Et en l’occurrence, Onfray critique un bon nombre de choses qui n’ont rien à voir avec le christianisme biblique. Cette manœuvre logique, intentionnelle ou pas, s’appelle « le sophisme épouvantail », et consiste à présenter la position d’un adversaire de manière erronée et facilement réfutable, pour ensuite clamer la victoire lorsque cette distorsion est reconnue comme étant une position absurde. Un exemple de sophisme épouvantail des plus flagrants a même été sélectionné pour la quatrième de couverture. Appréciez l’amalgame de l’extrait en question, et sa liste de croyances complètement absurdes attribuées aux « trois monothéismes » (rien que cela), alors qu’aucun chrétien digne du nom ne maintiendrait ces absurdités :

Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions.

N’importe quoi. Si Onfray pense que le christianisme affirme ces choses, alors je suis ravi de le rejoindre dans la rejection de ces absurdités, et de lui apprendre avec joie que rien de cela n’est requis pour un chrétien fidèle à la bible.

Même dans ses moments les plus attentifs, Onfray ne réfute souvent qu’un épouvantail en lieu et place du christianisme, mais je souhaite lui donner le bénéfice du doute, car je soupçonne fortement que la manœuvre n’est pas volontaire, et est plutôt basée sur une présupposition erronée (bien que compréhensible pour un Français). C’est la fausse idée, explicitement présupposée par Onfray, que « christianisme » veut dire « catholicisme ». Il fait alors face au problème suivant : en réfutant les croyances et pratiques spécifiquement catholiques, il laisse le protestantisme virtuellement intouché, et faillit donc directement dans sa réfutation du « christianisme » en général.

popeEn pages 227 il décrit le pape comme « le premier des chrétiens », et utilise en page 246 les prises de positions du pape Jean-Paul II pour décrire « le christianisme officiel ». C’est incorrect. Pour un protestant, Jésus et le texte biblique font autorité en tant que parole de Dieu, mais l’évêque de Rome n’est pas infaillible. Si Michel Onfray trouve que le pape est ignoble, qu’il garde à l’esprit que Martin Luther le décrivait de son temps comme étant l’antéchrist. La rhétorique incendiaire du « traité d’athéologie » devient timide par comparaison !

Mais même sans pousser la rhétorique au niveau de Luther, lorsqu’Onfray critique les structures d’autorité parfois trouvées dans l’histoire de l’église Romaine, les protestants se trouvent être d’accord. Il écrit : « les prêtres des trois religions refusent qu’on pense et réfléchisse par soi-même. Ils préfèrent donner l’autorisation – l’imprimatur… » (p.118) ou encore, « pendant des siècles le clergé interdit la lecture directe des textes. Il juge leur questionnement historique, humain, trop humain » (p.204). Voila précisément la cause initiale de la réforme protestante : la démocratisation de la bible. « ad fontes ! » s’exclamèrent les réformateurs : « aux sources !». L’enfreint des interdits de lire et traduire la bible est la raison pour laquelle les protestants se sont mis à … « protester ». Protester les enseignements et pratiques catholiques qu’ils trouvèrent contredire la bible. Luther en Allemagne, Tyndale en Angleterre, la bible est traduite dans la langue commune, pour ne pas laisser le message de l’évangile dans les mains exclusives du clergé, et pour proclamer la bonne nouvelle à ceux qui en ont besoin, à savoir : tout le monde. Voilà un effet merveilleux de la réforme.

Cela dit, même dans le camp catholique, l’ère des interdits de lire la bible est finie depuis longtemps, de telle sorte que quand Michel Onfray affirme « nous vivons toujours peu ou prou sous ce règne », il distord même le catholicisme. La Bible est aujourd’hui scrutée de manière critique et attentive sous tous les angles par les académiques catholiques et protestants.

Mais continuant l’amalgame entre christianisme et catholicisme, Michel Onfray dit que « l’Eglise » croit à la transsubstantiation, et que c’est un problème à la lumière du matérialisme (p.126). Je reviendrai plus tard sur sa discussion du matérialisme, mais pour le moment, il me faut encore répondre que non, « l’église » n’enseigne pas la transsubstantiation. Onfray annonce même que « L’église des premières heures croit à ce miracle ». Non. C’est un développement tardif, romain, et non biblique. Il conclut que « le destin du christianisme se joue dans cette pitoyable comédie de bonneteau ontologique. » Mais ce n’est donc pas le christianisme qu’il vise, et bel et bien une partie du catholicisme.

En bref, pour permettre un débat fructueux, je me dois maintenant de clarifier ce qui est essentiel pour le chrétien plus biblique mais moins catholique que le pape. Quel est le cœur de l’évangile ?

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Évangile (euangelion) en Grec, veut dire « bonne nouvelle ». Quelle est cette bonne nouvelle ? Pour le chrétien, la bonne nouvelle commence par une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle est que tous les hommes ont péché. Nous avons tous enfreint la loi morale de Dieu, et savons que nous sommes coupables, même par nos propres standards personnels : nous avons menti, volé, trompé, tué, convoité, du plus grand au plus petit, nous sommes tous coupables. « il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (Rom. 3:12). Dès lors, nous sommes tous sujets à la juste colère divine, et sans excuse (Rom. 1:18-21). Jésus enseigne qu’après la mort, les hommes doivent rendre compte de leur vie à leur créateur, et il y aura « pleurs et grincements de dents ». La question se pose alors tout naturellement : comment l’homme pécheur peut il être réconcilié avec un Dieu parfaitement juste ? La réponse biblique? « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.» (Jean 3:16). Par amour pour nous, Dieu est entré dans sa création en la personne de Jésus de Nazareth, a vécu la vie parfaite que nous aurions du vivre, et malgré son innocence parfaite, est mort sur la croix, et est ressuscité le troisième jour. Il est mort à notre place, pour payer le prix de notre péché, et échanger sa droiture contre notre culpabilité « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu ». (2 Cor. 5:21) Ainsi, il nous rachète par sa grâce, nous qui ne pouvions pas nous sauver nous même. Et comment reçoit-on ce cadeau gratuit ? Par la foi seule en Jésus et non pas par des bonnes œuvres, ou des rituels religieux. « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Eph. 2 :8-9). Et voilà le cœur de la « bonne nouvelle » : la vie éternelle et le pardon des péchés sont gratuits, et obtenus par celui qui se repend de ses péchés, et place sa foi en Jésus seul. « Celui qui croit au fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3:36).

Voilà en bref le cœur du christianisme. Si Michel Onfray souhaite, tel qu’il l’annonce, réfuter « le christianisme », telle est la cible appropriée, tout du moins bibliquement, même si l’église catholique se trouvait enseigner le contraire.

Sur un plan plus personnel, je me permets d’ajouter un mot de défense de Michel Onfray, car ce message incroyable, que la vie éternelle est un cadeau gratuit qui s’obtient instantanément par la foi seule en Jésus et pas par les bonnes œuvres ou les gri-gris religieux, je ne l’avais moi même jamais entendu malgré des années à fréquenter l’église catholique depuis mon plus jeune âge. Ce n’est que plus tard, en tant qu’athée, que par un concours de circonstances improbable, je finis par me repencher sur la question de Dieu, et découvris que c’était le cœur du nouveau testament : Jésus est mort pour sauver des pécheurs, justifiés par la foi en lui, et non pas par leurs bonnes œuvres.

Alors évidemment, si une personne se repent sincèrement de son péché et place ainsi sa foi en Jésus seul, il s’ensuit que son cœur changé va l’emmener à produire de bonnes œuvres, et qu’au contraire, une personne qui ne fait que « dire » qu’il a la foi en Jésus, et ne montre aucun signe de vie changée est bien probablement une personne qui n’a pas réellement reçu l’évangile (Jac. 2:14-18). En ce sens, Onfray a raison de critiquer l’hypocrisie des personnes religieuses : « Mais on se marie encore beaucoup à l’église – pour faire plaisir aux familles et belles-familles, prétendent les hypocrites. » (p.79). Il est donc entièrement incohérent de se dire « croyant, mais non pratiquant ». Mais il en reste que ces bonnes œuvres ne sont pas la base de notre acceptation par Dieu ; elles sont le témoin de notre gratitude pour la grâce de Dieu que nous ne méritions pas, mais avons reçu gratuitement, lorsque nous avons placé notre foi en Jésus.

« Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 6:23).

>>> Partie 7

Le problème du mal : « contorsions métaphysiques » pour le chrétien ? – Partie 3 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 2

Même si l’argument athée traditionnel du « problème du mal » n’est pas plus développé par Michel Onfray que dans sa citation de deux phrases (ci-dessous), étant donné que c’est le seul argument athée offert dans tout le livre, il est bon d’offrir ici une réponse par nature trop brève, mais un peu plus longue que deux phrases. Pour mémoire, Onfray écrivait : « Les théistes ont fort à faire en termes de contorsions métaphysiques pour justifier le mal sur la planète tout en affirmant l’existence d’un Dieu à qui rien n’échappe ! Les déistes paraissent moins aveugles, les athées semblent plus lucides. »

serpent-300x247Avant d’offrir mes réponses à cet argument, je me dois de noter que la littérature philosophique chrétienne à ce sujet est incroyablement abondante : arguments et contre-arguments se trouvent à foison. Michel Onfray ne fait pas qu’éviter tout ce matériel, il prétend et affirme qu’il n’existe pas ! Il nous dit en page 87 :

« La construction de leur religion, la connaissance des débats et des controverses, les invitations à réfléchir, analyser, critiquer, les confrontations d’informations contradictoires, les débats polémiques brillent par leur absence dans la communauté où triomphent plutôt le psittacisme et le recyclage des fables à l’aide d’une mécanique bien huilée qui répète mais n’innove pas, qui sollicite la mémoire et non l’intelligence. »

—Non.

Nulle ne peut lire le travail d’Alvin Plantinga, Peter van Inwagen ou William Lane Craig ou des dizaines (des centaines ?) de leurs semblables, ou assister à une conférence de l’Evangelical Philosophical Society, ou de la Society of Christian Philosophers, et proférer ces accusations : leur travail est rigoureux, volumineux, n’est vraisemblablement pas unique, et leur raison d’être est précisément de produire en masse ce qu’Onfray nous dit ne pas exister : des arguments, confrontations d’idées, invitations à réfléchir, et réfutations des contrarguments.

Cela dit, Michel Onfray n’est pas entièrement ignorant de tels écrits, car il mentionne en page 88 la tradition scholastique des « Jésuites ». L’ordre des Jésuites ayant été fondé pour réfuter la réforme protestante, le calviniste que je suis n’est pas particulièrement enthousiaste à l’idée de les défendre, mais que leur reproche Michel Onfray ? « rhétorique, sophistries théologiques, et pinaillages scholastiques. »

Il faut choisir : que font les chrétiens ? Ils ignorent grossièrement les arguments, ou ils pinaillent et finassent ad-nauseam ? Clairement ils ne peuvent pas faire les deux.

Essayons donc d’éviter ces deux crevasses, et tentons d’offrir une critique efficace, intelligente et valide du problème du mal pressé par Onfray.

Le problème du mal est un argument qui affirme qu’il est logiquement incohérent de penser que Dieu est à la fois omnipotent et parfaitement bon, alors qu’il y a tant de mal sur la terre. Il est affirmé que Dieu, s’il était parfaitement bon, voudrait nécessairement éliminer tout le mal ; et que s’il était omnipotent, il pourrait le faire. Mais de toute évidence il ne l’a pas fait, d’où le problème. Pour réfuter l’argument, il faut donc qu’un chrétien rejette au moins une de ses deux prémisses : soit l’omnipotence de Dieu ne requiert pas qu’il puisse obtenir absolument tout ce qu’il veut, soit sa bonté ne requiert pas qu’il cherche à éliminer absolument tout le mal. Sans grande surprise, les théologiens et philosophes chrétiens ont, dans la littérature abondante à ce sujet, offert et développé exactement ces deux réponses. La première est basée sur le libre arbitre humain, affirmant que si le libre arbitre est tel que Dieu ne puisse pas décréter unilatéralement l’issue des choix humains sans entraver leur responsabilité morale, alors il est impossible même pour un Dieu omnipotent de décréter que les hommes fassent librement ce qu’il souhaite. C’est la fameuse « défense du libre-arbitre ». Je suis moi même sceptique en vertu de ma vue particulière calviniste du libre-arbitre, mais dans la mesure où l’argument de Michel Onfray s’attaque au christianisme en général, le chrétien non-calviniste est en droit de demander pourquoi le libre-arbitre humain ne pourrait pas expliquer une grande quantité du mal sur la terre. Michel Onfray ne nous le dit pas.

La seconde réponse est selon moi dévastatrice. Elle affirme tout simplement que Dieu, même s’il est omnipotent et absolument bon, pourrait très bien avoir de bonnes raisons pour permettre le mal dans le monde. La cohérence de ce concept est démontrée à chaque fois que l’on souffre chez le dentiste ou que l’on laisse nos enfants faire des bêtises dans l’espoir qu’ils tirent les dures leçons de la vie : du bien peut sortir du mal. Et bien entendu, pour le chrétien, l’événement central de sa foi, la crucifixion de Jésus est exactement cela : un événement rempli de mal vicieux (le meurtre de Jésus), permis (et même prédestiné, selon la Bible en Actes 2 et 4) pour accomplir un objectif juste et bon : le salut des pécheurs. Je reviendrai sur cet enseignement chrétien central plus tard dans cette critique.

jesus-cross-300x200Alors évidemment, il ne nous est pas toujours donné de savoir quelles bonnes raisons Dieu a pour permettre le mal qui se produit—on le sait même rarement—mais soyons clair : de notre ignorance humaine de ces raisons suffisantes, il ne s’ensuit pas un instant que de telles raisons n’existent pas, et encore moins qu’il soit impossible qu’elles existent (ce que l’argument requiert).

En conclusion, ces deux réfutations des prémisses de l’argument du mal sont suffisantes pour l’invalider, et ne me semblent pas être les « contorsions métaphysiques » mentionnées par Michel Onfray, mais bel et bien une réfutation logique en bonne et due forme.

Je note aussi en passant que vis-à-vis de cette question, l’athée n’est pas « plus lucide » que le déiste, contrairement à l’affirmation finale de Michel Onfray. En effet, le déiste affirme un dieu qui ne s’engage pas dans la vie des humains, et donc le problème du mal ne le touche pas du tout, ce qui veut dire que l’athéisme ne s’ensuivrait pas, même si le problème du mal était un argument valable ; il nous resterait encore à décider entre déisme et athéisme.

En résumé, le problème du mal repose sur deux prémisses rejetables par les chrétiens, et n’établit pas même l’athéisme.

Mais ce n’est pas tout, non-seulement le problème du mal ne réfute pas le théisme, mais il est en fait un problème pour l’athéisme. En effet, l’existence objective du mal ne réfute pas l’existence de Dieu, elle la démontre !

Plus d’explications sur cet argument moral pour l’existence de Dieu dans la prochaine partie.

>>> Partie 4

Avis de recherche sur les arguments théistes et athées – Partie 2 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray

<<< Partie 1

On en arrive donc, dans cette critique du « traité d’athéologie », à l’évaluation des arguments qui pèsent sur la question de l’existence de Dieu. Quelles bonnes raisons y a-t-il de penser que Dieu n’existe pas, et quelles bonnes raisons y a-t-il de penser que Dieu existe ? Ces deux questions distinctes sont importantes, car la question « Dieu existe-t-il ? » se répond par « oui » ou par « non », sans juste milieu possible. Le fardeau de la preuve est donc partagé par les théistes et les athées, ces derniers nous devant des arguments négatifs, et ces premiers des arguments positifs.

adam-300x136Dans un traité d’athéologie ayant l’ambition d’offrir un plaidoyer convainquant en faveur de l’athéisme, on s’attendrait ainsi à trouver les éléments suivants : 1-une revue des arguments théistes et leur réfutation montrant qu’il n’y a pas de bonne raison de croire en Dieu, 2-un ou des arguments supportant l’athéisme, et 3-des réponses aux réfutations de ces arguments, par les théistes dans la littérature.

Malheureusement, malgré ses 300 pages, le « traité d’athéologie » ne contient pratiquement aucun de ces trois éléments. Il critique vigoureusement la fiabilité de la Bible, la cohérence de son contenu, les capacités intellectuelles des croyants, le vice et les atrocités accomplies par les croyants au fil des âges, l’existence du Jésus historique, le caractère et les capacités intellectuelles de Paul de Tarse, Constantin, Jérôme, les papes catholiques, le prétendu « christianisme » d’Adolf Hitler, les enseignements perçus comme chrétiens au sujet de la science, de la moralité, de la sexualité, des femmes, de l’esclavage, de la nourriture, de la vie après la mort, etc., mais aucune de ces choses ne pèse sur la question de l’athéisme. Même si absolument toutes ces accusations se trouvaient être vraies—chose que bien entendu je m’apprête à contester dans la suite de cette critique—, il ne s’ensuivrait pas un instant que l’athéisme est vrai. Alors évidemment, ce plaidoyer offert par Michel Onfray requiert une réponse ; après tout, je ne suis pas juste un « théiste », mais bel et bien un « théiste chrétien », et j’ai donc à cœur de défendre la cohérence de mes croyances au delà de l’existence de Dieu. Mais il est ici important de réaliser que si ce livre souhaite offrir ce que sa quatrième de couverture nous annonce, « un athéisme argumenté », c’est un échec presque total.

–Presque.

Il y a néanmoins deux passages qui s’approchent très brièvement des 3 éléments que j’ai demandés ci-dessus, et même une remarque initiale on ne peut plus vraie, et particulièrement encourageante. Cette dernière apparaît lorsque Michel Onfray discute du type d’arguments et des disciplines qui entrent en jeu dans l’évaluation d’une vision du monde : il liste pages 34-35 la psychologie, la métaphysique, l’archéologie, la paléographie, l’histoire, le comparatisme, la mythologie, l’herméneutique, la linguistique, les langues, l’esthétique, et la remarque très encourageante vient alors : « Puis la philosophie, évidemment, car elle paraît la mieux indiquée pour présider aux agencements de toutes ces disciplines. »

—Amen !

Il est rafraichissant d’entendre un athée qui réalise que la philosophie (au meilleur sens du terme : avec sa logique rigoureuse, ses outils pour examiner la cohérence des idées, et détecter les sophismes), est l’outil fondamental qui doit bel et bien « présider » à l’agencement des arguments de toutes les disciplines. Sur ce point, je me trouve de manière enthousiaste dans le camp de Michel Onfray.

Hélas, tandis que la philosophie est reconnue comme discipline maîtresse, aucun des arguments des philosophes théistes n’est évalué et réfuté. Le demi-siècle dernier a vu une réelle renaissance de philosophie analytique chrétienne, et une littérature incroyablement volumineuse a explosé avec des discussions très sérieuses des arguments en faveur de l’existence de Dieu: l’argument de la contingence, l’argument cosmologique de Kalaam, l’argument moral, l’argument ontologique, l’argument téléologique basé sur l’accord fin des constantes de l’univers, l’argument transcendantal basé sur l’existence des lois de la logique, autant d’arguments rationnels qui, si l’athée les trouve peu convaincants, méritent au grand minimum une brève réfutation.

St-Thomas-Aquinas-213x300D’un certain côté, on pourrait pardonner à Michel Onfray d’être ignorant de la littérature moderne majoritairement  anglo-saxonne, expliquant le manque d’interaction avec le travail des champions philosophes chrétiens américains et anglais tels qu’Alvin Plantinga, William Lane Craig, Richard Swinburne, Peter van Inwagen, Robert Adams ou tant d’autres (quoiqu’on pourrait se demander s’il est bien responsable de proclamer l’irrationalité d’une croyance lorsqu’on est ignorant des meilleurs arguments en sa faveur du seul fait qu’ils soient écrits dans la langue de Shakespeare au lieu de celle de Molière), mais Michel Onfray témoigne quand même d’une certaine familiarité avec les arguments classiques. En page 53, il fait une allusion directe aux célèbres « cinq voies » de Thomas d’Aquin et aux arguments classiques qu’il qualifie de « constructions extravagantes bricolées avec des causes incausées, des premiers moteurs immobiles, des idées innées, des harmonies préétablies et autres preuves cosmologiques, ontologiques, ou physico-théologiques… »

Les noms d’arguments importants sont listés explicitement ; quel dommage qu’ils ne soient alors pas réfutés, ou même expliqués ! S’ils ne sont que des « bricolages » extravagants, il aurait été facile de détruire ces bricolages philosophiques ; Michel Onfray ne le fait pas.

Enfin, du côté des arguments en faveur de l’athéisme, c’est le silence presque complet. Le plus près que Michel Onfray s’approche d’un argument athée est en bas de la page 75, où deux phrases nous sont servies comme un geste timide vers l’argument du mal : « Les théistes ont fort à faire en termes de contorsions métaphysiques pour justifier le mal sur la planète tout en affirmant l’existence d’un Dieu à qui rien n’échappe ! Les déistes paraissent moins aveugles, les athées semblent plus lucides. »

Il s’agit de l’argument athée classique du « problème du mal ». Michel Onfray ne le défend pas vraiment, et bien entendu n’interagit pas avec la littérature sur la question ; on aurait aimé une réfutation des « contorsions métaphysiques » offertes par Plantinga, van Inwagen et compagnie, mais au moins il s’agit d’une tentative d’argument athée, alors je dirai quelques mots de plus à son sujet dans la prochaine partie de ma critique, qui traitera des remarques de Michel Onfray sur la moralité (et particulièrement l’immoralité) et sa relation avec le théisme.

>>> Partie 3

Le croyant est-il bête et méchant? – Partie 1 de ma critique du « traité d’athéologie » de Michel Onfray.

Je suis un chrétien bête et méchant, mais Dieu existe quand même.

traitedatheologie-185x300Au cours des quelques articles de blogue à venir, je vais m’engager dans une critique du livre « un traité d’athéologie » par le philosophe athée Michel Onfray, ayant pour but principal d’évaluer la substance et la validité de ses arguments. (Les numéros de page font référence à la version livre de poche, éditions Grasset & Fasquelle, parue en 2005).

Je commence ici par une brève discussion des accusations disséminées abondamment au travers de l’œuvre, proclamant la bêtise et le vice (parfois les deux) de la population croyante monothéiste. Dans un bref moment d’innocence rempli d’optimisme sincère, je me suis réjoui de lire en page 27 : « Je ne méprise pas les croyants, je ne les trouve ni ridicules ni pitoyables ». Mais à la lecture du reste du livre, j’en vins à me demander ce que Michel Onfray écrirait au sujet de personnes qu’il méprise et trouve ridicules et pitoyables, car des croyants en général ou des chrétiens en particuliers, il nous dit qu’ils sont « naïfs et niais » (p.28), que le christianisme est un ensemble de « névroses, psychoses », de « perversions », une « pathologie mentale personnelle », une « épidémie mentale » (p.29). L’athéisme, nous dit-on, « n’est pas une thérapie, mais une santé mentale retrouvée » (p.30). Les croyants sont des « mineurs mentaux » (p.32), souffrant d’une « névrose obsessionnelle », ou « psychose hallucinatoire » (p.132) ; Dieu « met à mort […] la raison, l’intelligence, l’esprit critique » (p.41) ; en bref, l’église est un endroit où « l’intelligence se porte mal » (p.67).

Onfray-300x225Étant moi même un des patients contaminés par cette maladie intellectuelle qu’on appelle le christianisme, il me sera peut-être difficile de convaincre le lecteur que ma revue rationnelle des arguments de Michel Onfray (un philosophe athée, présumé en parfaite santé mentale, donc) sera digne d’une lecture, mais commençons par appeler un chat un chat : toutes ces affirmations sont entièrement impertinentes vis-à-vis de la question la plus importante qui nous fait face : « Dieu existe-t-il ? ». Si le dessein de Michel Onfray est de nous éduquer par là sur la question de l’existence de Dieu ou la vérité du christianisme, alors cette ligne de pensée commet le sophisme appelé argumentum ad hominem : attaquer le messager au lieu d’attaquer son message. Mais c’est évidemment une stratégie invalide logiquement : même si les chrétiens sont bêtes et méchants, il ne s’ensuit pas un instant qu’ils ont tort ; c’est à dire que Dieu n’existe pas, ou que le christianisme n’est pas vrai. Attaquer les facultés intellectuelles ou le caractère des partisans d’une idée ne dit rien sur la vérité de leur croyance.

Alors évidemment, il serait presque tentant de répondre aux accusations en les battant à leur propre jeu, en listant un grand nombre d’intellectuels chrétiens impressionnants de l’histoire ou vivants aujourd’hui—Dieu sait s’ils sont nombreux—prouvant par là qu’il est possible d’être intelligent et chrétien, mais ne nous engageons pas dans ce débat inutile, et concédons plutôt toutes les attaques de Michel Onfray : tous les chrétiens sont soit mentalement déficients, soit moralement vicieux (soit les deux) ; il en reste que la question de la vérité de leurs croyances est intouchée, et il faudra donc régler cette question indépendamment, en étudiant les arguments rationnels plutôt que l’intelligence et la bonté de la population qui les adopte.

C’est avec cette étude des arguments que nous poursuivrons notre critique dans la partie suivante.

>>> Partie 2